Déremboursements : pourquoi les médicaments sont-ils plus chers ?

Depuis le 2 mai, les médicaments dotés d'une vignette bleue ne sont plus remboursés qu'à 30% de leur valeur. Pour quelles raisons ?

Le taux de remboursement par la caisse d’assurance-maladie des médicaments avec une vignette bleue est passé de 35% à 30% le 2 mai dernier . Par ailleurs, certains dispositifs médicaux tels que le traitement homéopathique sont aussi concernés. Autrement dit, les consommateurs qui ne disposent pas d’une bonne mutuelle vont devoir mettre la main au portefeuille.

Quels médicaments sont concernés?

Si l’on tient compte des médicaments génériques et des dosages différents, ce ne sont pas moins de 1219 médicaments qui sont dorénavant moins bien remboursés. La liste complète a été publiée dans le Journal officiel du 6 avril dernier . Il s'agit de médicaments qui se distinguent par une vignette bleue sur leur boîte, et dont l'utilité thérapeutique est jugée «modérée» par la Haute autorité de santé (HAS). On trouve dans cette liste des produits destinés à soigner des affections sans gravité, mais qui sont très utilisés par les Français: c’est le cas, par exemple, de l'antispasmodique Spasfon, l’antalgique Advil, l’anti-inflammatoire Voltarène, l'antihistaminique Zyrtec, l’antitendinite Ketum, ou le pansement digestif Smecta.

Quels dispositifs médicaux?

Par ailleurs, comme prévu dans un arrêté ministériel du 18 mars, publié dans le JO du 25 mars , un certains nombre de traitements médicaux voient leur taux de remboursement baisser de 65 à 60%. Il s’agit notamment des dispositifs à usage individuel: pansements, seringues, prothèses, déambulateurs ou implants. En revanche, les fauteuils roulants, les traitements du diabète et toutes les affections de longue durée ne sont pas touchés.

Enfin, le taux de remboursement des préparations homéopathiques va baisser pour se retrouver dans une fourchette de 25 à 30%, contre 30 à 40% précédemment. L'Assurance maladie dispose de deux mois pour fixer ce pourcentage.

Pourquoi ces déremboursements?

  • Faire des économies.
avril 2010 l’Agence France-Presse

  • Une politique d’assainissement.
concentrer les dépenses sur les soins les plus utiles

Du retard dans l’assainissement ?

Les professeurs Bernard Debré et Philippe Even ont remis un rapport en mars dernier dans lequel ils dénoncent le «chaos» qui règne dans le domaine de la pharmacopée: ils estiment qu’il faudrait retirer de la vente des centaines de médicaments inutiles ou même dangereux, ce qui permettrait alors de mieux rembourser les médicaments qui resteraient en pharmacie.

Le récent scandale du Mediator mais aussi les hésitations qui président au retrait du marché de deux antidiabétiques , pourtant jugés cancérigènes par plusieurs études indépendantes, montrent qu’il reste beaucoup à faire dans la réorganisation du système de santé.

Comment s’y reconnaître ?

Il existe quatre catégories de remboursement pour les médicaments, qui sont signalés par des vignettes de couleur sur les boîtes:

  • Les vignettes orange. Il s’agit des médicaments dont l’efficacité est considérée comme insuffisante. Ils sont remboursés à 15%.
  • Les vignettes bleues. Elles correspondent à des médicaments remboursés désormais à 30%. Ce sont les médicaments dits de «confort», dont l’efficacité est jugée «modérée» par la HAS.
  • Les vignettes blanches. Elles signalement les médicaments remboursés à 65%, dont le service médical rendu (SMR) a été jugé «important ou majeur et présentant un caractère indispensable», comme par exemple les antibiotiques.
  • Les vignettes blanches barrées. Elles correspondent à un remboursement à 100% et ne concernent que les médicaments considérés comme irremplaçables et particulièrement coûteux. C’est le cas pour une trentaine de maladies graves ou de longue durée (ALD), telles que le cancer ou le diabète.

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