Retraites : des cortèges clairsemés dans toute la France

Des grèves peu suivies, des manifestations souvent transformées en pique-niques. La 9e journée contre les retraites n'a pas mobilisé mardi 23 novembre.

Il n’y a pas eu de surprise. Les cinq rescapés de l’Intersyndicale qui avaient appelé à une 9e journée d’action «multiforme» contre les retraites (CGT, CFDT, FSU, Solidaires (syndicats SUD et autres) et Unsa) ne sont pas parvenus à mobiliser mardi 23 novembre, près de deux semaines après la promulgation de la loi . C'était sans doute la dernière journée de manifestations, qui referme ainsi trois mois de forte contestation sociale.

53 000 manifestants selon la police

A la mi-journée, le ministère de l’Intérieur évoquait mardi «une mobilisation extrêmement faible» et avançait le chiffre de 27 000 personnes pour toute la France. La journée du 6 novembre , considérée jusqu’à présent comme la plus décevante, avait tout de même réuni selon le ministère de l'Intérieur, 147 000 personnes et le 28 octobre , 198 000.

Au total, quelque 153 «initiatives» se sont déroulées mardi dans tout le pays, selon la CGT. Le soir, vers 18h, le ministère de l’Intérieur recensait 52 000 manifestants à Paris et en province. En comparaison, le 6 novembre, date de la dernière grande journée, ils étaient entre 375 000 et 1,2 million.

Les grèves n’ont pas connu davantage de succès mardi 23 novembre. Le ministère de l’Éducation nationale a évoqué moins de 1% de grévistes dans les écoles, les collèges et les lycées (0,86%). Les perturbations ont été très légères dans les transports, voire inexistantes, notamment à la RATP, à la SNCF et sur les réseaux de bus des quelque 19 villes de province dans lesquelles des préavis avaient été déposés.

Les syndicats ont «tenu leur engagement»

A Paris, 3200 personnes selon la police, 9000 à 10 000 selon la CGT (28 000 le 6 novembre) ont défilé mardi, de l'Opéra à la place de la Bourse. Cette manifestation «sert à tenir un engagement que nous avons pris devant les salariés mais aussi le gouvernement: la loi sur les retraites ne met pas fin au débat et aux mobilisations sur la retraite», a déclaré le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, qui a accueilli les manifestants à leur arrivée devant le palais Brongniart, l’ancien siège de la bourse de Paris autour duquel ils devaient constituer une chaîne humaine.

Pour Annick Coupé, porte-parole de Solidaires, il s’agissait de s’inscrire dans «la continuité du mouvement social (…) La page des retraites n’est pas tournée» a-t-elle déclaré à Libération . «Cela restera durablement une question d’actualité, avec le début de la négociation sur les retraites complémentaires dès le 25 novembre, la parution des décrets de la réforme, puis le débat de l’élection présidentielle».

Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force Ouvrière, qui avait décidé de ne pas appeler à manifester, comme deux autres syndicats, a reconnu: «D'une certaine manière, on a été battus, puisque le texte a été promulgué».

Entre 2500 et 10 000 à Toulouse

A Auxerre, Sens et Tonnerre, des rassemblements avec prises de parole et pique-niques ont remplacé les manifestations.

A Toulouse, on a dénombré entre 2500 manifestants, selon la police, et 10 000, selon les syndicats. A Bordeaux, ils étaient 1500 personnes selon la police, 6000 selon les organisateurs. Ils étaient 500 à 700 à Pau, et entre 500 et 800 à Bayonne.

A Marseille, quelques milliers de manifestants se sont rassemblés devant l'Union pour les entreprises des Bouches-du-Rhône, le patronat local. Les manifestants étaient essentiellement issus du secteur public : poste, hôpitaux, raffineries, éducation.

A Lille, les syndicats ont abandonné les blocages des ronds-points et des zones industrielles pour un «pique-nique solidaire» à 11h30. Quelques centaines de manifestants ont défilé ensuite, depuis la Porte de Paris.

A Strasbourg, moins d’une centaine de personnes se sont rassemblées devant le siège de l’UMP dans le quartier de l’Elsau.

Entre 1600 et 5000 à Nantes

A Rennes, la manifestation a réuni près de 1000 personnes, place de la mairie. A Nantes, le cortège s’est arrêté devant le Medef avec quelque 5000 manifestants selon les syndicats et 1600 selon la police. A Pontivy (Morbihan) ils étaient une trentaine devant l’antenne de la chambre de commerce et environ 200 à défiler dans les rues de Brest. Il y a eu également de petits rassemblements à Vannes, Lorient, Auray, et Ploërmel.

Au Mans, ils étaient entre 1000 et 2000 à défiler tandis qu’à Angers (Maine-et-Loire) on dénombrait quelque 700 irréductibles, 200 à Saumur, une centaine à Segré et Ancenis.

A Caen, ils étaient près de 2000, et de 1000 à 2500 à Saint-Nazaire.

A Lyon, les manifestants étaient entre 3200 et 7000 derrière une banderole qui proclamait «Une autre répartition des richesses. Pour l'emploi, les salaires, les retraites».

A Grenoble, la police a comptabilisé mardi seulement 300 personnes, mais les syndicats 4000. Les manifestants étaient 400 à Roanne selon la préfecture.

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