Un monde en transition ?

Vous en avez peut-être déjà entendu parler, vous avez peut-être vu des affiches de ce mouvement ou de leurs conférences...mais qu'est-ce qu'une Ville en tra

Le mouvement de Transition est né en Grande-Bretagne en septembre 2006 dans la petite ville de Totnes. L'enseignant en permaculture Rob Hopkins avait créé le modèle de Transition avec ses étudiants dans la ville de Kinsale en Irlande un an auparavant. Il y a aujourd'hui des centaines d'Initiatives de Transition dans une vingtaine de pays réunies dans le réseau de Transition.

Le principe du mouvement est de passer de la dépendance au pétrole à un principe de résilience.

Résilience, vous avez dit résilience ?

D’après le mouvement, des scientifiques et d’autres organismes, toutes les énergies vont atteindre leur pic dans les prochaines années, c'est-à-dire que les ressources vont être de moins en moins disponibles, ce que l’on sait déjà pour le pétrole. D’autant plus que la production de pétrole est liée à la croissance économique. Le problème est qu’aucune énergie ne peut compenser sachant qu’un français moyen dépense quelques 48 000kwh/ an de pétrole. On en consomme donc beaucoup trop pour pouvoir le remplacer par une autre énergie.

La définition de résilience est la capacité à subir un changement important, tout en conservant les bases (alimentation, hygiène, santé…), la même identité. L’objectif n’est donc pas de basculer tout à coup dans un mode de vie sans pétrole, ça ne serait pas possible, mais d’agir principalement au niveau local pour diminuer notre consommation tout en gardant la diversité de choses. Nous n’avons par exemple pas de stock, il faudrait donc s’adapter et s’organiser en cas de problème : aujourd’hui, en France, un consommateur parcourt 25000km/an pour ses courses ! Nous n’avons que trop peu de circuits courts pour les transports de marchandises, tout est globalisé : un produit parcourt en moyenne 9115km de son lieu de production jusqu’à notre assiette ! Il faudrait donc privilégier le local pour diminuer le transport et donc, l’utilisation du pétrole.

Le citoyen a un rôle majeur : il doit changer son mode de vie

Dans ce mouvement qui se veut apolitique, le rôle du citoyen est majeur. Premier point, il est l’instrument de la société de consommation, celle-ci survit tant qu’il achète. Second point, le problème de la consommation est accru lorsque le citoyen achète mal, c’est-à-dire qu’il achète des produits qui parcourent des milliers de kilomètres (jus d’orange concentré made in Brésil…). Cela devient un vicieux puisque qui dit acheter loin, dit utilisation de pétrole pour les rapatrier. Au final, le prix de l’alimentation s’indexe sur le prix du pétrole, le produit coûte cher, le client doit gagner plus etc., etc. Le citoyen doit changer sa façon de vivre, mais pas n’importe comment : en suivant le principe de résilience.

Ville en transition propose par exemple d’agir aussi bien dans le domaine de l’alimentation en visant un taux d’autosuffisance alimentaire locale, mais aussi dans la santé (décentraliser les services médicaux, adaptation des procédés de l’industrie pharmaceutique…), l’habitat (matériaux naturels, accompagnement en auto-construction…), ou encore l’économie, l’énergie et les transports (développement du covoiturage, bus au biogaz comme à Lille…).

Agir collectivement à plus grande échelle

Mais il n’y a pas que les citoyens. Le mouvement souhaite que les élus soient sollicités pour établir une nouvelle réglementation, prendre en compte le pic pétrolier ou encore laisser une grande liberté de moyens aux territoires. Les solutions sont aussi bien locales que nationales avec notamment l’intervention des élus.

A l’heure où le monde est pessimiste et où l’Europe vit une crise, beaucoup de mouvements alternatifs se créent et se développent sur le même principe. Ainsi, dans la même veine, on retrouvera Colibri qui œuvre actuellement pour une campagne de sensibilisation citoyenne.

Sources : http://villesentransition.net/ , www.avenir-sans-petrole.org , http://www.colibris-lemouvement.org

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