Benjamin Lancar le Jeune pop fait le buzz : portrait de A à Z

A 25 ans, le président des Jeunes populaires (UMP) a lancé le 11 janvier 2011 un site anti-socialiste et reçu le lendemain Jean-François Copé. Portrait.

  • A comme «Site Anti-gauche».
www.O-M-G.fr Le Figaro

Le site est destiné à remplacer « Créateurs de possibles », le site créé par Xavier Bertrand et dont ne voulait plus son remplaçant à la tête de l’UMP, Jean-François Copé , car il était jugé trop cher à fabriquer (500 000 euros) et à faire fonctionner (12 salariés). «L’Observatoire des mensonges de la gauche» est fait par une équipe de jeunes», explique le 12 janvier, Benjamin Lancar à 20minutes.fr , «et il n’a rien coûté à part les serveurs (100 à 150 euros par mois). On est très motivés, c’est un outil utile qui doit donner envie, dire les choses directement et permettre la réélection de Nicolas Sarkozy ».

Les conseils du «général Copé» à son «lieutenant»

  • B comme «Biographie».
«Je suis né le 7 septembre 1985», écrit Benjamin Lancar sur son blog , «dans le XIIe arrondissement de Paris, dans une famille ne me destinant pas tout à fait à m’investir au sein de l’UMP: une famille de la classe moyenne et des parents, l’un de gauche et l’autre de droite, ayant tous deux participé au mouvement de mai 68». Libération est plus précis: «Ses parents sont originaires de Tunisie. Sa mère est arrivée à Nice en 1956, son père à Paris quatre ans plus tard. Bébé-Sarko aime rappeler ses «origines modestes»: un grand-père «balayeur dans le métro» , un père qui commence par un CAP de plombier pour finir romancier et vendeur de chaussettes pour riches sur un marché du XVIe arrondissement de Paris. Juive, la famille domiciliée dans le XIIe, est peu pratiquante : les grandes fêtes mais pas shabbat. Le garçon prie, «mais pas tous les jours» , dix minutes certains matins. «Tout cela a peu d’importance» , ajoute-t-il gêné. Idem, de sa vie privée Il se dit juste «célibataire». «Plus important, estime-t-il, est son courage d’être jeune et de droite.»

  • C comme Jean-François Copé.
Le patron de l’UMP est venu présenter ses vœux aux Jeunes pop mercredi 11 janvier. Le «général Copé», selon le mot du JDD , a mis l’armée des jeunes UMP et son «lieutenant Lancar» en ordre de bataille, délivrant des conseils: «éviter les slogans à la noix marrants trois secondes», «parler du fond». «Autre injonction du général Copé, poursuit le JDD : faire du porte à porte. N’oublier aucune maison et s’adresser à tout le monde, «même si le gars est hyper à gauche ou s’il est con». Copé souhaite aussi que les Jeunes Pop ne ciblent pas que les étudiants ou les lycéens. «C’est une folie (…) que depuis tant d’années, les militants de notre parti ne s’occupent pas des jeunes qui sont en apprentissage. Vous allez me changer cela.» Bref, dit en substance Jean-François Copé au patron des Jeunes pop: «Travaille pour la réélection du président Sarkozy et ne cherche pas seulement à faire le buzz».

  • D comme «Diversité».
En septembre 2008, le nouveau président des Jeunes pop lance une opération «Pépites de la nation» , qui vise à «aller à la rencontre des jeunes» des quartiers et des zones rurales. Le Figaro écrit le 18 septembre : «Qui parle de banlieue aujourd'hui? Certainement pas la gauche!», a déclaré M. Lancar, étudiant à HEC âgé de 23 ans, élu cet été à la tête des Jeunes op qui revendiquent 30 000 adhérents. Reprenant un thème cher à l'UMP, il a assuré qu'aujourd'hui le «mouvement est à droite», appelant les «jeunes de droite et du centre» à être «révolutionnaires» et à faire bouger les lignes politiques».

  • G comme «UMP Grandes-Écoles».
A 17 ans, en 2002, Benjamin Lancar prend sa carte à l’UMP. «Après un bac S mention bien en lycée public à Paris et une année de classe préparatoire, cet adepte de la «valeur travail» finit major aux concours d’entrée de deux des meilleures écoles de commerce», écrit Lilian Alemagna sur le blog de Libération. «Il choisit HEC puis un master d’affaires publiques à Sciences-Po Paris». Il fonde alors l’UMP-HEC puis l’UMP Grandes-École dont il devient président.

Son clip chanté fait le buzz sur le Net

  • J comme «Jeunes Populaires».
Un an après la création de l’ UMP , Alain Juppé , alors président du mouvement, crée les Jeunes Populaires (2003) pour succéder aux Jeunes RPR. Marie Guevenoux en est la première présidente (juppéiste), puis, quand Nicolas Sarkozy devient président de l’UMP (2004), Fabien de Sans-Nicolas (sarkoziste) prend la tête des Jeunes Pop et mène campagne pour le candidat de la droite. Le 24 août 2008, Benjamin Lancar, qui a participé à la campagne, est élu avec 54% des voix.

