La guerre aérienne dans le Pacifique 1941-1945

Les affrontements aéronavals entre Japonais et Américains consacrent la supériorité de l'aviation navale sur la marine traditionnelle.
21 Déc
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Dans le Pacifique, les Japonais subissent de plein fouet les effets de l’embargo américain sur les produits pétroliers, décidé par la Maison Blanche pour affaiblir la puissance de l’Axe. Afin de forcer les Etats-Unis à continuer les exportations de pétrole et pour briser leur capacité d’action dans le Pacifique, les Japonais décident d’anéantir en un seul raid la flotte américaine du Pacifique. Le 7 décembre 1941, les cuirassés américains à Pearl Harbor sont détruits ou mis hors de combat par l’aviation embarquée japonaise. L’exploit avait cependant déjà été réalisé par les Britanniques quelques mois plus tôt contre la flotte italienne dans le port de Tarente.Cette attaque, qui scelle le sort de la marine de guerre traditionnelle, incapable de tenir tête à la puissance aérienne, donne également la clef des affrontements futurs dans le Pacifique.

L'émergence de la guerre aéronavale

C’est une guerre aéronavale, par porte-avions interposés, qui décidera du dénouement du conflit. Bien que très semblable dans ses principes à la guerre aérienne, la guerre aéronavale obéit à des règles différentes puisque la maîtrise du ciel naval peut être obtenue en coulant les portes avions, même si l’aviation navale ennemie n’est pas battue. Alors que la maîtrise du ciel terrestre ne peut être obtenue que par une campagne aérienne de longue haleine contre l’ensemble du dispositif aérien ennemi, des attaques solitaires contre les porte-avions ennemis peuvent renverser le cours de la bataille aéronavale. C’est ce qui se passe durant l’été 1942, lors de la bataille de Midway. Bien qu’en infériorité tactique certaine lors des affrontements aériens avec la chasse japonaise, les Américains remportent la victoire en coulant trois des quatre porte-avions japonais impliqués au prix de la perte d’un seul des leurs. Privés de leurs bases, les avions japonais ne pouvaient que s’abîmer en mer, laissant les Américains maîtres de l’archipel des Midway et du Pacifique Nord. La guerre aéronavale dans le Pacifique peut se résumer à la capacité des adversaires à protéger et éventuellement à renouveler leurs porte-avions tout en attaquant efficacement les porte-avions ennemis. Au cours de batailles terribles, Guadalcanal, Leyte, Coral Sea et en mer du Japon, la stratégie aéronavale américaine dans le Pacifique sera de parvenir à conquérir la maîtrise aérienne et terrestre d’îles suffisamment proches du Japon pour pouvoir y établir des bases d’aviation susceptibles de permettre la mise en place d’une réelle stratégie de puissance aérienne. Ce sera chose faite dès l’été 1944 avec la conquête de l’île d’Okinawa qui accueillera les bombardiers stratégiques B-29 SuperFortress et leurs escortes de chasseurs qui mettront le Japon à genoux sans qu’il ait été nécessaire de débarquer des forces terrestres au Japon.

Guerre atomique

Les Américains appliquent les mêmes principes de bombardement qu’en Europe mais face à l’opiniâtreté de la résistance nippone, les Américains tentent de briser le moral japonais par des attaques spectaculairement meurtrières sur la population japonaise. Un bombardement incendiaire sur Tokyo réduit la capitale japonaise en cendres et fait même davantage de victimes que les bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki en août 1945. Grâce à ces bombardements atomiques, l’aviation devient l’arme stratégique absolue en alliant une capacité à atteindre n’importe quel point de la terre et une capacité de destruction humaine et matérielle totale.

Le Japon capitule sans condition quelques jours après la destruction atomique de Nagasaki. La Seconde Guerre mondiale s’achève en consacrant l’aviation comme l’arme stratégique par excellence.

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