Météo pourrie en vacances: faut-il prendre une «garantie soleil»?

Les assureurs et les tour-opérateurs proposent des «garanties soleil» et remboursent les séjours gâchés par la pluie. Est-ce vraiment intéressant?
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« Vacances: les campings prennent l'eau », titre France-Soir mercredi 27 juillet, sur son site internet. Et le quotidien, qui a mené l'enquête en France, décline chaque région, le Nord, la Normandie, l'Alsace, les Landes et le Lot-et-Garonne comme des zones sinistrées sur le plan du tourisme, où la pluie, le vent et la fraîcheur, dignes d'un mois d'octobre, ont transformé les juillettistes en véritable naufragés. Seule la Côte d'Azur est relativement épargnée. Les aoûtiens seront-ils mieux lotis? Selon les météorologues, le mois d'août ne s'annonce pas particulièrement beau. Alors, comment se prémunir contre les caprices de la météo? Il existe peut-être une solution: les tour-opérateurs et les assureurs commencent à proposer des «garanties soleil». Est-ce vraiment intéressant? Enquête.

Juillet a été pourri et août ne sera pas terrible

Les Français qui ont pris deux ou trois semaines de vacances en juillet, ne s'attendaient pas à vivre un été aussi pourri. En avril, mai et juin, la sécheresse et même la canicule qui ont frappé notre pays les ont poussés à réserver en France. Ils se sont dits «à quoi sert de partir loin pour trouver le soleil s'il est chez nous et pour moins cher?». Patatras, sur toute la côte Ouest, il a fallu ranger les lunettes de soleil et les crèmes solaires et acheter des K-ways et des parapluies. Et dans le Midi, le mistral a soufflé tous les jours, refroidissant une Méditerranée habituellement à plus de 20 degrés.

On a eu beau leur expliquer à la télévision, chaque jour, après le journal de 20 heures, que le temps était bouleversé «à cause du fameux anticyclone des Açores qui ne faisait pas son boulot», cela n'a pas suffi à les consoler: ils ont repris le collier blancs comme des cachets d'aspirine, en se disant que décidément, ils avaient été floués.

Les prévisions de La chaîne météo , mercredi 27 juillet, qui s'étalent sur les 12 prochains jours, sont mauvaises: à Agon-Coutainville, dans la Manche par exemple, à part un épisode de beau temps -relatif- entre le 29 juillet et le 1er août, il faut s'attendre à des orages (27 degrés le 6 août), de la pluie et de la fraîcheur (17 degrés) le 9: 10 degrés de moins en trois jours.

Sans être aussi catastrophiques, les prévisions sont mitigées dans l'ensemble de notre pays. «La période actuelle est très incertaine, et nous sommes encore dans le flou », explique Laurent Cabrol dans France-Soir et sur Europe 1. « On constate que l’anticyclone des Açores est en train de remonter vers nous, ce qui signifie qu’on s’achemine vers une amélioration. Les trois jours qui viennent devraient encore être marqués par le mauvais temps, avec quelques orages».

Comment s'assurer contre le mauvais temps?

Anne Lombardo, pour tourmagazine.fr , propose une goutte d'espoir dans cet océan de mauvaises nouvelles: «Maigre consolation, écrit-elle, quelques tour-opérateurs et hébergeurs proposent aux vacanciers déçus des «garanties soleil». Le principe ? Si le soleil n’est pas au rendez-vous, ces derniers peuvent modifier leur réservation ou être dédommagés financièrement».

Ainsi, Pierre & Vacances (ainsi que Maeva) proposent deux offres de ce type:

  • Droit au soleil.
La chaîne météo

  • L'assurance Pack Soleil.

D'autres sociétés ont des offres similaires.

  • Akuna Matata.
garantie «Akuna Matata»

  • Garantie Soleil.
Siblu

Est-ce que cela vaut la peine de s'assurer?

  • Définition d'une «belle journée».
société Metnex

Il n'y aura pas de contestation possible puisque cela sera «scientifiquement prouvé», et tant pis si vous ressentez alors de la frustration, et le sentiment de vous être fait rouler. «Donc, mieux vaut réfléchir à deux fois avant de signer», conseille Anne Lombardo.

  • La recherche du risque zéro.
Pour les sociologues peur d'arriver en retard

La judiciarisation de notre vie sociale a atteint peut-être son paroxysme car nous vivons dans «une société de la peur ancrée dans la société du risque» (1). Chacun cherche à se garantir dans tous les domaines et les assureurs saisissent cette opportunité pour multiplier des contrats aux apparences alléchantes mais souvent restrictifs. On se prémunit ainsi contre les dégradations matérielles liées aux risques naturels (tempêtes, inondations), on souscrit à des mutuelles, on cherche aussi à se garantir contre les accidents opératoires (les chirurgiens, les dentistes, les anesthésistes font signer des décharges et contractent des assurances spéciales). Bref, on tente de limiter les risques et c'est normal.

  • Un risque acceptable?
anticyclone des Açores

(1) Ulrich Beck, La Société du risque , éditions Aubier, 2001.

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