Cancer du sein : un espoir pour les femmes de plus de 60 ans ?

Un médicament réduirait de 65% le risque du cancer du sein chez les femmes ménopausées. Voici comment.

Le cancer du sein est sans doute la forme de cancer la mieux soignée en France puisque les femmes qui en sont atteintes ont un espoir de survie à cinq ans de 85%. Mais cela n’empêche pas 50 000 d’entre elles d’en mourir chaque année et 500 000 dans le monde d’y succomber sur 1,3 millions de personnes affectées par cette maladie. Désormais, pourtant, il existe pour elles un formidable espoir comme viennent de l’annoncer les plus grands cancérologues de la planète, réunis à Chicago jusqu’au 8 juin pour la Conférence mondiale de «l’American Society of Clininal Oncology».

Un médicament, l’Aromasine

  • Un antiœstrogène.
L’Aromasine est un médicament commercialisé par le laboratoire américain Pfizer, qui empêche la production d’œstrogènes en inhibant l’aromatase, cette enzyme qui transforme les androgènes en œstrogènes. Il réduirait ainsi de 65 % le risque de cancer du sein ou de récidives chez les femmes ménopausées.

  • Un essai clinique.
Le Dr Paul Goss, professeur de médecine à la faculté de Harvard (Massachusetts), est l’auteur d’une étude publiée dans le New England Journal of Medicine, « Exemestane for Breast-Cancer Prevention in Postmenopausal Women» . L’essai clinique de phase 3 dit MAP.3 (Mammary Prevention Trial.3) a été conduit durant six ans (de 2004 à 2010) notamment par les chercheurs de l'Université de Buffalo auprès de 4560 femmes ménopausées aux États-Unis, au Canada, en Espagne et en France. Toutes présentaient au moins un risque de cancer du sein ou de récurrence : elles étaient par exemple âgée de 60 ans ou plus et avaient déjà eu un traitement réussi pour une tumeur du sein. Une moitié d’entre elles a ingéré de l'Aromasine et l'autre moitié un simple placebo.

  • Des tumeurs petites.
Selon les conclusions de l’étude,l'incidence des femmes ayant développé un cancer serait de 19/10.000 avec l'Aromasine contre 55 /10.000 pour le groupe placebo. «Non seulement notre enquête sur l'Aromasine montre un réduction impressionnante du risque de cancer du sein mais aussi d'excellents résultats concernant les effets secondaires», a expliqué à l’AFP le professeur Goss en précisant qu’«un grand nombre de tumeurs sont de petites taille et il semble également y avoir moins de cancers les plus agressifs».

  • Plus sûr que le Tamoxifène.
L'Aromasine serait un inhibiteur plus sûr que le traitement que l’on donne depuis une trentaine d’années pour neutraliser les œstrogènes déjà formés, le Tamoxifène qui peut provoquer des caillots sanguins ou même un cancer de l’utérus. Pour effets secondaires, on a relevé les bouffées de chaleur, les insomnies, la fatigue et les douleurs articulaires.

Des espoirs pour d’autres cancers

  • Un traitement radiologique.
Après une intervention chirurgicale pour extraire une tumeur précoce du sein, un traitement radiologique sous les bras des ganglions lymphatiques augmenterait l’espérance de survie de plus de 30 % sans récidive du cancer. Ce résultat obtenu par le Dr Timothy Whelan, de la faculté McMaster au Canada, permettra, s’il se confirme, de généraliser une pratique «antirécidive» réservée aux patientes à haut risque.

  • Cancer du poumon : allonger la survie.
C’est le cancer le plus mortel chez l’homme. Un essai mené par le laboratoire Roche auprès de 1275 malades atteints d’une forme avancée se sont vu prescrire du Tarceva. Or, leur temps de survie aurait été doublée et le risque de progression de la maladie réduit de 63%.

  • Thérapie génique contre le mélanome.
En matière de cancer de la peau, une étude du Dr Paul Chapman, du centre du cancer Memorial Sloan-Kettering à New York, montrerait que le Vemurafenib, un médicament du laboratoire Roche administré à 675 malades, a permis de réduire la taille de la tumeur. Ce traitement vise à isoler et à neutraliser un gène dont la mutation est liée à la moitié des mélanomes. Le nombre des décès aurait en outre diminué de 63% par rapport aux résultats obtenus par une simple chimiothérapie.

  • Vaccin contre le cancer de la prostate.
Les chercheurs du Kimmel Cancer Center de Philadelphie ont administré à des malades du cancer de la prostate un vaccin obtenu à partir de leurs propres cellules immunitaires congelées. Cette étude a montré que les patients qui ont reçu ce traitement auraient prolongé leur survie de 10 mois par rapport aux autres malades. Il s’agit donc là encore d’une avancée même si cet essai devra être suivi de nombreux autres avant d’être considéré comme totalement fiable.

Autant d’études et de traitements qui donnent des raisons d’espérer aux personnes atteintes du cancer. Chaque année, en France, 150 000 personnes succombent à cette terrible maladie.

Sources : Agence France-Presse , France-Soir , santelog.com .

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