L'aviation militaire durant la Seconde Guerre mondiale 1939-1940

Les deux premières années de la Seconde Guerre mondiale voient des affrontements majeurs entre la Luftwaffe, la RAF et l'Armée de l'air.
21 Déc
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Le 1er septembre 1939, l’armée allemande (Wehrmacht) entre en Pologne sur des prétextes mensongers d’agression polonaise. Appliquant un principe de coopération active entre l’aviation et les forces blindées, les Allemands progressent vite devant des troupes polonaises harcelées par une aviation qui empêche également toute intervention efficace de la modeste et obsolète aviation polonaise. Après trois semaines de combats valeureux des Polonais, les Allemands atteignent Varsovie qui tombe le 27 septembre. La capitulation de la Pologne est acquise d’autant plus rapidement qu’elle est attaquée à l’est par l’URSS qui avait conclu secrètement un accord de partage de la Pologne avec l’Allemagne.

L'aviation française en première ligne

La France, qui a déclaré la guerre à l’Allemagne pour soutenir son alliée, la Pologne, se place en état de guerre mais n’attaque pas. Une courte avancée dans la Sarre pose plus de problèmes aux Français qu’elle n’inquiète les Allemands et les Français se replient derrière la ligne Maginot qu’ils jugent infranchissables. Commence alors une drôle de guerre ou des escarmouches au sol et de rares mais violents combats aériens troublent la tranquillité de l’hiver 39-40, particulièrement froid et éprouvant pour les troupes françaises stationnées le long de la frontière. Pour l’armée de l’air, la guerre a bien commencé puisque plusieurs dizaines d’avions sont abattus de part et d’autre entre septembre 1939 et mai 1940. Ces quelques combats aériens prouvent que malgré leur infériorité technique et tactique, les Français peuvent tenir tête à la puissante aviation allemande. L’armée de l’air reçoit également le concours d’un corps expéditionnaire de la Royal Air Force qui aligne plusieurs centaines d’avions de chasse et de bombardement moyen sur le sol français.

L'attaque allemande à l'ouest

Le 10 mai 1940, à 5 heures de matin, l’aviation allemande bombarde les terrains d’aviation néerlandais, belges, français et britanniques en France. L’offensive commence et les Allemands privilégient la conquête du ciel dans les premières heures de la bataille. Les Messerschmitt 109 effectuent près de 4 vols de guerre par jour et assurent une couverture maximale du ciel, à partir duquel les «Stukas» d’assaut et les Heinkel III de bombardement tactique grignotent la résistance. Les Allemands expérimentent les opérations aéroportées aux Pays-Bas, où des parachutistes sécurisent les grands ports néerlandais, et en Belgique ou des parachutistes transportés par planeurs font tomber en quelques heures la clé de voûte de la défense belge.

La suprématie allemande

La prise de contrôle du ciel par l’aviation allemande n’est que très sporadiquement remise en question. L’aviation néerlandaise parvient à gêner le transport aérien allemand mais les Pays-Bas s’effondrent en 5 jours. Les aviations française et britannique parviennent à combattre mais doivent constamment changer de bases sous la pression allemande. Très tôt dans le conflit, l’armée de terre demande aux aviateurs de se concentrer sur la bataille terrestre au prix de nombreuses pertes inutiles. Trois vagues, une belge, une britannique et une française tentent de détruire les ponts sur le canal Albert par lesquelles les Allemands se déversent en Belgique et contournent la ligne Maginot. Plusieurs dizaines d’avions seront abattus par la chasse ou la défense anti-aérienne allemande, sans que les ponts soient détruits, et les différentes escortes de chasseurs seront sacrifiées en vain.

Parallèlement à l’attaque en Belgique, des divisions blindées allemandes débouchent de la forêt des Ardennes, à un endroit où personne ne les attendait, malgré les avertissements répétés de l’aviation de reconnaissance qui avait survolé à plusieurs reprises les colonnes ennemies. Prenant en tenaille les Français, les Britanniques et les Belges qui combattent en Belgique, les colonnes blindées allemandes précipitent la capitulation belge qui a lieu le 28 mai et l’évacuation des troupes britanniques à Dunkerque. A partir du 5 juin 1940, désormais seule face à la puissance allemande, la France tente de résister au nord de Paris mais ses capacités sont faibles.

