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STÉPHANE MATCHEU

Publié dans : Les articles Culture de Stéphane Matcheu

American Horror Story

Après Nip/Tuck et Glee, Ryan Murphy cherche à faire peur avec sa nouvelle série : American Horror Story.

L’horreur frappe à nouveau la petite lucarne, orchestré par le papa du phénomène Glee et de Nip/Tuck, qui reprend le thème bien usé de la maison hanté.

C’est une famille à problème, les Harmon, qui vient s’installer dans cette géante demeure au passif sanglant et savourer une vie de couple parmi des esprits parasites. Les rayons du soleil de Californie vont mal s’accorder avec la débauche de saleté qui va inonder chaque espace de cette maison au pouvoir terrifiant. Trainant dans leur linge sale, un adultère, une grossesse avortée et une fille rebelle, Ben et Vivien vont se battre pour garder une intégrité morale sur le fil du rasoir autour de quelques protagonistes bien décidés à rester dans cette maison.

Parmi eux, Tate Landgon, un adolescent sévèrement perturbé qui a un faible pour Violet Harmon. Constance, la voisine cougar et commère, mère d’Adelaïde, sa fille trisomique, fut une des anciennes propriétaires de la maison, Larry, un grand brûlé, enivré par le feu, aime toujours Constance, Moira, la domestique, partage une double personnalité, mi-prude, mi-garce, Hayden, l’élève et maitresse de Ben, revient rôder autour de son chéri avec un secret et les Montgomery fascinent par leur aura ténébreuse qui contribua à développer une série folle de meurtres au cours de toutes ces années.

Et c’est bien ce postulat qui rend American Horror Story passionnant à suivre, chaque propriétaire de la maison a vu ou a été la victime d’un meurtre sans précédent, et ce, au fil des années. Les séquences flashback attribuées à chaque propriétaire de la maison trouvent son point d’ancrage dans le présent où se télescopent vers tous les temps dans divers espaces et propagent un chaos visiblement nécessaire pour fondre le rêve et le réel en une nouvelle réalité modifiée (l’épisode 5, Halloween part II, est le début d’une grosse pagaille qui invite pas mal d’esprit errant voulant reprendre en main la maison).

Le vocabulaire visuel, jump cut, zoom sec, profondeur de champ, netteté des sujets au premier plan, participe beaucoup à cette confusion qui semble tourmenter un cerveau irrigué à l’absinthe. Fantômes ? Pas fantômes ? La mort leur a doté d’un pouvoir qui met la réalité et la santé mentale en péril. L’épisode 10,Smoldering Children, prend au cou un des personnages principaux, à qui lui est réservé un twist des plus surprenants. Tous les personnages ne voient pas la même chose mais s’accordent à trouver cette murder house spéciale.

Oui, cette entrée dans la folie fut délicate par peur (ha, ha !) de tomber sur des abus de vieilles ficelles propre à un canevas usité. Inévitable. L’ambiance ne mettait pas non plus du sien pour frémir de plaisir mais l’écriture savoureuse des personnages donne envie de faire quelques pas dans l’antre de l’horreur.

Dylan McDermott pour qui le jeu sombre et torturé est une affaire, conjugue à merveille les côtés positifs de Ben vite assombris par ses vilaines cachoteries dans lesquelles il se laisserait bien tenté (jeu de séduction avec la Moira vicieuse). Jessica Lange (qui bénéficie d’effets spéciaux bien gérés pour son rajeunissement dans l’épisode 3) entre gentillesse suspecte et vif pétage de plombs est épatante, à jeu égal avec Frances Conroy dont la discrétion assurée cache mal un lourd ressentiment qu’elle fait exploser. A elles deux, elles détonnent, liées par une rancœur profonde (épisode 3, Murder House) qui aura raison de leur propre tristesse.

Il ne reste plus qu’au spectateur de se perdre dans les méandres insalubres de la maison après avoir gouté à la création visuelle et sonore du générique qui a mis la barre haute pour déployer l’obscur porté par un joli trône.

American Horror Story (2011) USA, saison 1, vostf, couleur, 13x45min.

Créée par Ryan Murphy & Brad Falchuk

Producteurs exécutifs : Brad Falchuk, Ryan Murphy, Dante Di Loreto

Avec Connie Britton, Dylan McDermott, Evan Peters, Taissa Farmiga, Denis O’Hare & Jessica Lange

Guest : Frances Conroy, Alexandre Breckenridge, Lily Rabe, Matt Ross, Christine Estabrook, Eric Close, Kate Mara, Mena Suvari, Zachary Quinto, Kyle Davis, Morris Chestnut

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STÉPHANE MATCHEU

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