Apprendre à piloter

Le parcours d'apprentissage et les conditions pour apprendre à piloter des avions et réaliser un rêve de gosse!
03 Jan
11

Apprendre à piloter est un rêve de gosse qui paraît inaccessible à beaucoup d'adultes et qui est pourtant à la portée de tous. Loin des appareils militaires très exigeants ou des avions de ligne complexes, le pilotage des avions est quelque chose de relativement simple et dont la pratique est très gratifiante et de nombreux types d'avions sont disponibles pour les pilotes privés pour différents genres d'activités.

Pour y arriver, il faut commencer par obtenir le brevet de pilote privé, officiellement appelé PPL (Private Pilot License) depuis l'harmonisation des procédures aéronautiques au niveau européen.

A la différence des licences professionnelles, la licence de pilote privé est ouverte à tous, moyennant un certain nombre de conditions et de moyens, bien entendu.

L'âge et la condition physique

Il est possible de commencer à apprendre à piloter dès l'âge de 15 ans et l'on peut passer la licence dès l'âge de 17 ans.

Il n'existe pas de limite d'âge supérieur, tant qu'on est physiquement et mentalement apte au pilotage.

Au niveau médical, il faut passer une visite spéciale, dont le coût est d'une trentaine d'euros auprès d'un médecin agréé en médecine aéronautique. La liste de ces médecins, selon la région on l'on habite, est disponible à l'adresse suivante:

http://www.developpement-durable.gouv.fr/Aptitude-medicale.html

Les conditions sont loin d'être trop exigeantes ou drastiques, et il n'est pas nécessaire d'être un sportif accompli pour piloter. Une condition physique normale, sans addictions ou excès importants et sans antécédents médicaux lourds, permet d'obtenir l'aptitude médicale dite "de classe 2" (la classe 1 étant réservée aux professionnels et étant nettement plus exigeante).

Contrairement aux préjugés, on peut piloter avec des lunettes, tant que la déformation visuelle n'est pas trop importante. Comme pour le permis de conduire, le port des lunettes pour le pilotage est inscrit sur la licence et devient obligatoire. Des limitations peuvent aussi être imposées, comme l'interdiction du vol de nuit, par exemple.

Bref, la très grande majorité des humains ont d'ores et déjà la condition physique nécessaire pour être pilote privé.

L'administratif

Pour entamer sa formation de pilote, il faut se rendre à l'aéro-club le plus proche de son domicile. La liste des aéro-clubs, ainsi que nombre d'autres informations utiles est disponible sur le site de la Fédération Française Aéronautique:

http://www.ff-aero.fr

L'inscription dans un aéro-club coûte entre 150 et 250 euros selon les aéro-clubs. Ce tarif comprend la cotisation au club, comme dans n'importe quelle association et la licence-assurance auprès de la Fédération Française Aéronautique. La licence est obligatoire et permet d'assurer l'activité aérienne en cas d'accident.

Il faut également acheter le "package" de l'elève-pilote, Manuel du Pilotage, Dossier de progression et carnet de vol, le tout pour une centaine d'euros.

Pour ceux qui en ont les moyens, il peut être agréable d'acheter son propre casque de radiocommunication, dont le premier prix est aux alentours de 150 euros mais les aéro-clubs disposent tous de casques à la disposition des élèves-pilotes.

Le premier vol

Une fois inscrit et les papiers remplis, il faut se rapprocher d'un instructeur, souvent bénévole mais parfois rémunéré. Le premier vol est un vol d'initiation qui permet surtout de prendre conscience des sensations physiques du vol en avion. Le mal de l'air est assez courant, mais dans le cas d'une personne normalement constituée, il disparait tôt ou tard dans la formation. L'élève-pilote prend tout de même les commandes pendant le premier vol, pour commencer à comprendre comment l'avion agit et réagit.

La théorie

La théorie est très importante dans l'apprentissage du pilotage et est sanctionnée par un examen théorique passé dans un centre d'examens de la Direction Générale de l'Aviation Civile. Cet examen théorique est nécessaire pour prétendre passer les épreuves pratiques. Ces épreuves théoriques sont de type QCM et portent sur 5 modules: Règlementation, Principes du Vol, Préparation du vol, Communications, Facteurs Humains. Il faut obtenir un minimum de 75% de bonnes réponses pour obtenir le théorique et il est possible de repasser uniquement les épreuves ou l'on a échoué.

L'apprentissage théorique peut se faire de diverses manières. Certains aéroclubs proposent des cours théoriques réguliers. Dans d'autres cas, c'est l'instructeur qui fera un rappel théorique avant un vol. Dans tous les cas, le travail personnel est essentiel et incontournable.

