Nutrition: un logo sur les aliments bons pour la santé ?

Le ministère de la Santé pourrait bientôt apposer un logo sur les produits les plus sains. L'Inra recommande de les identifier dans les supermarchés.
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Après la campagne «Mangez cinq fruits et légumes par jour!» , le ministère de la Santé va aider les consommateurs à identifier les produits les plus sains dans les supermarchés. Comment, par exemple, reconnaître au premier coup d’œil que ce dessert lacté est moins bon pour la santé que ce simple yaourt alors qu’ils ont le même aspect dans l’emballage? Un logo pourrait être apposé sur les aliments les meilleurs avec les quatre lettres «SAIN».

Un profil «SAIN» et un profil «LIM»

«SAIN» fait partie, avec «LIM», des termes retenus par les chercheurs de l'Inra qui viennent de réaliser une classification des aliments selon leur qualité nutritionnelle, à partir des habitudes de consommation alimentaire étudiées chez 1171 adultes de 18 ans et plus. Nicole Darmon, de l’université Aix-marseille a développé avec son équipe une méthode qui définit «un profil nutritionnel» des aliments, et publiée dans le British Journal of Nutrition . Entre «SAIN» comme produit très bon pour la santé et «LIM» comme produit dont il convient de limiter la consommation, il existe une échelle de la qualité pour l’Inra qui a défini quatre classes de produits.

Dans la catégorie 1 ou supérieure, on trouve les aliments riches en nutriments protecteurs tels que les vitamines, les minéraux, les fibres et les acides gras essentiels. Dans la catégorie 4, sont regroupés les aliments riches en composés qu’il convient de limiter tels que le sodium, les sucres ajoutés, les acides gras saturés. Dans les classes 2 et 3, on trouve les produits intermédiaires tels que les huiles que l’on aurait pu s’attendre à voir classer en catégorie 4 mais qui se retrouvent en 3 en raison de la présence de certaines lipides. Même classement pour le gruyère riche en calcium.

En catégorie 1, fruits, légumes, poissons

«Avec ce système, écrit encore l’Inra, les aliments qui apportent davantage de nutriments protecteurs que de calories sont les mieux classés (fruits, légumes, poisson, etc.) alors que les aliments qui apportent davantage de gras, de sel ou de sucre, que de nutriments protecteurs sont les plus mal classés (beurre, charcuterie grasses, confiture, boissons sucrées, etc.). Ce système permet aussi une classification nutritionnelle de produits alimentaires complexes (plats cuisinés, snacks salés, sandwichs, pizzas, etc.)».

Les Français mangent-ils sains? Ils consomment relativement bien, concluent les experts de l’Inra qui affirment qu’en moyenne, les régimes observés sont constitués pour moitié (en poids) d’aliments de bon profil nutritionnel (classe 1) et pour un tiers d’aliments de plus mauvais profil (classe 4). Il reste que l’on peut «optimiser ces régimes», c’est-à-dire augmenter «la part des aliments de la classe 1 jusqu’à atteindre près des 2/3 du poids total (de ces aliments) et diminuer celle des aliments de la classe 4», peut-on lire dans i-dietetique.pro . Ce que Nicole Darmon traduit ainsi dans Le Figaro : «Il suffirait de pas grand-chose pour avoir une alimentation de bonne qualité nutritionnelle», car «l'équilibre nutritionnel n'est pas très loin de nos habitudes».

«Pour votre santé, mangez des produits «SAIN»!»

Un prochain Plan national nutrition santé ( PNNS ) va être mis en place pour les années 2011-2015, destiné à sensibiliser les consommateurs sur la qualité nutritionnelle des produits. Comme pour les années 2000, quand le ministère de la Santé lançait cette recommandation : «Mangez cinq fruits et légumes par jour !» . Le nouveau slogan pourrait ressembler à quelque chose comme: «Pour votre santé, mangez des produits «SAIN» !». De nombreux diététiciens et des associations de nutritionnistes recommandent également d’apposer sur les aliments les meilleurs, c’est-à-dire de «classe 1 ou proche», un logo facilement identifiable comportant les quatre lettres «SAIN».

Il reste cependant une interrogation: les produits les plus sains ne risquent-ils pas aussi d’être les plus chers? C’est le bilan en demi-teinte qui a été récemment tiré de la campagne sur les fruits et légumes quotidiens: «Seuls 20% des enfants de 3 à 17 ans mangent 5 fruits et légumes par jour, c'est très peu et cela pose de vrais problèmes de santé, constate le 1er mai 2010 le site santejeune.canalblog . C'est pourquoi le ministère se bat pour atteindre cet objectif et valoriser la notion de plaisir en consommant fruits et légumes». Et de fournir cette explication : «Les enfants interrogés dans certains sondages révèlent un problème récurrent dans leur éducation alimentaire. Ils ne mangent que très peu de fruits et légumes (…) leur prix à l'achat est trop élevé pour le salaire des parents».

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