Superstitions et symboles du chiffre 7

Le chiffre sept a toujours été omniprésent dans les cultures, mythologies et religions, empli d'un symbolisme profond.
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Peut-on lui donner un sens universel ? Grâce à son abondance dans les textes sacrés des religions du monde, des mythes et légendes des cultures dans l’histoire, nous sommes en mesure d’en tirer des traits communs. Analyse d’un chiffre.

Le 7 autour du monde

Ce chiffre foisonne dans toutes les littératures, antiques ou contemporaines, occidentales ou orientales. Sans chercher à en faire la liste, prenons quelques exemples.

Dans l’ancien testament, ce chiffre mystique est prétendument cité 77 fois. Par exemple, Noé embarque dans son arche sept animaux de chaque espèce, Salomon construit le temple en sept ans, sept prêtres munis de sept trompettes font sept fois le tour de Jéricho le septième jour du siège, un lépreux guéri après avoir plongé sept fois dans le Jourdain, et l’on peut continuer encore 70 fois.

Le nouveau testament contient lui aussi une grande part d’exemple. Il y a sept dons de l’esprit, sept vertus, sept péchés capitaux, sept cieux où habitent les ordres angéliques. L’Apocalypse est construite sur des séries de sept.

Dans les traditions Gréco-Romaines, nous pouvons trouver les sept Hespérides, les sept merveilles du monde, les sept sages, les sept pléiades, les sept cordes de la lyre des Muses, les sept collines et sept rois de Rome, pour ne donner que quelques exemples.

L’Islam considère aussi ce chiffre comme particulièrement sacré. Nous trouvons encore les sept cieux, sept Terres, sept divisions de l’enfer, sept porte du paradis, les sept dormeurs dans la caverne, ou même les sept tours que doit faire le pèlerin autour de la Ka’ba.

Les Batak de Sumatra ont sept âmes, Bouddha à sept emblèmes, en Chaldée la tour sacrée (ou Pierre fondamentale de la Terre et du Ciel) comporte sept étages, les hindoues considèrent que l’homme a sept centres subtiles d’énergie ou sept chakras, les Chinois allument sept bougies pendant sept jours et sept nuits autour du landau d’un nouveau-né, et leurs fêtes populaires, comme pour les Grecs, se font le septième jour du mois.

En Egypte, ce sont sept Hathor qui prédisent la destinée des nouveaux-nées, les embaumeurs enveloppent la momie de sept linceuls et leur disposent sept onguents. Il est dit qu'Osiris resta sept mois dans le ventre de Nout, avant d'exposer sept jours sa momie sur son arbre.

Les Sumériens aussi voyaient dans le sept le sacré. Leur mot pour le désigner, « Umum », voulait aussi dire Seigneur.

Interprétations

Il faut préciser que les très nombreux symboles sont souvent interconnectés, se faisant échos les uns aux autres. Par exemple, la rose aux sept pétales représente les sept cieux ou sept hiérarchies angéliques. Les sept cieux eux-mêmes (comme les sept sphères planétaires de Dante) peuvent être assimilés aux sept encoches de l’arbre axial sibérien, aux sept couleurs de l’escalier de bouddha, aux sept métaux de l’échelle des mystères mithriaques, ou encore aux sept échelons de l’échelle de Kadosh de la Maçonnerie écossaise.

Le sept est ici le nombre d’états spirituels hiérarchisé qui permettent le passage de la Terre au Ciel, ou les sept étapes de l’évolution du degré de conscience ; comme le décrit les contes et légendes : La conscience du corps physique, puis de l’émotion, de l’intelligence, l’intuition, la spiritualité, la volonté en enfin la vie.

