La sophrologie : méthode pour mieux vivre le chômage

La sophrologie redonne un souffle aux individus affectés par une expérience de chômage. Explications sur son potentiel particulier de guérison.
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La sophrologie, mise au point par le neuropsychiatre Alfonso Caycedo au début des années 1960, est une discipline qui intègre l'approche perceptive du schéma corporel dans le processus de guérison des patients. La sophrologie comme outil de développement personnel est reconnue pour son efficacité dans la lutte contre le stress, la peur et le surmenage.

A quoi ressemble le quotidien du chômeur ?

Pour l'individu faisant l'expérience de la privation d'emploi, les sources de stress sont nombreuses, à quoi s'ajoutent des dérèglements spatio-temporels, le sentiment d'inutilité, de mort sociale. Dans son ouvrage autobiographique paru en 2007, La Philosophie comme remède au chômage , Jean-Louis Cianni décrypte, à partir de l'immédiateté et la profondeur de son expérience personnelle, la condition physique et psychique d'une personne atteinte par une "maladie de l'identité " comme il la nomme. Ce territoire méconnu "qui touche le corps, l'esprit et jusqu'à l'être ", pour celui qui le rencontre , "l a quasi-totalité de l'énergie passe, non pas à chercher un nouvel emploi, mais bien à rester debout " .

Afin de lutter contre les sentiments de dégoût de soi, de distorsion du temps ou de haine des autres, l'auteur propose une grille de lecture basée la redécouverte de pensées philosophiques, qu'il va, chacune, corréler à l'un des états intérieurs vécus par la victime de cette maladie honteuse qu'est le chômage. Le stress résultant de la perte d'emploi peut entraîner des conséquences extrêmement graves sur la santé aussi bien physique que mentale des individus.

Sophrologie et gestion du chômage

Le sophrologue se singularise par une prise en charge fondée exclusivement sur des exercices psychocorporels. En travaillant sur ses ressentis intimes, la sophrologie offre au patient une visibilité existentielle.

Ce dernier voit en effet son être s'affaiblir au fil des jours. Il doit se séparer des mémoires psychosociales qui faisaient de l'action, des obligations professionnelles et de la reconnaissance du statut, le moteur d'une vie quotidienne. Le chômage est une épreuve solitaire, celui qui s'en trouve victime doit faire face à des responsabilités d'une dimension inconnue. Le travail à accomplir engendre force tiraillements, se situant à la croisée du deuil et de l'effort dépensé en vue de maintenir une fragile employabilité.

Le conflit entre le maintien de la performance coûte que coûte et l'impossibilité existentielle, générée par le manque de perspectives et la peur du déclassement, entraîne une usure physique et psychique, constituant le terrain principal de la dépression. Pour l'individu, ressassant quotidiennement son sentiment d'inutilité, il devient urgent de de reconstruire prioritairement l'identité et la vitalité du corps souffrant.

La sophrologie répond précisément à ce besoin, comme moyen d'intercepter d'autres ressources et de rééquilibrer les énergies. Elle permet de déprogrammer efficacement la souffrance, le stress et la fatigue physique en engageant un dialogue avec le corps.

L'art de guérir grâce aux ressources dynamiques du corps

Au fil des séances, le sophrologue va reconstruire la prise de conscience corporelle de son patient et conduire ce dernier vers la libération intérieure. Lui faire prendre conscience de ses potentiels, de ses respirations intérieures, tel est le rôle de ce thérapeute qui instaure vis à vis du patient une relation bienveillante, l'"alliance sophronique".

Le sophrologue est un référent privilégié, qui n'intervient ni pour juger, ni pour contraindre à rechercher un emploi. Au contraire des travailleurs de l'institution du chômage, aux yeux desquels l'analyse et la remise en question perpétuelle restent le viatique des candidats en recherche d'emploi.

Or, sans énergie, sans la capacité de projection positive de soi comment construire son projet professionnel ? Cette problématique du capital vitalité n'est pas prise en compte dans le parcours du demandeur d'emploi. En toute logique pourtant, c'est bien de la confiance en soi et de la maturité professionnelle que devrait procéder toute recherche d'emploi.

La sophrologie renforce les sensations positives

Contribuant à renforcer l'action positive à long terme, la sophrologie s'appuie sur la notion d'assouplissement du schéma corporel. Elle offre l'occasion d'affermir et de dynamiser la conscience et la connaissance de soi. Ecrasé entre son devenir personnel et le regard que la société ou l'entourage posent sur lui, l'individu face à l'épreuve du chômage n'a plus la conscience claire de ses images et représentations. Or, ce désarroi et cette souffrance, fruits de la sidération d'être privé de statut social, doivent être soigneusement clarifiés.

La sophrologie, grâce à ses exercices de relaxation analogique, entraîne et influence l'esprit par des voies dynamiques et positives et entraîne le mental et le corps du sujet vers une profonde détente, lui permettant de vivre l'éveil des sensations physiques.

Sophrologie pratique

Véritable philosophie du bien-être, la sophrologie offre une proposition de dépassement des situations toxiques du chômage, tout en accordant le temps de la transformation indispensable. La gestion des problématiques spécifiques au chômeur nécessite au minimum une prise en charge individuelle. Il est possible d'obtenir l'enregistrement des séances en vue d'approfondir les exercices chez soi.

Les consultations d'un sophrologue n'étant pas remboursées par la Sécurité Sociale, il est préférable de se tourner vers des bénévoles en association, des professionnels en structure médicale ou para-médicale, plutôt que vers les praticiens libéraux, plus onéreux. En effet, les tarifs varient en fonction des différents statuts. Compter de 35 € à 60 € la séance individuelle d'une heure.

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