Alphaville : l'éternel retour

27 ans après «Forever young», le célèbre groupe allemand revient avec un nouvel album intitulé «Catching rays on giant».
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Longtemps épargné des feux des projecteurs malgré des créations de qualité, Alphaville compte bien bénéficier de l’engouement actuel du public pour la «Synth-pop» des années 80. La formation berlinoise qui interprétait le tube «Forever young» n’aurait-elle donc pas subi les assauts du temps? A 57 ans, la voix emphatique et mélancolique de Marian Gold reste inchangée. Tantôt céleste sur «Call me», ou «Heaven on earth». Tantôt ténébreuse sur «Song for no one», ou «The things I didn’t do». Mais si «Catching rays on giant » est une petite merveille musicale, ce n’est pas seulement grâce à la jeunesse éternelle de la voix de son chanteur. Ce dernier s’est en effet entouré de nouveaux musiciens afin de réaliser le nouvel Opus. Martin Lister au clavier, Dave Goodes à la guitare, Jakob Kiersch à la batterie, ainsi que Rainer Bloss, le talentueux compositeur des deux morceaux les mieux instrumentés de cet album, à savoir «Carry your flag », et «Miracle healing». Au fil des 12 titres originaux que compte ce disque, nous replongeons au cœur de la New Wave des années 80, avec ses synthétiseurs et ses mélodies qui une fois écoutées, ont du mal à se faire oublier. Le premier extrait de l’album, «I die for you today», cartonne déjà sur les radios allemandes. Le retour d’Alphaville suscitera t-il autant d’enthousiasme en France?

Une longue odyssée après leurs succès des années 80

Au début des années 80, le groupe est composé du chanteur, Marian Gold ainsi que des claviers, Bernhard Lloyd et Frank Mertens. Leur premier album «Forever young» sort en 1984 et connaît un succès mondial grâce au single éponyme ainsi qu’à «Big in Japan» et «Sounds like a melody». Après la sortie de ce disque, Frank Mertens quitte le groupe et il est remplacé par Ricky Echolette. Deux ans plus tard, le groupe retrouve le sommet des Hit Parades grâce à l’album «Afternoons in Utopia», dont est extrait «Dance with me». Les albums suivants, «Breathtaking blue» en 1989, «Prostitute» en 1994, et «Salvation», en 1997 resteront d’une qualité musicale comparable aux deux précédents mais ne connaîtront malheureusement pas le même succès, car dans les années 90 c’est la house et la techno qui envahissent les ondes FM. Leur anthologie «Dreamscapes», composée de huit CD enregistrés en édition limitée, sort en 1999. Le groupe entame par la suite une grande tournée Européenne suivi d’un album live, «Stark naked and absolutely live». En 2001, ils sortent une compilation de leurs principaux tubes remixés façon techno, «Forever Pop», suivi de «Crazy show», en 2003, un coffret de 4 CD, rempli de curiosités musicales.

Une véritable passion pour les mots et la culture française

A travers sa discographie, Alphaville promotionne la culture française. D’une part grâce à leur nom, puisqu’il est directement emprunté à un film de science fiction de Jean Luc Godard, «Alphaville, une étrange aventure de Lemmy Caution», sorti en 1965. D’autre part grâce à leurs textes métaphoriques soigneusement rédigés par Marian Gold. Passionné de littérature et de poésie, il puise principalement son inspiration dans les œuvres de Kafka, de Poe mais surtout de Jules Verne, à l’instar de «The Nelson highrise», une suite de 4 chansons parmi lesquels figure «20 000 lieues sous les mers». Enfin, amoureux des mots, Marian contribue en 1984 à rendre plus populaire l’expression «Big in Japan», grâce au tube du même nom. «Big in Japan» est une terminologie méprisante pour désigner les groupes de Rock occidentaux qui n’ont pas réussi à avoir du succès aux Etats Unis. En effet, dans les années 70, le Japon était très mal considéré dans le monde de la culture. Un groupe pouvait y vendre des milliers de disques, cela ne comptait pas. Populaire outre-Atlantique, Alphaville n’est pas Big in Japan, même si les voies du succès ne semblent pas être leur itinéraire favori.

Site Internet officiel: http://www.alphaville.info/

Site Internet Français: http://alphapage.free.fr

Fan-club francophone: www.streetside-romeos.net

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