La crise irlandaise inquiète la zone euro

L'Union européenne souhaite apporter des solutions à l'Irlande. Le pays va-t-il accepter une aide financière extérieure dans les prochains jours ?
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Les ministres des finances de l’Eurogroupe, réunis à Bruxelles, ont acté hier le principe d’une aide à l’Irlande.

La zone euro en péril

Le déficit du pays, survenu suite à l'explosion d'une bulle immobilière, préoccupe sérieusement l’Union européenne (UE). Le déficit irlandais représente aujourd'hui 32% de son produit intérieur brut soit l'un des plus importants de la zone européenne.

Le président de l'UE Herman Van Rompuy a d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme en annonçant que l’Union européenne ne «survivrait pas» si des mesures n’étaient pas décidées pour réduire la dette irlandaise.

L'Irlande contre un plan de sauvetage de l'Etat

L’Union européenne parle d’activer un fonds de sauvetage européen pour l’Irlande mais le pays se dit capable de se refinancer seul pour le moment. Une intervention européenne serait d’ailleurs perçue comme une réduction de la souveraineté nationale du pays.

Le Premier ministre irlandais, Brian Cowen, a d’ailleurs déclaré à ce sujet : «l’Irlande ne sollicitera aucune aide financière parce que nous sommes totalement financés jusqu’au milieu de l’année prochaine».

Un accord pour sauver le système bancaire

Le gouvernement irlandais serait tout de même prêt à recevoir une aide européenne uniquement pour soutenir son secteur bancaire.

Le pays a d’ailleurs accepté mardi soir de recevoir une mission d'experts de la Commission européenne, de la BCE et du Fonds monétaire international afin d’étudier les problèmes que rencontrent les banques irlandaises et d'apporter des solutions au système bancaire.

La Grande-Bretagne s’est également engagée, ce mercredi, à aider l’Irlande et à stabiliser son système bancaire. Le ministre britannique des Finances, George Osborne, a d'ailleurs indiqué: "L'Irlande est notre plus proche voisin. Et c'est dans l'intérêt national britannique que l'économie irlandaise réussisse et que nous ayons un système bancaire stable".

Les marchés financiers restent inquiets

La Banque centrale européenne fait également pression sur l’Allemagne qui refuse pour le moment d’établir un prêt comme celui accordé à la Grèce. Mais Dublin craint que cela ait de graves répercussions sur le marché des emprunts d’Etat. Les taux d’intérêt des emprunts d’Etat irlandais à 10 ans ont grimpé de quasiment 9% la semaine dernière.

Il s’agit donc de rassurer les marchés et d’éviter de répandre la situation sur d’autres pays de la zone euro surtout que la Grèce, le Portugal et l’Espagne inquiètent également les marchés financiers.

Sur le marché des changes, toutes ces turbulences font ainsi pression sur l’EUR/USD qui a atteint mardi les 1.3527.

Le marché du Forex réagit à tout type d'informations économiques et reste donc fortement affecté par ces incertitudes entourant l’Irlande. Les investisseurs attendent maintenant de savoir si le gouvernement irlandais va décider de faire appel ou non, dans les prochains jours, à une aide financière extérieure.

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