La formation continue des enseignants aux nouvelles technologies

Quelles sont les possibilités de formation pour les professeurs ? Quelles solutions pourraient améliorer leur rapport avec l'informatique et les T.I.C. ?

Est-il nécessaire de forcer un enseignant à utiliser les T.I.C. (Technologies d’Information et de Communication) s’il ne les maîtrise pas un minimum ? Certainement pas ! A la fois, il ne se sentira pas à l’aise dans son métier, ne pourra pas en profiter de manière optimale et ne sera pas enclin à répondre aux éventuelles questions des apprenants concernant ces technologies. Une perte de temps énorme en découlera également si le moindre problème se pose, sachant que tout n’est jamais parfait en informatique et que personne n’est à l’abri d’une fausse manœuvre ou d’une erreur involontaire. L’enseignant doit être à l’aise dans sa manière de donner cours afin de rester crédible envers ses élèves. La solution est donc la formation des enseignants à ces nouvelles technologies.

Les formations continues organisées pour enseignants

Une bonne formation initiale est indispensable mais deviendrait vite inutile si d’autres formations ne suivent pas tout au long de la carrière de l’enseignant. Les nouvelles technologies se développent et évoluent tellement vite, qu’il est préférable que l’enseignant soit toujours « à la page » de ce que le monde des T.I.C. peut offrir dans le monde scolaire. Imaginons seulement qu’aujourd’hui un professeur n’ait été formé qu’à l’utilisation de Windows 3.1…

En Wallonie (Belgique), par exemple, il existe bien des formations organisées, mais le problème est identique que pour la formation initiale : elles sont encore peu nombreuses et trop peu poussées. D’ailleurs, la plupart de celles-ci se font plutôt sous forme de conférence plutôt que de formation pratique. De plus, elles ne sont que très rarement obligatoires. Libre donc aux enseignants de s’y inscrire ou pas. A savoir également qu’elles sont souvent organisées lors de vacances scolaires, ce qui ne motive pas vraiment la plupart d’entre eux…

Il est donc clair que ces formations continues, telles qu’elles sont proposées à l’heure d’aujourd’hui ne sont pas non plus le déclic attendu pour déclencher l’envie, chez l’enseignant, de bouleverser ses méthodologies d’apprentissage grâce aux nouvelles technologies.

La formation autonome ou extérieure

Les formations organisées spécifiquement n’étant pas suffisamment profitables, l’enseignant est donc actuellement amené à se former par lui-même à ces technologies. S’il est déjà habitué à celles-ci, par intérêt personnel, il est gagnant sur toute la ligne. Toutefois, si ce n’est pas le cas, il a tout intérêt à soit suivre une formation externe, soit tenter de s’habituer à ces technologies en les découvrant par lui-même… mais tout cela demande évidemment du temps et parfois de l’argent. Nous revenons donc sur la problématique de la motivation réelle de l’enseignant à apprivoiser ces technologies.

Quelques pistes de solutions pour contrer ce problème de formation…

Tout d’abord, augmenter les séminaires et campagnes de sensibilisation à l’adoption des nouvelles technologies dans l’apprentissage des langues, en montrant ce qu’il est possible de faire et ce que cela peut apporter à la fois aux professeurs mais aussi aux élèves. Des expériences pratiques doivent être proposées afin d’ouvrir les yeux des enseignants et de leur prouver que les avantages des T.I.C. sont réels.

Ensuite, proposer (voire imposer…) des formations pratiques afin que les enseignants se familiarisent avec les outils informatiques, acquièrent une certaine confiance et testent eux-mêmes les possibilités. Ces formations doivent être promues comme de véritables aides à l’enseignement et non comme contraignantes et décourageantes. C’est certainement la solution qui aura la plus grande influence et les résultats les plus rapides.

Il serait également intéressant de proposer aux enseignants de la documentation gratuite, des aides en ligne, des tutoriels, … sur les T.I.C. et leurs réelles possibilités : imposer, par exemple, une adresse e-mail où ils pourraient recevoir des informations pédagogiques ou autres (horaires de cours, attestations, propositions de formation, avis, …). Il faut évidemment que ces informations ne soient disponibles qu’en ligne, et ce exclusivement, afin qu’ils soient obligés d’utiliser ces techniques et de s’y familiariser.

L’apport des communautés virtuelles

Enfin, une autre idée serait de favoriser les communautés virtuelles d’enseignants permettant un échange d’expériences, d’idées et la réalisation de projets communs tout en utilisant les outils informatiques. Un exemple de ce genre de communauté est visible sur http://www.enseignons.be/ Cela consiste en un centre de partage de ressources pédagogiques et d’un forum en ligne destiné aux enseignants. C’est une possibilité qui ne demande qu’à se développer. Toutefois, un reproche peut être fait : quiconque peut s’y inscrire (enseignant ou pas), ce qui ne motivera pas forcément les enseignants à parler librement de leur métier…

Si le sujet vous intéresse, vous pouvez retrouver des informations complémentaires concernant les relations entre les enseignants et les nouvelles technologies , ainsi que la place des nouvelles technologies dans nos écoles .

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