Les robots, et nous.

Les robots vont désormais s'introduire dans notre vie quotidienne. Notre société est-elle prête à accueillir des robots autonomes?
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La notion de robot, ou d’automate, remonte à l’époque médiévale. Mais ce n’est qu’au XVIIIème siècle que les automates se répandent chez les gens aisés en devenant des jouets capables d’exécuter des tâches humaines. Le mot « robot » est apparu en 1921 dans une œuvre de Karel Capek, désignant un personnage créé artificiellement et doté d’intelligence.

En 1941 alors que les robots des temps modernes faisaient leur apparition, le terme « robotique » est inventé par le chercheur et écrivain Isaac Asimov qui a établi des « lois » devant encadrer le développement des robots. C’est dès la fin des années 1950 que les robots se sont répandus dans nos usines, grâce à l'arrivée des ordinateurs, perdant alors la forme humaine qui les caractérisaient autrefois.

De nos jours, avec le développement de l’intelligence artificielle (ou IA, expression désignant la simulation des mécanismes de la pensée par un ordinateur), certains robots ont tendance à retrouver cette forme. Ils sont appelés androïdes et visent à remplacer l'homme dans des tâches les plus "humaines" notamment dans le secteur des services. Ceci pose alors les bases de ce qui pourrait être, dans un futur proche, une robotisation de la société.

Ainsi ce processus initialement pensé et imaginé par des ingénieurs ne serait-il pas voué à servir l’homme ou bien au contraire destiné à le desservir ?

En effet l’évolution rapide et exponentielle de la technologie impliquée dans la robotique amènerait l’homme à reconsidérer la notion de développement qui à première vue apparait comme être le développement pour le développement. Il parait alors nécessaire aujourd’hui de fixer certaines limites ou règles permettant de définir clairement le rôle du robot au sein de la société et ainsi d’en maitriser son impact sur la société elle-même.

La réflexion qu’offre cette problématique combine à la fois des aspects éthiques reposants sur la vision qu’a l’homme sur l’évolution et la généralisation de la robotique entrainant une modification en profondeur de l’organisation des relations humaines au sein de la société. La place de l’ingénieur actuel est donc cruciale dans la prise de décision visant à définir l’avenir de la robotique dans un environnement qui lui est humain. En effet, l’ingénieur doit-il voir la robotique comme le moyen d’assister l’homme et lui rendre les taches contraignantes plus faciles ou bien doit-il la voir comme moyen de créer une machine capable d’une intelligence bien plus élevé que la sienne ? Dans cette direction se posent de nombreuses questions d’ordre éthiques qui font qu’il nous sera difficile de trouver une réponse cartésienne à ce sujet, mais nous tenterons d’exposer un point de vue en commençant par ce qui fait toute l’importance de la robotique et son rôle dans notre société actuelle.

La robotique d’aujourd’hui, non plus réservée à un usage industriel, mais résolument tournée vers l’assistance au grand public, offre des perspectives d’avenir fabuleuses, notamment dans le domaine médical. Ainsi les robots pourraient être capables de pratiquer des opérations chirurgicales de manière autonome, d’aider les personnes à mobilité réduite, d’améliorer la prise en charge des personnes âgées en remédiant au manque de personnel d’encadrement. De même dans le secteur automobile, la voiture entièrement automatisée deviendra, dans un avenir proche, présente sur le marché. En effet, la technologie attribue de nombreux gadgets qui centralisent leurs informations sur une unité centrale, c’est la fusion de toutes ses informations qui font du robot son intelligence à percevoir son environnement qui l’entoure.

De même dans l’éducation, les robots deviendront des outils d’apprentissage au même titre que les livres et les ordinateurs comme dans une université japonaise où un androïde permet aux étudiants en chirurgie dentaire de s’entrainer à opérer. Et le développement de l’IA pourrait, dans le futur, permettre aux robots de remplacer les enseignants.

Mais le secteur des robots domestiques offre tout autant d’opportunités, allant du robot-aspirateur à l’androïde « guide d’accueil » ou « agent de sécurité », en passant par la très vaste gamme des robots ludiques. Le développement des communications robot-robot devrait, dans un avenir proche, permettre la mis en place de réseaux de robots de transports qui redessineront nos villes, ainsi que des robots destinés au nettoyage de surface et à la maintenance d'équipement et ceux dans le cadre militaire. En effet, le développement des drones militaires (ou avion automatique de reconnaissances) atteint désormais l’échange d’informations entre les plateformes munis d’armes automatiques sur terre, et les drones en l’air pour une meilleure assistance à l’exploration d’un terrain inconnu en zone de guerre. Ce développement rapide et intéressant vis-à-vis des armées limiterait les pertes humaines mais empêcherait la vue éthique et humaine d’une zone de conflit. De par le fait que les conflits s’accompagnent surtout de biens humanitaires très souvent difficiles à déployer ou à contenter pour les populations civiles locales qui subissent les rivalités.

Bien que le facteur « humain » s’étaye mal dans le cadre de ce précipité développement, d’ici 2025, on estime que les robots dits « de services » devront représenter 80% du marché de la robotique (source Japan Robotics Association) contre 25% aujourd’hui, il faudra alors s’habituer à cohabiter avec les robots, d’autant plus que cette évolution ne fait qu’ouvrir les portes à la révolution de demain. Mais d’un point de vue politique, quel serait leur impact ? Ou se situe les normes ? Notre société accepterait elle de confier un morceau de son histoire sur des lignes de codes informatiques bien construites ?

Certains scientifiques pensent déjà à élaborer des lignes de conduite éthiques sur les rôles et les fonctions des robots, car les scientifiques qui implémentent les codes développeront dans la même lancée une intelligence très avancée des androïdes dans un avenir proche puisqu’il est

maintenant certain que la robotique va grandement assister l'homme dans les années à venir.

Même si la robotique est en pleine expansion et soi disant au service de l’homme, la machine humaine dotée d’une intelligence artificielle anime déjà certains rejets. Nombre d'entre nous imposent que la machine se doit d'être limitée dans son expansion à apprendre d'elle même. Le fait de remplacer l'homme sur de nombreux point nous indisposes d’apprendre d'une situation simple à laquelle nous étions confronté.

L’homme sera t-il se faire a manger ou même faire des gestes simple sans qu’aucune assistance robotique ne soit engagée? La machine, qui ne connait que ce qui est programmé en elle, sera-t-elle capable d’enlever ce côté humain qui nous entourent? L'homme acceptera t-il cette entrave à sa liberté au prix d'une addiction qui se révélera sans doute abusive?

Si notre confiance envers les machines doit s’améliorer, elle se fera dans un domaine de très haute technologie tel que le domaine spatial. On le verra dans d’ici quelques temps, des projets spatiaux de grandes envergure, tel que le projet britannique « Skylon », proposeront des transporteurs entièrement robotisés et construits uniquement dans le but de mettre en orbite des satellites, et pourront aussi servir à expédier des hommes sur des plateformes spatiales. Se serait ainsi un pari risqué que la société britannique Reaction Engines Limited s’engage à tenir dans notre appréhension de la robotique, mais qui sera un enjeu de taille.

Ainsi, si des robots doivent peupler notre monde, leur introduction dans nos sociétés ne doit pas être prise à la manière d'internet, c'est à dire précipitamment et sans grandes réflexions préalables. C'est pourquoi nous devons nous assurer auparavant des risques que cela engendre, de notre contrôle sur de possibles dérives et imprévus (que nous devons évaluer et quantifier) et des connaissances théoriques sur la conscience et sa possible émergence au sein d'un système mécatronique complexe, et bien entendu de son impact sur notre société nouvelle.

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