Vous vous ennuyez en vacances? N'appelez pas police-secours !

Parce qu'elle «galérait», une ado a appelé 10 000 fois police-secours. Pour rappel, les numéros gratuits 15, 17 et 18 sont réservés aux urgences.

Parce qu'elle s'ennuyait pendant les vacances et qu'elle «galérait», une jeune fille de 16 ans n'a rien trouvé de mieux que d'emprunter le téléphone portable de sa mère. Puis elle a composé le 17, le numéro de police-secours, et elle a insulté les policiers de permanence. Pas une fois, pas dix, mais... 9817 fois! De quoi non seulement provoquer colère et lassitude chez les agents, mais aussi empêcher des personnes, en réelle difficulté, de pouvoir être secourues. C'est l'occasion de faire le point sur ces numéros d'urgence dont on abuse souvent, sans se rendre compte que l'on met de vraies victimes en péril.

878 appels le 5 août, 29 le 11 août

Jeudi 11 août au matin. Une équipe de policiers déboule dans le quartier Beauval, à Meaux (Seine-et-Marne). Ils viennent d'identifier l'origine des appels qui les harcèlent ces derniers temps. Ils proviennent du téléphone portable d'une jeune femme dont la fille de 16 ans s'ennuie à la maison. L'été est pluvieux, les copains sont partis, «elle galère». C'est l'explication qu'elle va donner aux agents de la force publique qui la conduisent au poste où elle est placée en garde à vue. Ce jeudi 11, la coupe est pleine pour les policiers: l'adolescente vient de leur passer 29 coups de fil en un quart d'heure. À chaque fois, elle libère une bordée d'injures. Quelques jours plus tôt, le 5 août, elle a appelé 878 fois!

Au fil des semaines, les policiers, patiemment, constituent un dossier volumineux: la jeune fille qui est décidément obsédée par la police et les uniformes, a harcelé au téléphone pas moins de 9817 fois les standardistes. En mai et en juin, ils sont parvenus à la localiser alors qu'elle les appelait depuis une cabine publique. Mais l'admonestation qu'elle a reçue ne l'a pas dissuadée de recommencer. Après sa garde à vue, la jeune fille a été présentée à un juge d'instruction qui a ordonné une expertise psychiatrique. Elle risque jusqu'à un an de prison et 15 000 euros d'amendes pour «appels malveillants» et «outrages à agents».

Quand appeler les numéros d'urgence?

  • Le 17, police-secours.

Si votre appel n'est pas urgent, ne composez pas le 17 mais le numéro complet, à 10 chiffres de votre commissariat. En 2010, la préfecture de police de Paris a lancé une campagne d'affichage en région parisienne pour signaler que l'année précédente, 60 % des 528 000 appels traités par le «17 police-secours » à Paris n’étaient pas des appels d’urgence. Plus de 314 000 appels auraient pu être évités!

  • Le 15, le Samu.
composer le 15, pour obtenir l'intervention d'une équipe médicale

En 2009, le «centre 15» de Paris et de la petite couronne a reçu plus de 2 millions d'appels, un chiffre qui ne cesse de croître depuis 15 ans.

  • Le 18, les pompiers.

Ce centre gère également les lignes directes avec la police ou la RATP. C'est lui qui fait partir les véhicules d’assistance et de secours à victimes, les échelles, les véhicules spécialisés en transmettant les ordres de départ aux centres de secours. En 2009, la brigade de sapeurs-pompiers de Paris a reçu plus de 1 400 000 appels. Or, plus de 14 000 d’entre-eux étaient des fausses alertes .

  • 15, 17, 18, l'inflation des appels.
Figaro

Un appel qui ressemble a celui qu'a passé récemment, en Seine-et-Marne, un jeune homme qui réclamait 1 million d'euros en prétendant avoir enlevé deux policiers . Un phénomène irresponsable qui touche également le 15 et le 18.

Désormais, notamment l'été, de nombreuses personnes téléphonent pour rompre la solitude. C'est le cas notamment de personnes âgées qui ne sont pas malintentionnées mais simplement angoissées. Il y a aussi de nombreux plaisantins qui veulent tromper leur ennui. Un petit jeu qui est aussi une incivilité et qui est passible de prison et d'une lourde amende.

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