Prix des cigarettes : le détail des hausses en 2011 et 2012

Le tabac augmente de 6% dès le 17 octobre et encore de 6% en 2012. Voici le détail des prix du paquet de cigarettes marque par marque.
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Quinze jours de répit pour les fumeurs. Les trois partenaires, l'État, les fabricants de cigarettes et les buralistes, sont parvenus, avec quinze jours de retard , à trouver un terrain d'entente sur la hausse des prix des paquets de cigarettes. Elle interviendra le 17 octobre 2011 au lieu du 3 octobre prévu initialement par le ministère du Budget, et elle sera bien de 6% comme annoncé.

Cette augmentation des tarifs avait été décidée, en même temps que la fameuse nouvelle taxe sur les sodas , cet été, pour combler en partie le trou de la Sécurité sociale. Deux mesures qualifiées de «pédagogiques» par le gouvernement puisqu'elles prétendent lutter, l'une contre les méfaits du tabac et l'autre contre l'impact du sucre sur l'obésité. En réalité, il s'agit de nouvelles recettes purement anti-déficit habillées en décisions de santé publique. La majoration des prix du tabac en 2011 sera d'ailleurs suivie d'une autre, également de 6%, en 2012.

Les Gauloises à 5,72 euros

Cette hausse de 6% est devenue une tradition chaque automne depuis 2009. Pour les fumeurs, le calcul est donc simple. Un paquet de Marlboro qui coûte aujourd'hui 5,90 euros va augmenter de 35 centimes et passera à 6,25 euros le 17 septembre 2011, puis à 6,52 euros en octobre 2012.

Quant aux paquets de cigarettes qui coûtent aujourd'hui 5,40 euros, tels que les Gauloises, les News, les Basic, mais aussi les Pall Mall et les Benson & Edges, ils s'achèteront 5,72 euros cette année et 6,06 euros l'an prochain. Enfin, un paquet de Royal à 5,70 augmentera de 34 centimes pour atteindre 6,04 euros dans quelques jours et 6,40 euros en octobre 2012.

90 millions de recettes en plus

Ce tarif moyen de 6,40€ le paquet de cigarettes d'ici à la fin 2012 devrait permettre de fournir à la Sécurité sociale des recettes supplémentaires de 90 millions d'euros cette année et de 600 millions l'an prochain. En novembre 2010, la hausse, également de 6%, avait rapporté 400 millions d'euros. Quant au tabac en général, il avait fourni une manne précieuse de 10 milliards d'euros de taxes diverses et 3 milliards d'euros de TVA au budget de l'État. En dix ans, le prix moyen du paquet de cigarettes a augmenté de 84%.

Ces deux nouvelles hausses de 6% sur deux ans sont évidemment de mauvaises nouvelles pour les 15 millions de fumeurs qui, chaque jour, grillent entre 10 cigarettes et un paquet par jour. Mais seront-elles suffisamment dissuasives pour qu'ils se disent, cette fois, que c'est «l'occasion d'arrêter»? Bercy s'en inquiète pour ses recettes alors que de leur côté, les associations anti-tabac le souhaitent, même si elles estiment que le seuil psychologique pour se sevrer serait une hausse brutale de 10% d'un coup.

Des fumeurs de plus en plus jeunes

Pour l’instant, la France compte 30% de fumeurs et selon Altadis, ils ont consommé 2,7 milliards de paquets de cigarettes en 2008, soit seulement 2,3% de moins qu’en 2007, sans compter que le trafic illégal des cigarettes a connu une forte hausse depuis la loi anti-tabac de 2007. Selon notreplanèteinfo , quelque 66 000 personnes meurent chaque année des conséquences du tabac (soit plus de 10% des décès) dont 27 000 par un cancer du poumon, et ce sont les jeunes de 20 à 25 ans qui fument le plus.

Le nombre de collégiens âgés de 12 à 15 ans fumant quotidiennement des cigarettes a plus que doublé (+144%) entre 2007 et 2010, selon une enquête menée par l'association Paris Sans Tabac, rapporte le site santemedecine : «C'est à 14 ans que le taux de 5% de fumeurs quotidiens est dépassé chez les élèves parisiens.» Pour tenter de lutter contre ce phénomène, l’interdiction de fumer pour les mineurs de moins de 18 ans a été mise en place en juillet 2009. Une mesure cependant facile à contourner.

Des femmes et des chômeurs

Autre évolution sensible: les femmes fument de plus en plus ainsi que les chômeurs. Le nombre de fumeuses âgées de 45 à 65 ans a augmenté de 7 points depuis 2005. Enfin, la crise qui frappe les populations les plus fragiles aurait un impact direct sur la consommation de tabac selon Roselyne Bachelot: «Pratiquement 50% des chômeurs sont fumeurs et à l'évidence la crise, l'augmentation du chômage, a eu un effet sur l'augmentation de la consommation du tabac», a déclaré la ministre. 49,6% de sans emploi fument en 2010, contre «seulement» 43,5% en 2005.

«Les derniers fumeurs qui restent dans un pays quand le tabagisme régresse, ce sont les plus pauvres, ceux qui n'ont pas les moyens de s'informer, l'argent pour s'arrêter et qui sont les plus malades du tabac», a confirmé à l'AFP le pneumologue Bertrand Dautzenberg. Ce sont donc les plus modestes qui prennent de plein fouet cette nouvelle hausse des prix des cigarettes.

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