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STÉPHANE MATCHEU

Publié dans : Les articles Culture de Stéphane Matcheu

Iron Man, la série animée

Iron Man passe à l'animation japonaise dans une saison unique de 12 épisodes pilotée par Marvel et le studio Madhouse.

Soleil Levant pour Tony Stark

2010, c’est l’année où les super héros Marvel, X-Men, Blade, Wolverine et Iron Man changent de continent pour la réappropriation de la culture super hero / comic book dans la grosse industrie de l’animation japonaise et pas des moindres puisque le studio Madhouse (Death Note, Devil May Cry, Monster, Gunsliger Girl, etc.) se charge de les réanimer avec vigueur au cœur du Soleil Levant.

Plus qu’une suite directe du premier film réalisé par Jon Favreau, l’animation préfère s’en inspirer grandement pour développer sa propre continuité, garnie en événements à réutiliser sans attirer les foudres d’un puriste.

Nouveau départ

Tout le monde sait que Tony Stark et Iron Man ne font qu’un ce qui n’a nullement empêché l’industriel de poursuivre sans encombres ses affaires. Voilà pourquoi, il se rend au Japon pour la construction d’un réacteur nucléaire qui produira de l’énergie gratuite sans déchets à destination du peuple nippon. Souhaitant se retirer de son rôle d’Iron Man pour épouser ses nouvelles missions consacrées à la paix mondiale, loin de ses activités de marchands d’armes, Tony présente sa nouvelle armure, Iron Man Dio qui va dégénérer et provoquer son retour sur la scène super héroïque.

Le 1er épisode installe le héros au Japon qui malgré les bonnes œuvres dont il se veut être le chef de file, son arrogance jaillit sans prévenir ce qui ne manque pas de marquer ses rencontres parfois abasourdies par son comportement. Pour le retenir au pays, Tony aura fort affaire à un ennemi récurrent Zodiac, un groupe terroriste versant dans la technologie, qui envoie un robot d’un signe astrologique par épisode pour en découdre avec l’homme de fer.

Si Pepper Potts et la voix de Jarvis se font discret, les nouveaux acolytes du héros ont pour nom la jolie scientifique Tanaka Chika, le ministre Kuroda, le Capitaine Sakurai Nagato et l’insupportable journaliste Nanami, affublée d’un caméraman dans le pur esprit beauf.

Mecha, boulot, dodo

Si les épisodes remplissent leur quota d’explosions à effets lumineux jouissif, les scénarios qui les structurent s’économisent toute complexité pour dérouler le tapis rouge à un large public. L’intrigue du jour est vite exposée, le sous-méchant de la semaine attend d’être réduit en pièces et le reste du temps ressemble plus à de la lèche-vitrine qu’à une réelle implication dans les aventures.

Seuls des mini-trames emportent l’adhésion et elles sont toutes à l’honneur du héros qui doit se débattre encore de l’étiquette de son ancienne activité. L’épisode 4, Réunion, revient sur la captivité de Stark version anime et donc légèrement différente du film, pour souligner le point crucial de sa vie, passée à donner la mort sans en porter la conscience. Le retour à la source réintègre un personnage clé laissé pour mort, le professeur Ho Yinsen, qui a bien retourné sa veste depuis sa captivité dans les grottes du Moyen Orient. A noter que Wolverine apparaît dans cet épisode.

De fer et d'os

Iron Man vu à travers un prisme japonais ne relève pas d’une originalité particulière tant l’animation japonaise regorge de mechas en tout genre qui ont déjà fait leurs preuves dans des belles œuvres. Les souvenirs de chacun sauront penser à tout ce rituel de la fusion homme/machine à l’assaut d’une péripétie quelconque pour sauver la ville d’une future destruction massive. Iron Man, c’est la récupération pure et simple d’un univers réciproque qu’un auteur japonais aurait eu sans mal à inventer pour satisfaire la thématique.

Le design sans faille des personnages évoluent dans une animation fluide qui pâtit parfois de l’intégration 3D des robots dont Iron Man lui-même, bloqués dans des mouvements saccadés. Au départ pénible, le défilement régulier de l’action suscité par la présence de robots belliqueux fait oublier cette lacune et redirige l’œil vers des éléments animés en toute beauté (effets spéciaux, paysages). Hormis une absence d’une vraie richesse autour de l’homme de fer version nippone, cette série restera une curiosité évanescente.

Iron Man (2010) Japon, 12 épisodes x 21 min, vf & vost, couleur MADHOUSE INC.

Réalisation : Yuzo Sato

Histoire de Warren Ellis basée sur le Marvel Comic Books

Character design : Takahiro Umehara

Montage : Naoki Kawanishi, Satoshi Terauchi

Musique : Tetsuya Takahashi

producteurs exécutifs: Masao Takiyama, Jeph Loeb, Alan Fine, Dan Buckley, Simon Philips

co-producteurs executifs : Joe Quesada, Stan Lee

À propos de l'auteur

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STÉPHANE MATCHEU

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