Le pilotage

Les premières heures de l'apprentissage en vol seront concentrées sur le pilotage proprement dit. Le décollage, la montée, le maintien en palier, les virages, le vol à différentes vitesses, l'atterrissage. L'élève-pilote va passer en moyenne une quinzaine d'heures de vol à faire ce que l'on appelle des "tours de piste", c'est-à-dire un circuit autour de la piste comprenant un décollage, une montée à une vitesse donnée, la mise en palier et les virages à une altitude donnée, la maîtrise de la vitesse sans perte d'altitude, la descente à vitesse maîtrisée, l'alignement sur l'axe de piste, l'atterrissage à une vitesse donnée. Le "tour de piste" synthétise les principaux principes du vol et il est coutumier de dire que celui qui maîtrise le "tour de piste" maîtrise le pilotage. Une fois que le "tour de piste" est maîtrisé, après une moyenne de 15 h de vol, l'élève-pilote pourra être "lâché", c'est-à-dire qu'il fera son premier vol seul dans l'avion. Ce premier vol sera un unique tour de piste seul mais en liaison radio avec l'instructeur au sol.

La navigation

Une fois que le pilotage est maîtrisé, il faut entreprendre le vol en campagne, c'est à dire la navigation. Pendant une trentaine d'heures, l'élève-pilote apprendra à s'orienter et à naviguer dans l'espace aérien, à dialoguer avec les organismes de contrôle et tout simplement à voyager d'un aérodrome à un autre en toute sécurité. Pour la navigation, il est essentiel de bien connaître la météorologie, les notions de carburant et de centrage, les règles de circulation aérienne ainsi que les méthodes d'approche des différents types d'aérodromes. L'apprentissage de la navigation est conclu par un vol en solo d'une distance minimale de 150 milles nautiques, c'est à dire près de 300 km, avec des atterrissages obligatoires sur deux aérodromes différents de celui du départ.

Les procédures d'urgence

Les procédures d'urgence sont une part importante et capitale de l'apprentissage. L'élève apprendre à réagir en cas de pannes au décollage, de pannes en vol et de pannes à l'atterrissage. Ainsi, il apprendra à changer de route et de destination pour se poser au plus vite sans se mettre en danger ou mettre en danger son environnement. Il apprendra à se poser en catastrophe avec une méthode éprouvée qui limitera les risques. Il apprendra aussi à redresser son avion et à reprendre le contrôle.

L'épreuve pratique

Pour se présenter à l'épreuve pratique du PPL, outre la réussite à l'épreuve théorique, il faut justifier d'un minimum de 45 heures de vol dont 10h en solo, avoir accompli le vol de 150 milles nautiques et avoir réalisé suffisamment d'atterrissage en solo. Seul l'instructeur est habilité à présenter un élève à l'examen pratique et l'instructeur engage sa responsabilité sur le niveau de préparation de l'élève. L'épreuve se déroule en près de 3 heures et est validée par un examinateur en vol agréé par la DGAC. Ce vol d'examen permet de vérifier la maîtrise du pilotage, par une série d'épreuves imposées par l'examinateur et la maîtrise de la navigation, par une navigation sur deux aérodromes différents. Une importante partie de l'épreuve sera constituée par des tests de procédures d'urgence et il faut garder à l'esprit, de manière générale, que l'attitude du candidat par rapport à la sécurité sera déterminante.

La prudence, l'humilité, une attitude réfléchie et posée seront jugées plus importantes que le talent de pilote.

Durée et coût

Si le minimum légal pour se présenter à l'examen est de 45 heures de vol, la moyenne nationale se situe davantage aux alentours de 60-70 heures. Suivant les aéro-clubs, le prix de l'heure de vol est variable mais, en moyenne, il se situe près de 100 euros. Il faut donc compter un budget minimum de 7000 euros, en comptant les frais d'inscription et les fournitures nécessaires.

Peu d'élèves ayant une telle somme à disposition et le vol étant conditionné par la météorologie, la durée de l'apprentissage est très variable. Un bon rythme d'apprentissage est d'un vol ou deux par semaine, si possible. A ce rythme, l'apprentissage dure en moyenne une année entière. Cette durée relativement longue est aussi nécessaire à l'assimilation d'une mentalité et d'une culture particulières inhérentes au vol.

Après les leçons, le plaisir

Une fois le PPL en poche, le nouveau pilote ne fait qu'aborder tout ce que l'aviation lui réserve. Avec le PPL, il peut voyager, faire des vols avec des amis et prendre beaucoup de plaisir en altitude. Tant qu'il reste dans les limites du vol VFR (Visual Flight Rules: Règles de Vol à Vue), de la règlementation et de la sécurité, le pilote peut envisager beaucoup de choses très variées. Voyages à plusieurs, rallyes, compétitions de navigation ou de pilotage de précision, et ainsi de suite.

Mais le PPL est aussi la première étape pour ceux qui envisagent une carrière de pilote. Après une période de murissement en vol, le jeune pilote pourra entreprendre un apprentissage professionnel qui peut le mener aux commandes de l'Airbus A380.

Mais ceci est déjà une autre histoire!

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