Élysée 2012: Nicolas Sarkozy de nouveau battu dans les sondages

Après l'embellie des dernières semaines, le chef de l'État replonge dans deux sondages qui le donnent perdant à la présidentielle de 2012.
14

Il ne suffit pas de garder le silence . Il ne suffit pas non plus de s'activer sur les dossiers les plus chauds tels que la crise de la zone euro ou la guerre en Libye , pour emporter l'adhésion des Français. Après l'embellie de ces dernières semaines, le chef de l'État semble replonger dans les sondages, à huit mois de la présidentielle. Comme si l'affaire DSK , en s'estompant dans l'opinion, ne lui était plus bénéfique, comme si la réussite de sa politique extérieure ne parvenait plus à compenser les doutes sur sa politique intérieure (« droitisation» de l'UMP , «président des riches» ). Deux enquêtes d'opinion parues cette semaine donnent Nicolas Sarkozy perdant en 2012.

Battu par François Hollande et Martine Aubry

Selon un sondage réalisé par l'Ifop pour France-Soir et publié vendredi 22 juillet (1), au premier tour de l'élection de 2012, François Hollande devancerait Nicolas Sarkozy, pour la première fois, de 5 points (28% contre 23%) et Martine Aubry le précéderait d'un point et demi (25% contre 23,5%). Seule Ségolène Royal serait battue (16%) par le président sortant (25%) et par Marine Le Pen (20,5%), la socialiste ne figurerait donc pas au second tour.

François Hollande, qui, selon Frédéric Dabi de l'Ifop, s'est taillé «une image de présidentiable» en évoquant le premier le problème de la dette, et en se rendant mardi aux Invalides à la cérémonie d'hommages aux soldats morts en Afghanistan , l'emporterait largement au second tour: 57% contre 43% seulement à Nicolas Sarkozy. Le Président serait aussi battu par Martine Aubry mais moins nettement (53% contre 47%). Les deux candidats à la primaire PS pourraient d'ailleurs s'allier avant même la désignation du présidentiable socialiste.

Deux consolations pour Nicolas Sarkozy: d'abord, s'il ne parvient pas, à huit mois de la présidentielle, à réaliser un score semblable à celui du 22 avril 2007 (31,5%), il voit cependant «ses intentions de vote progresser d'un ou deux %», explique encore Frédéric Dabi, et ce «malgré l'offre pléthorique de candidats se situant au centre droit ou à droite de l'échiquier politique».

Ensuite, le chef de l'État voit s'éloigner le spectre d'un «21 avril à l'envers», c'est-à-dire celui de son élimination au 1er tour comme c'était arrivé en 2002 à Lionel Jospin: avec un score oscillant autour de 23%, il devance désormais la candidate du Front national Marine Le Pen (environ 20%).

Deux Français sur trois contre sa réélection

Mais le président Sarkozy ne doit pas se réjouir pour autant. Dans une autre enquête réalisée par Ipsos pour l'hebdomadaire Le Point qui l'a publiée mercredi 20 juillet (2), une large majorité de Français ne souhaitent pas que le président soit réélu en 2012 et ils pensent d'ailleurs qu'il ne le sera pas.

60% des personnes interrogées ont la conviction qu'il sera battu, ce qui fait 3 points de plus qu'en août 2010. Parmi ceux qui croient en sa réélection, 65% sont des sympathisants UMP (alors qu'ils n'étaient que 56% il y a un an), mais aussi les agriculteurs et les retraités.

Par ailleurs, 66% des Français ne souhaitent pas que le chef de l'État soit réélu contre 29% qui l'espèrent. Dans ce dernier tiers, on trouve les sympathisants UMP (72%) et une nouvelle fois les agriculteurs (46,5%) et les retraités (39,1%). A l'opposé les chômeurs (80,7%) mais aussi, et c'est beaucoup plus grave, les cadres supérieurs (77%) et les jeunes ne veulent pas de Nicolas Sarkozy à l'Élysée. Seuls 45,1% des 70 ans et plus souhaitent sa réélection.

Récemment, au coude à coude avec François Hollande

« La lente remontée de Nicolas Sarkozy dans les sondages est-elle en train de se démentir»? s'interroge alors Le Point. On se souvient en effet, que le 12 juillet dernier, un sondage réalisé par CSA pour BFMTV-RMC-20 minutes (3) donnait Nicolas Sarkozy en tête au premier tour face à Martine Aubry (27% contre 25%) et au coude à coude avec François Hollande (26% chacun), Marine Le Pen étant reléguée à 17% seulement.

Que s'est-il passé dans l'opinion au cours de ces derniers jours? D'abord, l'affaire DSK ne semble plus produire autant d'effets sur les Français qui font la différence entre ce scandale et le Parti socialiste , enfin sorti de sa période de sidération. Ensuite, la politique extérieure de la France, pour être toujours aussi volontariste, commence à peser dans l'opinion. La guerre en Libye se prolonge et si le chef de l'État a annoncé un retrait progressif des troupes d'Afghanistan , les militaires tués par ce conflit lointain sont de plus en plus nombreux . Enfin, la crise de la zone euro, pour être en partie résorbée, ne semble pas réglée sur le long terme.

Sur le plan intérieur, Nicolas Sarkozy doit toujours se battre contre le soupçon de «droitisation» de son parti majoritaire. L'UMP, notamment la Droite populaire , mais aussi le ministre de l'Intérieur Claude Guéant ont nourri cette idée que le Président voulait chasser sur les terres du Front national, dans des dossiers comme l'immigration ou la stigmatisation de l'Islam . Enfin, la prime exceptionnelle pour les salariés et la suppression du bouclier fiscal ne semblent pas suffire à faire oublier la promesse du candidat de 2007 : «être le président du pouvoir d'achat».

(1) Sondage mené du 19 au 21 juillet 2011, par questionnaire autoadministré en ligne, auprès d’un échantillon de 948 personnes inscrites sur les listes électorales, extrait d’un échantillon de 1.002 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode de quotas.

(2) Enquête réalisée du 15 au 16 juillet 2011 auprès de 956 personnes constituant un échantillon représentatif de la population français âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

(3) Sondage réalisé par téléphone le 11 juillet, auprès d'un échantillon de 1005 personnes âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas, d'où ont été extraites 850 personnes inscrites sur les listes électorales.

Sur le même sujet