Excès de vitesse: Jean-Paul Huchon est un récidiviste

Le président du Conseil régional est un homme pressé. Il roulait à 171km/h sur l'A13 et il s'est fait retirer son permis... pour la deuxième fois en 3 ans!

Y aurait-il un temps différent pour les hommes politiques? Un pour eux (plus rapide sur la route) et un autre (plus lent) pour les citoyens lambda ? On pourrait le croire, au vu de la longue liste des personnalités politiques qui se sont fait épingler, ces dernières années, en flagrant délit d’excès de vitesse au volant de leur voiture. Cependant, la loi est la même pour tout le monde (en tous cas, sur ce terrain de la sécurité routière) et c’est plutôt rassurant, comme en atteste la mésaventure vécue par Jean-Paul Huchon.

171 km/h au volant d'une Saab 2 litres

Dimanche après midi, le président PS du Conseil régional, Jean-Paul Huchon, l’a découvert à ses dépens. Flashé à 171 km/h sur un tronçon limité à 130 , il a aussitôt été pris en chasse par les hommes du peloton de gendarmerie de l’autoroute A13, à la hauteur d’Evreux.

M. Huchon, qui est par ailleurs président du Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif), doit regretter de ne pas avoir pris le train et d’avoir choisi d’utiliser sa voiture de fonction, une Saab 2 litres, pour ce week-end où il effectuait un déplacement privé. Comme le prévoit la réglementation du Conseil régional, il ne peut en effet utiliser son véhicule officiel avec chauffeur que pour ses activités professionnelles.

Le résultat, c’est que les gendarmes qui l’ont contraint à stopper sa voiture sur une aire de repos ont procédé immédiatement à la rétention de la Saab pour «excès de grande vitesse» et ont confisqué à l’élu son permis de conduire pour une durée qui peut aller de 15 jours à trois ans .

Jean-Paul Huchon a dû par ailleurs s’acquitter d’une amende immédiate et forfaitaire de 135 euros, et se verra notifier un retrait de quatre points sur son permis de conduire. Une procédure que le président du Conseil régional d’Ile-de-France connaît bien puisqu’il a déjà vécu pareille mésaventure. En 2008, il avait écopé d’un retrait de son permis pour une durée de quinze jours, en raison d’un délit similaire d’excès de vitesse. Il faut dire que cette année-là, pas moins de 100 000 Français s'étaient vus retirer leur papier rose.

Le buzz sur internet

Aussitôt, cette information insolite, qui n’a fait l’objet d’aucun commentaire de l’intéressé mais qui a été confirmé par le peloton de gendarmerie d’Evreux, a provoqué un véritable buzz sur la toile et sur les réseaux sociaux où les internautes, mais aussi les utilisateurs de Twitter et de Facebook s’en sont donnés à cœur joie pour se moquer de l’élu trop pressé.

C’est de bonne guerre. Benjamin Lancar, le président des Jeunes UMP et conseiller régional d'opposition, a déclaré sur Twitter : «A la région, il ne nous habitue pas à pareille célérité!» D’autres n’ont pas hésité à le comparer à Ryan Gosling , l'acteur de Drive , qui joue le rôle d'un chauffeur proposant ses talents d’as du volant à des gangsters pressés.

Europe 1 de son côté a relevé d’autres saillies du même genre : celle d'un internaute qui l'incite à prendre le métro ou encore du journaliste Emmanuel Lemoine , qui évoque une mauvaise semaine pour Jean-Paul Huchon : «Une semaine après avoir perdu la primaire avec Aubry, il perd son permis.

Nicolas Sarkozy à 190 km/h

Cependant, il serait vain de jeter l’anathème sur le seul président du Conseil régional d’Ile-de-France. Dans le domaine des excès de vitesse, Le Figaro nous rappelle que l’Auto-Journal avait mené en 2007, pendant la campagne présidentielle, une enquête édifiante auprès des hommes politiques. Nicolas Sarkozy avait battu tous les records en roulant à 190 km/h sur l’autoroute, suivi par une équipe du magazine. Jean-Marie Le Pen avait été piégé à 185 km/h dans des ciconstances identiques. Quant à Ségolène Royal, elle avait été surprise à 158 km/h sur une quatre voies limitée... à 110 et François Bayrou à 120 km/h sur une route à… 70. Plus récemment, José Bové avait été flashé à 135km/h au lieu de 90, en septembre 2009, et Xavier Bertrand flashé de nuit à 140 km/h au lieu de 90.

Commentant cette information qui touche un de ses amis politiques, Benoit Hamon, le porte-parole du PS, en a profité pour «se réjouir» sur BFM-TV de ce que «la répression est la même pour tous». Réaction semblable de la part des représentants de la Sécurité routière. Sur la même chaîne de télévision, Michel Ternier , a rappelé qu’«avant 2002, les élus étaient tentés de faire sauter leurs contraventions (...) Aujourd’hui, la prise de conscience touche tout le monde. C’est une bonne chose».

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