Les marchés en berne après le séisme au Japon

Le séisme et le tsunami qui ont touché les îles nipponnes le 11 mars 2011 ont fragilisé davantage les marchés déjà pénalisés par une multitude d'événements.
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Les marchés américains ont ouvert en baisse cet après-midi en raison du violent séisme qui a frappé le Japon ce matin. La bourse de Tokyo a terminé en forte baisse. Le Nikkei recule d’1.72% à la clôture.

Chute du prix du pétrole

Le tremblement de terre d’une magnitude de 8.9 a endommagé certains sites de raffinage au Japon. En conséquence, les prix du pétrole ont chuté de plus de 3 dollars. Le WTI est retombé à 100 dollars et le Brent de la mer du Nord se traitait à 112 dollars, le Japon étant le 3ème consommateur de brut au monde.

L’indice VIX mesurant la volatilité sur les marchés a grimpé de 3%.

Les marchés européens, de leur côté, sont également fragilisés par le séisme au Japon. Les valeurs ont chuté à un plus bas de trois mois, les investisseurs ne prenant pas de risques sur les marchés actions .

La bourse de Paris est en baisse pour la troisième séance consécutive. A la clôture, le CAC 40 recule de 0.89% à 3928,68 points.

Les groupes de réassurance sont logiquement touchés par le séisme. Le groupe français Scor s’effondre de 7% sur le SRD. Selon JP Morgan, les coûts liés au séisme devraient se situer entre un et deux milliards de dollars pour les réassureurs européens.

L’insurrection en Libye

Le séisme du Japon vient s’ajouter à la vague de contestation au Moyen-Orient. Les violences en Libye et les tensions en Arabie Saoudite s’intensifient. Les forces pro Kadhafi ont bombardé vendredi des quartiers de Raf Lanouf, dans l’est de la Libye. Une raffinerie a également été touchée. L’armée et les insurgés se disputent le contrôle de ce terminal pétrolier.

La France et la Grande-Bretagne ont réclamé le départ de Kadhafi. Nicolas Sarkozy a également annoncé vendredi que la France et la Grande-Bretagne envisageaient des frappes si Mouammar Kadhafi venait à utiliser des armes chimiques ou son aviation contre ses opposants.

L'Opep, de son côté, ne souhaite pas réunir ses membres pour le moment à moins d’une pénurie sur le marché mais non en raison de contestations politiques.

La dette souveraine européenne

La dette souveraine en zone euro continue d’inquiéter les marchés. L’abaissement de la note espagnole et grecque cette semaine par l’agence de notation Moody’s n’a fait qu’accroître ces inquiétudes.

Les investisseurs attendent désormais l’ouverture du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro qui débutera ce soir. Ceux-ci vont s’atteler à trouver des pistes en vue du sommet européen des 24 et 25 mars lors duquel une réponse globale à la crise des dettes souveraines devrait émerger.

Le Portugal a d'ailleurs annoncé cet après-midi de nouvelles mesures d’austérité budgétaire afin d’atteindre son objectif et de réduire le déficit public à 4,6% du PIB pour 2011. Une mesure saluée par Bruxelles.

L’inflation en Chine

Les chiffres de l’inflation plus élevés que prévu en Chine ont également affecté les marchés. La Chine a annoncé, pour la première fois depuis un an, un déficit commercial atteignant les 7,3 milliards de dollars. Le pays enregistre, en effet, des importations supérieures aux exportations.

La Chine a, de plus, annoncé, ce matin, une inflation de 4,9% pour le mois de février. Une annonce qui a effrayé les marchés, ceux-ci craignant un nouveau resserrement de la politique monétaire en Chine, la Banque centrale ayant déjà relevé trois fois ses taux en cinq mois. Une telle action pourrait avoir un impact sur la croissance du pays, principal moteur de la reprise économique mondiale.

Les mauvais indicateurs aux Etats-Unis

Le marché américain a également été affecté cette semaine après la publication d’indicateurs décevants aux Etats-Unis. Le Dow Jones a d’ailleurs fortement chuté ce jeudi à un plus bas de sept mois. Pour cause, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont augmenté plus que prévu à 397 000 alors que les analystes prévoyaient 378 000 inscriptions.

Autre indicateur décevant, la balance commerciale du pays affiche un déficit de 46.3 milliards de dollars en raison de la facture pétrolière. Les Etats-Unis étant un grand importateur de barils se trouve donc fortement affecté par la flambée des prix du pétrole.


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