Mort de Maria Schneider

Maria Schneider a une vie fulgurante. Propulsée au sommet par Un dernier tango à Paris, elle n'en a pas moins connue la déchéance après.

« Il est des vies qui passent comme une étoile filante »ont dit les journalistes à propos de Maria Schneider. Cette femme à fleur de peau, dont un rôle a pour toute sa vie durant marqué la vie, est une femme blessée, dans sa chair comme dans son esprit. Elle a ensuite vécu une vie dissolue trouble. Pourtant cette grande actrice a réussi malgré tout a joué ensuite dans des films prestigieux.

une enfance mal aimée

Sa vie a commencé le 27 mars 1972. Et dès cette époque, elle était bancale. Sa mère est un ancien mannequin d’origine roumaine Marie-Christine Schneider, par contre son père, l’acteur fameux Daniel Gélin, ne la reconnaît pas. Elle s’en trouvera meurtrie toute sa vie et cherchera dans ses rôles un espace pour exorciser ce manque. Perturbée par son milieu familial, elle le quitte très tôt, à 15 ans pour exercer le métier de mannequin, sans grande conviction, ou pour vendre ses esquisses aux terrasses de café.

Brigitte Bardot l'introduit dans le milieu

C’est sa rencontre avec Brigitte Bardot qui est un premier tournant dans sa vie. Elle la prend sous son aile en 1969 lors du tournage Les femmes de Jean Aurel, où elle est figurante et BB la star. Attendrie par sa fragilité, elle l’héberge chez elle et lui fait rencontrer des stars, ce qui lui permet d’enchaîner plusieurs petits rôles. Bernardo Bertolucci la remarque et l’engage pour son film Un dernier Tango à Paris, pour remplacer Dominique Sanda qu’une grossesse accapare et empêche de tourner.

Un dernier Tango à Paris la fait star, mais quelle star ?

Ce film la propulse au rang de star. Elle joue une adolescente ingénue qui loue un appartement avec un veuf américain. Mais cette histoire n’est pas si simple, il la soumet à des jeux sexuels humiliants. Et l’on voit Maria Schneider s’y livrée dans le film dans un corps ivre, spontané, sans inhibition. Ce film la fait devenir célèbre du jour au lendemain ; mais les audaces sexuelles du film (dont la scène du beurre) lui valent de désagréables retombées : lettres de menaces, appel téléphoniques bizarres, plaisanteries déplacées. Pire, elle est blessée au plus profond d’elle-même, dans sa dignité.

Ensuite, la drogue remplit sa vie

La déchéance commence alors pour elle. Pour s’éloigner de tout ce bruit, elle part pour la Californie, se drogue au Mexique tout proche et a des relations bisexuelles. Elle sait que ça se sait et dit à ce sujet : « on pense de moi ce qu’on veut, que je suis une paumée, une droguée, une camée mal peignée, que j’ai mauvais caractère. Je m’en fous… »

Quelques sursauts avant de mourir

Pourtant, elle parvient à enchaîner quelques bons rôles. Elle tourne La Ronde d’Otto Schenk, en 1980, elle est nommée pour le César du meilleur second rôle féminin pour son rôle dans La Dérobade de Daniel Duval. Mais sa carrière reste en dents de scie et on lui fait toujours des propositions indécentes comme le rôle dans Caligula qui est en fait un film érotique.

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