La vaine résistance de l'armée de l'air française

Depuis le 14 mai, un nouveau chasseur a fait son apparition dans l’armée de l’air. Le Dewoitine 520 qui, à la hauteur des Messerschmitt allemand, fait merveille. Il est cependant en nombre trop réduit pour avoir une réelle influence sur la bataille. Constamment sollicités par l’armée de terre, les aviateurs français ne se concentre pas sur la maîtrise du ciel et sont progressivement repoussés par des Allemands globalement mieux équipés et plus nombreux. Malgré leur avantage, les Allemands ne parviennent pas à détruire l’aviation française qui, paradoxalement, se renforce en cohérence opérationnelle. L’armée de l’air s’oppose toujours en bloc au déferlement allemand alors que l’armée de terre n’est plus qu’un amas de résistances locales sans cohérence, sans commandement et sans matériel. L’armistice, demandé le 17 juin par le Maréchal Pétain, n’arrête pas les combats aériens qui se poursuivent même au-delà de la signature effective de l’armistice le 25 juin. Au début du mois de juillet, toute résistance s’arrête graduellement devant l’ampleur du désastre. Paris est tombé le 14 juin et les Allemands ont atteint Lyon dans l’est et Angoulême dans l’ouest. Tout au long des deux mois de guerre, l’aviation allemande a perdu 1400 avions dont 500 à 800 sont à mettre à l’actif de l’armée de l’air.

La Bataille d'Angleterre

Après quelques semaines de répit, les Allemands tournent leur attention vers la Grande-Bretagne dans l’espoir de l’amener à conclure la paix. Mais le premier ministre Winston Churchill, farouche adversaire du nazisme, s’y oppose et à la fin du mois de juillet, la Luftwaffe commence à attaquer des convois anglais dans la Manche. L’objectif allemand est de débarquer en Angleterre et de soumettre le gouvernement. Pour permettre le débarquement, une maîtrise parfaite du ciel est nécessaire. Début août, la Luftwaffe mène des raids de plus de 600 avions contre les bases de chasseurs britanniques. Bombardée par les Heinkel III et pourchassée par les Messerschmitt, la Royal Air Force résiste à 1 contre 10 au prix de lourdes pertes. Heureusement pour les Britanniques, les chasseurs allemands qui décollent des côtes françaises ne disposent que de vingt minutes pour le combat aérien au-dessus de l’Angleterre et doivent ensuite rentrer en France. Les bombardiers allemands sont alors à la merci des fameux «Spitfire» britanniques qui leur infligent de lourdes pertes.

L'erreur allemande

Alors que la Royal Air Force est sur le point de s’effondrer sous les bombardements et les pertes, Winston Churchill décide un bombardement de la ville de Berlin qui a lieu dans la nuit du 24 au 25 août 1940. Bien qu’il n’ait pas causé de lourds dommages, ce bombardement rend les Allemands furieux et les incite à changer d’objectif. Au lieu de poursuivre la destruction systématique de la chasse britannique, les Allemands décident de bombarder les villes anglaises. Malgré les ravages qu’il cause dans la population britannique, ce revirement de tactique permet à la Royal Air Force de reprendre pied et de se renforcer. Libre de la pression allemande, l’aviation britannique peut prendre l’avantage tactique sur la chasse allemande réduite au rôle d’escorte. A la fin du mois de septembre, les chasseurs britanniques, sans avoir la supériorité aérienne absolue, gênent de façon décisive les bombardements allemands, à tel point que ceux-ci renoncent à débarquer en Grande-Bretagne et réduisent leur dispositif offensif. La Bataille d’Angleterre s’achève en vérifiant à nouveau un principe essentiel: la maîtrise du ciel est un préalable essentiel et incontournable à toute issue stratégique. Pour avoir abandonné la conquête du ciel britannique, les Allemands ont perdu leur liberté d’action sur la Grande-Bretagne.

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