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STÉPHANE MATCHEU

Publié dans : Les articles Culture de Stéphane Matcheu

The Playboy Club

L'univers Playboy fondé par Hugh Hefner s'expose dans une série télé de la chaine américaine NBC.

Série qui a déchainé l’ire des censeurs conservateurs de tout poil avant l’inauguration des bunnies sur le network NBC, The Playboy Club divulgue déjà un esprit irrévérencieux par le charme et l’érotisme frétillant qui pourraient s’échapper de chaque plan de ce nouveau projet. Le style rétro fait son grand retour à la télé, poussé par ce détonateur vintage auréolé d’un culte, Mad Men, qui rend tendance une période du passé sur laquelle nos yeux auraient pu facilement s’en détourner.

Loin de s’embarquer dans un docufiction ou dans une biographie de l’ascension du jeune Hugh Heffner dans son concept de femme célébrée, The Playboy Club capte l’essence d’un lieu de plaisir courtois pour Monsieur et Madame, enfin surtout pour Monsieur, qui s’enivrent de musiques endiablées, de prestations de bunnies à faire fondre les rétines et de corps moulés dans un costume appâtant. Tout ça dans les années 1960.

Le divertissement de qualité appelle à une clientèle bien avisée qui concerne tous les hommes influents de la ville de Chicago donc Nick Dalton, avocat trentenaire sexy au charme ténébreux et client très régulier de l’endroit.

Interprété par Eddie Cibrian, ex-New York 911, ex-Vanished, ex-Invasion, ex-Les Experts de Miami, ex-Tilt, ex-Sunset Beach, qui se prête au jeu du costard taillé sur mesure et de la clope au bec aux fumées expirées avec classe, son personnage veut s’affranchir de son passé en tant que membre proche de la mafia pour revêtir un costume un peu plus propret, celui de procureur de l’Etat.

Le prégénérique du pilote donne d’office le ton glauque masqué par le rêve étincelant du club et le fil conducteur qui va rapprocher ou éloigner les protagonistes autour des immuables secrets et les romances.

Maureen, la nouvelle bunny, tue accidentellement un chef de la mafia qui fut un mentor pour Nick et doit à présent gérer sa vie personnelle et ses objectifs avec ce problème majeur. Autour de cette histoire, gravite la vie des autres bunnies attelée à des cachotteries plus ou moins compromettantes qui viendront forcément se raccorder à l’arc principal. Infidélité, crime inavoué, ambition révélée, le schéma est en lui-même classique mais les thèmes qui touchent essentiellement les personnages (homosexualité, racisme, corruption, politique) sans rentrer dans une exposition explicite, participent à la grandeur et à la décadence d’une ville catalysés par le Playboy Club qui réunit le meilleur et le pire de Chicago sous une belle apparence.

Si le pilote bénéficie de la voix off de Hugh Heffner en personne, le reste du temps il est évoqué ou il apparaît soit de dos ou assombri. Une bonne manière de le recaler en sous-marin pour pleinement profiter du tissu fictionnel crée afin de rejaillir l’esprit du Playboy Club au travers des personnages.

Pour l’aspect charnel, les producteurs savaient amplement que NBC n’est pas la vitrine idéale pour une libre expression visuelle. Le boucan finalement inutile autour de possible bunnies nues et de parties libertines tombe à l’eau non sans avoir convoqué à l’esprit le côté ultra coquin que la série aurait pu revêtir pour un doigt d’honneur distingué envers les associations dénonciatrices.

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STÉPHANE MATCHEU

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