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STEPHEN MARLE

Publié dans : Les articles Histoire de Stephen Marle

Les plus vieux temples de l'Histoire

Plus vieux que les pyramides d'Égypte, les mégalithes de Stonehenge ou l'antique ville de Jéricho, le mystère Göbeklitepe, "la montagne au nombril", est né.

Ce n’est pas tout le monde qui a entendu parler du site de Göbeklitepe, et pourtant, c’est probablement l’un des sites archéologiques les plus importants de notre époque.

C'est à 15 kilomètre de la ville de Urfa dans le sud-est de la Turquie, sur une colline artificielle en plein milieu du croissant fertile, qu'a été découvert les restes monumentaux de temples mégalithiques.

Petite histoire du site

Ce site, d’abord repéré en 1963 par des archéologues américains, n’avait pas fait l’objet de fouilles pour des raisons de budget, car bien que possédant des centaines de silex, preuve d’une activité humaine, il n’avait pas suffisamment attiré l’attention. C’est trente ans plus tard, grâce à un berger, que l’intérêt des archéologues fut secoué. Des pierres aux formes étranges émergeaient du sol, ce qui cette fois fut suffisant pour que Klaus Schmidt prenne la direction du chantier.

A ce jour, six temples ont été déterrés, bien que des sondages géomagnétiques en montrent quatorze de plus. La datation au carbone, qui fait de ce site le plus vieux de l’histoire, place la construction de ces temples entre 11 000 et 10 000 avant J.C. Oui, vous avez bien lu, quelque 7 000 ans avant la construction présumée du site de Stonehenge, ou de l’invention de l’écriture.

En quoi consistent ces temples ?

Situés sur la plus haute colline de la région, ils suivent tous un schéma relativement identique. Une petite enceinte de pierre, pouvant être de forme circulaire, ovale ou en spirale, encercle deux pierres en forme de T se faisant face. Le long du mur d’enceinte, disposé de façon régulière, se trouve douze autres pierres aussi en forme de T mais de taille plus petite.

Cette forme en T de chaque pilier a été associée, grâce à des bras et des mains sculptées sur la plupart d’entre eux, à des humains stylisés. Chaque temple représenterait donc deux êtres humains entourés de douze autres, comme témoins du rite.

Ces piliers, tous taillés avec la même précision, ont une hauteur allant de trois à six mètres, et un poids de 40 à 60 tonnes. L’analyse du sol montre aussi qu’ils n’ont pas été directement plantés dans la terre, mais qu’avant toute chose les constructeurs ont « imperméabilisé » le sol en faisant se succéder une couche de « terrazzo » (matériaux composite, contenant par exemple de la chaux, de l’argile et de l’ocre), de sable, puis finalement de pierre.

Pourquoi Göbeklitepe remet-il notre vision de l’histoire en question ?

Ce qui fait de Göbeklitepe un site exceptionnel, en association à sa datation, est ce que sous-entend la construction de ces temples. Faisons un petit point du contexte, et de ce que nous apprennent nos livres d’Histoire.

En 11 000 avant J.C., nous sommes en plein âge de pierre, et nos ancêtres en sont encore au stade des chasseurs-cueilleurs. Ce n’est que plusieurs siècles plus tard qu’ils commenceront à construire des abris simples, et quelques 3 000 ans après, dans le meilleur des cas, qu’ils apprendront les rudiments de l’agriculture. Pourtant voilà qu’une civilisation aurait construit à cette époque un site aussi complexe que Göbeklitepe.

Car sa construction sous-entend une civilisation très loin des chasseurs-cueilleurs. Architecturalement complexe, s’étendant sur plus de 300 mètres carrés, s’érigent des pierres sculptées de dizaines de tonnes. La carrière présumée se trouve d’ailleurs à plus de deux kilomètres du site, et les archéologues se demandent encore comment ces blocs ont pu être acheminés. Sur ces blocs nous sommes aussi témoins de symboles profonds, d’art stylisé, de peinture et de sculpture, le tout réalisé d’une manufacture expérimentée.

Cet ensemble d’éléments suggère une grande organisation, une main d’œuvre fournie et donc une agriculture organisée, un système sociétal hiérarchisé, ainsi que des croyances et des rites établis. En somme, une civilisation élaborée.

L’écriture, qui nous sert à définir l’existence d’une civilisation, n’a pas encore été retrouvée sur le site. Chaque bloc est sculpté, gravé de symboles complexes ou de représentations animales, mais n’ont pas été associés à une quelconque phonétique, et donc langage. Cependant, ils sont représentatifs d’idées complexes, voir probablement de mythes.

L’affluence des symboles et représentations peuvent faire l’objet de maintes hypothèses quant à leur signification, mais évidemment, rien n’est encore arrêté.

Comme ce fut souvent le cas, l’existence de ce site remet en question la chronologie établie de l’évolution humaine, en suggérant l’existence d’une civilisation avancée à une époque où l’on ne voyait que des hommes primitifs.

Qui était ces hommes ? Ceci est encore un mystère. Tout comme le fait qu’en 8 000 avant J.C, le site a visiblement été enseveli de façon délibérée. La raison nous en est inconnue, mais c’est grâce à cet acte qu’il a pu nous parvenir dans un tel état de conservation.

Ayant encore beaucoup de découvertes à nous offrir, les amateurs peuvent se tenir au courant par l’intermédiaire du site officiel :

http://gobeklitepe.info/index.html

À propos de l'auteur

STEPHEN MARLE

Passionné d'histoire antique, d'ésotérisme et de
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