Et maintenant, qui va défendre les droits des enfants?

Dans son ultime rapport avant son départ, la défenseure des enfants déplore les «insuffisances» de la politique de protection de l'enfance.
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Dominique Versini, la défenseure des enfants dénonce, avant de quitter son poste, les «reculs répétés» en matière de justice des mineurs, de logement social ou encore les difficultés rencontrées par les enfants étrangers présents en France.

La fonction de défenseur des enfants supprimée

En onze ans, plus de 25 000 enfants ont fait l'objet d'une réclamation auprès de la défenseure des enfants, un nombre qui a doublé depuis 2001. Or, cette fonction de protection des mineurs, indépendante, sera supprimée lundi 1er mai et sera prise en charge par un généraliste de la Défense des droits qui gérera en même temps d'autres grands organismes tels que: le Médiateur de la République, la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), la Halde et la Haute Autorité de lutte contre les discriminations.

«À quelques jours de sa mise sur pied, cependant, une certaine confusion règne autour du défenseur des droits, écrit La Croix . Et pour cause: personne n’a encore été nommé pour incarner la nouvelle institution». Ce qui fait dire à Dominique Versini selon Le Télégramme : «La suppression d'autorités indépendantes dont on voit bien qu'elles dérangent est choquante (...) La nomination (du Défenseur des droits) sera sans doute malheureusement très politique», avait-elle déclaré en janvier à l'hebdomadaire La Vie ».

Le bilan de la défenseure des enfants est aussi son baroud d’honneur. Elle ne s’embarrasse d'ailleurs pas de gants pour dénoncer les manquements du gouvernement français dans le domaine de la protection de l’enfance.

Familles homoparentales et immigrées

Ainsi, déplore-t-elle que nombre des recommandations faites par ses services n'ont pas toujours été suivies d'effets de la part des pouvoirs publics. «C'est le cas de la création d'un statut de tiers, écrit L’Express , pour ceux qui partagent ou ont partagé la vie d'un enfant, qui a été bloqué par l'Assemblée nationale. «Il en résulte un vide juridique sur la nature des liens affectifs des enfants élevés dans des familles homoparentales», écrit-elle (…) Elle constate notamment une «dégradation» de la situation des enfants roms et les difficultés rencontrées par les enfants dont les familles ont le statut de réfugié politique pour retrouver leurs parents».

2 millions d’enfants pauvres

Au regard des recommandations des Nations unies de juin 2009, elle déplore également l’insuffisance des politiques publiques qui, dit-elle, conduisent à une pauvreté accrue des enfants: « Deux millions d'enfants vivent aujourd'hui sous le seuil de pauvreté en France, a déclaré mardi sur Europe 1 Dominique Versini», note le site de la radio . «Avec leur familles, cela fait huit millions de personnes qui ont des revenus entre 700 à moins de 900 euros par mois», ajoute-t-elle. «C'est quand même assez catastrophique. Tous les objectifs de réduction de la pauvreté ne seront pas atteints».

600 000 enfants mal logés

«Sur le plan social, confirme Le Monde , le bilan souligne l’aggravation de la pauvreté qui concerne plus de deux millions d’enfants en France, dont 600 000 mal logés. «Aucune suite n'a été donnée » , note la défenseure des enfants, au rapport de 2009 sur «la précarité et les atteintes aux droits des enfants», alors que le gouvernement «avait un objectif de réduction de la pauvreté d'ici 2012». «La loi sur la protection de l'enfance de mars 2007 ne produit pas les effets attendus en termes de prévention et d'accompagnement, ce qui augmente les risques de placements d'enfants à l'aide sociale à l'enfance pour cause de précarité», poursuit-elle.»

La pédopsychiatrie sinistrée

«Dressant le bilan de cinq années d'activité, poursuit Europe1.fr , elle a aussi tiré la sonnette d'alarme sur la situation de la pédopsychiatrie en France -pays avec le premier taux de tentative de suicide d'adolescents-, et sur la difficulté d'obtenir des places en centre médico-psychologique, ainsi que du manque de lits disponibles en pédopsychiatrie».

La justice des mineurs

«En matière judiciaire, elle «ne peut que constater les reculs répétés de la justice des mineurs notamment pour les adolescents», écrit L’Express qui cite le communiqué de la défenseure des enfants: «Pour Dominique Versini, «force est de constater que les pouvoirs publics ont rejeté toutes les recommandations qui pouvaient être un frein aux objectifs de réformes restrictives dans les domaines régaliens (immigration, justice des mineurs)».

La scolarité des handicapés

«Autre constat amer, note Le Monde : «La scolarité des enfants handicapés reste un parcours du combattant dans le milieu scolaire ordinaire ou dans les structures adaptées»

Des motifs de satisfaction

  • Maisons pour adolescents.
L’Express

  • Prise en charge des enfants cancéreux.
La Croix

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