Affaire DSK : la riposte musclée des avocats de la défense

Découvrir les atouts de l'accusation, rejeter les «preuves», choisir les jurés: les avocats de DSK attaquent pour mieux défendre DSK avant le 18 juillet.

La partie de poker menteur a commencé pour les avocats de Dominique Strauss-Kahn avec deux objectifs: préparer en secret les alibis de leur client et découvrir de quels atouts dispose le procureur. Défense et accusation vont en effet devoir progresser à l'aveuglette, sans avoir en main toutes les cartes de l'adversaire. Cette période délicate du pré-procès dure 45 jours, délai dont dispose l’ancien patron du FMI accusé de viol par une femme de chambre de l’hôtel Sofitel de New York pour construire sa défense et démonter les preuves de l’accusation. D'où la nécessité d'aller vite et de frapper fort. Le juge arbitrera entre les requêtes (la «motion practice») et décidera le 18 juillet d’une date pour le procès (pas avant la fin 2011 ou le début de 2012).

Les pièces que réclament les avocats de DSK

Le 6 juin, le jour même où Dominique Strauss-Kahn a plaidé «non coupable», a commencé la période de découverte des preuves, la phase de «discovery». William Taylor et Benjamin Brafman, les deux conseils de DSK, ont aussitôt attaqué, remettant au procureur de New York, Cyrus Vance une lettre de neuf pages dans laquelle ils exigent la communication de nombreuses pièces, «en vertu de l'article 240 du Code de procédure criminelle». Mais ce dernier n’est pas obligé de les dévoiler toutes.

  • Y a-t-il d’autres accusations ?
un appel sur France 2 Tristane Banon

  • Les témoins de l’accusation.
personnalité de Nafissatou Diallo

Ils veulent également savoir si «ces témoins» sont en situation irrégulière aux États-Unis, et enfin «s'ils» prévoient de réclamer des dommages et intérêts au civil. Une réponse positive sur ce point permettrait de soutenir que la femme de chambre est vénale et qu’elle veut gagner de l’argent sur le dos de DSK. L’irruption de Kenneth Thompson dans cette affaire, réputé pour avoir rapporté à ses clients des millions de dollars de dommages et intérêts, justifie cette requête.

  • Obtenir les pièces de la suite 2806.
accès aux pièces rassemblées par l'accusation

  • Accéder aux interrogatoires.
sur son blog

Les éléments que rejettent les avocats de DSK

Cette «motion Mapp» a été déposée dès le 27 mai dernier et a pour but de retirer certaines pièces matérielles du dossier d’accusation.

  • Les portables, l’ordinateur et l’iPad.
que l’accusation ne puisse pas les obtenir

  • Des informations «sensibles».

  • Le coup de téléphone à Anne Sinclair.
son épouse Anne Sinclair

Le juge va trancher et arbitrer la sélection des 12 jurés

  • La «motion practice».
Jusqu’au 18 juillet, après la phase de «discovery», celle de l’échange des preuves et des alibis, on va entrer dans la «motion practice», la phase au cours de laquelle le juge décidera de la validité des étapes de la procédure. Il veillera à ce que la défense dispose des pièces de l’accusation, même si cette dernière n’a pas obligation, selon la loi américaine, de tout révéler.

La défense, quant à elle, pourra garder secrètes ses contre-preuves, par exemple le dossier monté par ses détectives pour décrédibiliser la plaignante.

  • Le choix du jury populaire.
Le choix des jurés qui se prononceront sur la culpabilité ou l’innocence de DSK va commencer. Ce jury populaire sera composé de douze personnes tirées au sort qui pourront être révoquées par la défense comme par l'accusation, au terme des enquêtes menées sur chacune d'entre elles. Ainsi, le procureur souhaitera-t-il la présence de noirs car la victime présumée est d’origine guinéenne; les avocats récuseront systématiquement les militants des droits de femme ou toute personne victime d’abus sexuel ou de violence, plus généralement tout juré dont l’histoire personnelle pourra influencer leur décision. Il suffit d’ un seul juré qui doute pour que l’accusé soit déclaré innocent. On le voit, ce choix, capital pour la défense, fera l'objet d'une bataille musclée.

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