Carte d'identité à puces: avancée ou recul pour les libertés?

La carte nationale d'identité sera bientôt biométrique, et comportera deux puces avec des données personnelles. Est-ce un mieux ? Débat.

La carte nationale d’identité française deviendra bientôt biométrique, c’est-à-dire qu’elle concentrera dans deux puces toutes les données physiques et civiles qui font notre identité personnelle. Selon le quotidien économique Les Échos qui révèle l’information vendredi 15 avril, «mercredi dernier, la commission des lois du Sénat a voté, à l'unanimité, la proposition de loi relative à la protection de l'identité. Le texte sera ensuite discuté le 27 avril au Sénat, avant d'être débattu à l'Assemblée nationale». Reste à savoir si cette future carte d’identité est compatible avec le respect des libertés individuelles, et si les données contenues dans les puces ne pourront pas être utilisées à d’autres fins que la simple identification de son possesseur?

Quel est l’objectif de cette carte?

Le quotidien fournit des détails: «Si le texte est adopté, il changera profondément la carte d'identité actuelle. Il prévoit notamment d'intégrer une puce contenant les renseignements civils de l'individu (nom, domicile, date de naissance), mais aussi sa taille, la couleur de ses yeux, sa photographie et ses empreintes digitales. Une autre puce pourrait être intégrée, cette fois à la demande du particulier, lui permettant d'avoir des fonctionnalités de signature électronique».

«L'objectif est clair, poursuit Les Échos : «Le fil rouge, c'est de rendre la carte beaucoup plus sécurisée qu'elle ne l'est aujourd'hui», souligne François Pillet, sénateur du Cher et rapporteur du texte. L'élu rappelle les chiffres: en 2009, 13 900 faits de fraude sur des documents et d'usurpation d'identité ont été enregistrés en France. Et 351 000 cartes d'identité ont été déclarées volées ou perdues - sur 5 millions de cartes éditées. Avec la présence de données biométriques, il n'y aura, de fait, plus de doutes quant à l'identité du porteur de la carte».

Pourquoi un vote à l’unanimité?

Les sénateurs de droite et de gauche ont tous voté pour cette future carte d’identité. Car en principe, elle offrira toutes les garanties de confidentialité pour leurs possesseurs.

  • Elle sera gratuite et continuera d’être facultative.

  • Une mesure antiterroriste.
bigbrother

  • Les données personnelles protégées.
Les Échos

Quels risques pour nos libertés?

Le contenu de la puce pourra-t-il cependant être récupéré par d'autres? En principe non, sauf si l’État dépose des amendements dans ce sens. Or, le quotidien économique écrit: «Selon nos informations, le gouvernement pourrait être tenté de passer des amendements afin que le fichier puisse servir à d'autres fins (policières, recherche d'enfants perdus etc.)» De quoi susciter des inquiétudes chez les opposants à cette carte d’identité.

  • Un projet abandonné en Grande-Bretagne.
France2 ,

  • Le fichage de la vie privée.
agent-de-securite.be

La biométrie peut-elle s’insinuer partout?

  • Elle est déjà là.
déjà des systèmes de reconnaissance biométrique

  • Demain, d’autres cartes.

«Les craintes liées à la création de fichiers permettant le fichage des populations ne datent pas de l’avènement de la biométrie, conclut agent-de-securite.be . Dans un pays dit démocratique, les lois sont sensées protéger la vie privée de toute violation potentielle qui pourrait être faites à cause de l’utilisation généralisée de la biométrie».

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