Affaire DSK : les ingrédients d'une série judiciaire américaine

Dans l'affaire Dominique Strauss-Kahn, il y a tous les ingrédients d'une série télévisée américaine: le pouvoir, l'argent, le sexe. Quels sont les acteurs?

Un scénario de série télé

  • Une trame de feuilleton américain.

  • La théorie du complot.
57 % d’entre eux

  • Viol ou relation consentie ?

Une personnalité accusée de viol

  • Une personnalité internationale.
«l’égal de Barack Obama» la Grèce

  • Une personnalité méconnue des Américains.
la plupart des Américains n’ont jamais entendu parler de lui

  • Un homme très riche.
l’affaire Lewinsky

Une victime ou une manipulatrice?

  • Une personnalité modeste et sans histoire.
immigrée guinéenne de 32 ans

  • Un frère qui n’en est pas un.
Le «frère» de l’accusatrice

  • Des erreurs dans les horaires.
le site Atlantico

  • Le connaissait-elle ou pas ?
elle n’a pas reconnu son agresseur

Une épouse bafouée mais fidèle

  • Une femme aimante.
Au milieu de ce film noir, apparaît l’image pure d’une femme aimante, totalement dévouée à son mari, Anne Sinclair . Journaliste star de la télévision française dans les années 90, elle a sans hésiter abandonné sa carrière professionnelle pour se mettre au service de son ambition politique.

  • Un mari «cavaleur».
À plusieurs reprises, DSK a été pris en flagrant délit d’adultère par les médias mais à chaque fois, Anne Sinclair lui a pardonné. Il y a eu la relation révélée en 2008 entre le directeur du FMI et sa collaboratrice hongroise, et voilà que l’on reparle d’une «vieille affaire», qui remonte à 2002. Elle n’a fait l’objet d’aucune plainte, mais ressort ces jours-ci: l’agression sexuelle dont aurait été victime la journaliste Tristane Banon .

  • Une coach pour sa carrière.
Anne Sinclair a pris en main le destin politique de DSK dès 1993, elle a soutenu son mari lors des primaires socialistes de 2006 qu’il a perdues face à Ségolène Royal. Elle a aussi organisé, ces derniers mois, une campagne de communication efficace et pleine de suspens sur l'éventuelle candidature de DSK à la présidentielle de 2012.

  • Une femme riche.
Mme Strauss-Kahn n’a pas mis seulement son sens politique et son intelligence au service de son mari, mais également sa grande fortune. Héritière d’une dynastie de marchands d’art, elle dispose d’une fortune estimée entre 35 et 55 millions d’euros. L’affaire du Sofitel pourrait lui coûter 2 millions d’euros en frais d’avocats, de détectives, de gardiens en armes pour sa liberté conditionnelle, selon la plupart des estimations.

Un procureur ambitieux

  • Il s’est fait tout seul.
Il correspond à l’image implacable qu’on a de lui dans les séries télévisées américaines. Cyrus Vance , le procureur de New York, a la mission de démontrer la culpabilité de Dominique Strauss-Kahn. Âgé de 56 ans, il porte le prénom de son père, l'ancien secrétaire d'État Cyrus Vance, mais il met un point d’honneur à faire sa carrière tout seul. Ainsi, préfère-t-il ouvrir un cabinet d’avocats à Seatlle plutôt que d’accepter un premier poste à Washington ou à New York. Élu en 2009 pour quatre ans procureur de New York, il fera tout pour condamner DSK pour assurer sa réélection.

  • Il a gagné la première manche.
Réputé «le défenseur de la cause des femmes», il a remporté la première manche en obtenant du Grand Jury, composé de 23 à 27 jurés populaires, l’inculpation de DSK sur sept chefs d’accusation. En revanche, il a perdu la deuxième quand les avocats de ce dernier ont arraché au juge la libération sous caution de leur client.

Des ténors du barreau de New York

Ce sont deux des meilleurs avocats pénalistes de New York.

  • Benjamin Brafman.
Il a le rôle du provocateur, qui indispose un avocat général ou un juge mais qui est capable, sur un effet de manches, de retourner un jury populaire. Benjamin Brafman est connu pour avoir défendu Michael Jackson en 2004 lorsque le chanteur était accusé d’attentat à la pudeur sur un enfant. Il a aussi obtenu l’acquittement du rappeur «P.Diddy» Sean Combs, dans une affaire de bagarre avec fusillade dans une boîte de nuit.

  • William Taylor.
C’est le clown blanc quand son confrère joue l’Auguste. Devant le juge et face au procureur, il a présenté seul, avec calme et minutie, les garanties qu’il offrait en échange d’une libération conditionnelle . Un discours précis, interminable qui a fini par emporter la décision. Mais ce ténor du barreau cache son jeu: «Si vous ne pouvez pas expliquer votre défense en moins de cinq minutes, en trois ou quatre phrases, c’est, dit-il, qu’elle ne tient tout simplement pas la route». Et DSK lui fait confiance : déjà, en 2008, c’est lui qui s’est occupé de son affaire d’adultère avec l'employée du FMI.

1) Sondage CSA pour BFM TV, RMC, 20 Minutes, réalisé le lundi 16 mai auprès de 1007 personnes selon la méthode des quotas.

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