La septième et dernière étape est toujours vue comme la finalité englobant les six premières phases. La semaine de sept jours, en mémoire de la durée de la création, contient six jours actifs plus un jour de repos, qui vient sublimer le couronnement de l’œuvre divine. Le système solaire est composé de six planètes (dans les anciennes traditions) plus en soleil en son centre. L’hexagramme est fait de six branches, dont le centre est la totalité. Plus représentatif, l’espace est fait de six directions se coupant en leur centre (comme évoqué dans le Sefer Yesirah de la tradition hébraïque, ou encore le symbole du soleil à sept rayons chez les hindoues). Le sept est ainsi vu comme l’accomplissement, l’achèvement. Nous retrouvons même cette symbolique chez les indiens Pueblo, où le sept est aussi le chiffre de l’univers. La ville sainte Zuni (dans le Nouveau-Mexique), qu’ils considèrent comme le centre du monde, est composée de sept parties, ou villages : six entourant un septième.

En tant qu’achèvement, il représente un cycle parfait, dont la dynamique est divinement orchestrée. Les Pythagoriciens, pour lesquels le sept est « le véhicule de l’âme humaine », considéraient que notre personnalité change tous les sept ans, accompagnés du renouvellement de notre corps. Cette croyance est à la base d’expression comme « sept ans de réflexion », ou « tourner la langue sept fois dans sa bouche ». Aujourd’hui encore, on considère que 7 ans est l’âge de raison, 14 la puberté et 21 l’entrée dans le monde adulte. Cette nature cyclique est aussi à la base des « sept années de malheur pour avoir brisé un miroir », ou des « sept années fatidiques d’un mariage ». En matière de symbole cyclique, et donc où les multiples de sept joues un rôle tout aussi important (tel le Bardo Tibétain), nous pourrions ajouter un exemple observé par les civilisations du monde entier : chaque phase lunaire dure sept jours, et quatre phase forment un cycle.

En étant la somme de trois (symbole du Ciel), et de quatre (symbole de la Terre), le sept en vient à représenter la totalité de l’univers, symbole d’unité. Dans le nouveau testament, les sept esprits de Dieu représentent la globalité de son Esprit, les sept églises la globalité de l’Eglise. Le serpent Ananta de la mythologie indienne, dont le nom sanskrit signifie éternité, possède selon les versions milles têtes, où seulement sept, car là aussi le sept incarne l’infini, la Totalité.

A sa qualité de symbole du Tout, l’on peut associer un symbole de perfection.

Chez les Dogons, le 4 est symbole de la féminité, le 3 symbole de la masculinité. Rassemblés, ils forment alors le sept, soit la perfection humaine par l’union des contraires, symbole de fusion de la dualité et accomplissement de la perfection. Chez les Hébreux aussi, il en vient à représenter l’union des sexes et la perfection de l’Homme. Adam reçoit l’âme à la quatrième heure, et Eve naît à la septième. De l’autre côté de l’Atlantique, une légende Aztèque nous raconte aussi une histoire similaire. Dans le but de constitué une nouvelle humanité, le dieu Quetzalcoatl se procure un os humain des mains de Mictlantecuhtli, le dieu de l’Enfer. Après avoir placé l’os brisé dans un vase et l’avoir recouvert de son sang, le dieu voit sortir du vase un homme au bout du quatrième jour, et une femme au septième.

Le symbolisme du Tout et de la Perfection sont donc étroitement lié. Le développement de l’âme en six phases avec le retour au centre comme septième et dernière étape est le signe du cycle, de la totalité, de la perfection.

Par sa représentation de l’Univers, le sept est source de vie. Avec les sept couleurs de l’arc en ciel, les sept notes de la gamme diatonique, il est régulateur des vibrations, considérées comme l’essence de la matière.Chiffre hautement magique chez les Egyptiens, empli de pouvoir de guérison, il est d'ailleurs un symbole de vie éternelle.

En conclusion

Bien qu’ayant donné des superstitions aussi bien positives que négative, en raison de la puissance et des implications de son symbole, le sept a toujours été considéré comme le chiffre parfait. Il est censé englobé l’Univers, en tant que cycle et perfection, pouvant ainsi se projeter dans n’importe laquelle de ses facettes.

Sources : Dictionnaire des symboles , J. Chevalier et A. Gheerbrant, édition R. Laffont

Le livre des Superstitions , E. Mozzani, édition R. Laffont

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