Le 22 août 2010, il est réélu avec 78,20% des voix après une campagne marquée par des rumeurs de fraude: «A l'issue de l'élection des CNJP» (conseillers nationaux des jeunes populaires, ou grands électeurs), écrit Le Figaro , «des candidats ou leurs colistiers avaient dénoncé des irrégularités et un scrutin verrouillé au profit de Benjamin Lancar, qui a réfuté en bloc ces accusations. L'UMP était également intervenue pour démentir toute fraude. Un seul recours avait été déposé en Seine-Saint-Denis par l'un des candidats, Mike Borowski, lequel avait obtenu gain de cause.

  • L comme «Lipdub UMP».
Benjamin Lancar s’est vraiment fait connaître en lançant le clip des Jeunes Populaires. Le lipdub (un anglicisme qui signifie clip promo chantant) des «bébés UMP» a fait le buzz sur internet dès sa sortie à la fin 2009, provoquant des railleries et générant des parodies. Lilian Alemagna écrit à son propos: «Ce fameux play-back de militants UMP de moins de 30 ans, qui clament, entourés de ministres lors de leur université d’été 2009 dans les Landes, vouloir «changer le monde». Le tout en se trémoussant sur une chanson de Luc Plamondon. Rigolade assurée entre collègues de bureau. Il s’en fiche (Benjamin Lancar). «Maintenant les gens savent ce que sont les Jeunes populaires» , dit-il en souriant. Le coup attire les médias et permet d’afficher ses propositions: non-cumul des mandats, cotisations retraites sur les temps de stage étudiants. Bingo».

Sa cible, les Jeunes Socialistes

  • M comme «Mai 68» ou «MJS».
Les Jeunes pop, tout comme les Jeunes socialistes, n’ont pas connu mai 68. Mais cela n’empêche pas les premiers de faire dessus une opa en octobre 2008 et de prendre de cours leurs adversaires: « Après l’opération 40 ans plus tard» , grâce à laquelle l’équipe de Benjamin Lancar avait coupé l’herbe sous le pied du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) en s’appropriant l’anniversaire de mai 68, l’état-major fraîchement élu lançait jeudi 23 octobre un nouveau coup «d’ouverture» marketing sur le thème «la révolution, c’est réformer». «On a trouvé un mot qui clashe tout de suite», se réjouit le président des Jeunes pop».

Lilian Alemagna demande à la responsable du MJS ce qu’elle pense de Benjamin Lancar: «Il a du talent mais sur les plateaux télés, il est dans ses fiches, il joue la comédie, ajoute Laurianne Deniaud , présidente des Jeunes socialistes. Sa réflexion ne va pas très loin, il maîtrise seulement l’art de la répétition.» Et celui du «buzz». Plus tard, elle dit à propos des déclarations (des racailles !) du Jeune pop sur les Bleus pendant le Mondial: «C’est un mini- Lefebvre , il fait de la provoc en permanence pour servir la soupe à Sarko.»

  • N comme Nicolas Sarkozy.
«Courage est donc le mot que je retiens pour qualifier les vœux présidentiels», déclare avec flamme Benjamin Lancar sur son blog , le soir de la prestation de Nicolas Sarkozy début janvier 2011. «Face à la démagogie de la gauche et de l’extrême-droite, nous avons la chance d’avoir un Président responsable, qui tient un discours de vérité aux Français, notamment en ce qui concerne la défense de l’euro et la réduction des dépenses publiques». Le jeune homme compte mener campagne «comme Obama» , notamment avec le nouveau site internet des Jeunes pop.

  • R comme «conseiller Régional».
En mars 2010, il est élu conseiller régional d’Ile-de-France, en 11e position sur la liste UMP de Valérie Pécresse emmenée à Paris par Chantal Jouanno . Investi dans la 5e circonscription de Paris (3e et 10e arrondissements) il en est le délégué depuis novembre 2010.

  • S comme «suppression des allocations familiales».
Le 20 avril 2010, lors d'un discours à Bobigny sur la sécurité , à l'occasion de la prise de fonction du préfet Christian Lambert , Nicolas Sarkozy annonce que les allocations familiales seront «systématiquement suspendues en cas d' «absentéisme scolaire injustifié».«Les chiffres extravagants de l’absentéisme scolaire (…) et le désengagement des parents à l’égard de leurs enfants sont un problème majeur (...) qui invite le gouvernement à agir, renchérit Benjamin Lancar sur son blog . De là, la proposition de loi, sur la suspension des allocations familiales en cas d’absentéisme scolaire répété et injustifié (…) Je soutiens donc pleinement cette initiative pour laquelle je me suis déjà fortement engagé, notamment par ma proposition sur la communauté des Créateurs de Possibles de supprimer les allocations pour les parents de mineurs condamnés par la justice».

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