Comprendre le sentiment amoureux

Aimer à perdre la raison, ce n'est pas si exact. Le sentiment amoureux est bien plus complexe, il a ses raisons d'être. Explications.
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Qui ne recherche pas l’amour, même inconditionnel, celui qui nous fait vibrer, nous faire perdre dans l’autre de manière si agréable? Vous qui lisez cet article, vous êtes dans cette situation, nous n’en doutons pas. Mais ce sentiment que l’on désire tant, quel est-il exactement? La psychanalyste Monique Schneider nous apprend à appréhender ce sentiment.

Aimer, c'est s'oublier d'abord

Être amoureux, c’est d’abord s’oublier pour laisser entrer dans notre vie, et surtout notre vie intime, une autre personne. C’est faire fi pour un instant de l’individualisme moderne forcené et laisser un autre que nous devenir le centre de notre monde intérieur. Pourquoi cela? Parce que, aimer, c’est désiré quelqu’un, et cela occupe une grande place dans nos pensées: on désire de manière réelle (on se demande comment être sous son meilleur jour), imaginaire (on rêve de l’être aimé) et fantasmatique (l’être aimé suscite tel désir, souvenir, image de moi).

Aimer, c'est aussi dépasser la peur de la rupture

Ensuite, vouloir aimer, c’est surpasser la peur qu’une relation puisse se terminer. C’est dépasser la peur de la rupture et toutes les conséquences néfastes qui s’en suivent, celles qui nous font revivre le sentiment de détresse que nous avons tous connu durant notre enfance, lorsqu’un père ou une mère ne vient pas satisfaire un manque que nous avons et que nous attendons avec désespoir cette satisfaction qui ne vient pas.

Aimer, c'est renaître

Et puis, aimer, c’est un sentiment formidable parce qu’un autre nous fait accoucher de nous-même. C’est comme une deuxième naissance. L’autre nous fait nous transformer, fait jaillir en nous des nouvelles émotions. Pour les femmes, c’est généralement un sentiment de fissuration tandis que pour les hommes, il s’agit d’un comblement.

Aimer, c'est se positionner dans le couple

De manière plus profonde, aimer, c’est jouer un rôle. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, une relation de couple n’est pas égalitaire du tout, il y a un véritable jeu de pouvoir à l’intérieur de chaque relation: il y a un dominé et un dominant. La position prestigieuse est occupé par l’un tandis que l’autre se met en situation de demander: «Fais-moi naître, fais-moi exister.»

De façon surprenante, durant la phase de séduction, il y a comme une inversion, le faible se fait fort et joue un rôle opposé à son manque. Il imagine apporter à l’autre ce dont il y a été privé lui-même.

Et puis, chacun aura tendance à rejouer une position soit faible, dépendante, soit protectrice, position qu’il a rencontrée dans l’enfance ou chez quelqu’un qui l’a marqué.

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