L'aviation pendant la Guerre des Six Jours

La guerre des Six Jours entre Israël, la Syrie, l'Egypte et la Jordanie commence par une magistrale attaque aérienne israélienne.
22 Déc
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En 1967, l’Etat d’Israël existe depuis tout juste 19 ans et il a déjà connu deux guerres victorieuses. La présence israélienne au Proche-Orient est très mal vécu par ses voisins arabes, au premier rang desquels l’Egypte du colonel Nasser qui veut être le leader du monde arabe unifié contre l’Etat d’Israël en Palestine. Au début de l’année 1967, Israël et les pays arabes montent graduellement en pression jusqu’à ce que la menace d’une guerre imminente n’incite Israël à déclencher préventivement les opérations.

Une attaque éclair

Le 5 juin 1967, les chasseurs-bombardiers israéliens décollent de leurs bases et contournent l’Egypte par la Méditerranée, dans un silence radio absolu et à très basse altitude. Ils débouchent à 7h45 du matin au-dessus des bases égyptiennes depuis le nord et l’ouest, alors que les radars et les systèmes de détection égyptiens sont orientés vers l’est et la frontière avec Israël. Les opérateurs radars n’ont rien vu venir et c’est exactement l’heure où les servants des batteries anti-aériennes relâchent leur surveillance et où le personnel des bases rejoint son service. Depuis quelques jours, qui plus est, les avions égyptiens sont tous alignés sur leurs bases pour des inspections d’état-major. Les avions israéliens détruisent en quelques minutes l’essentiel de l’aviation égyptienne, dont plusieurs dizaines de Mig 21 flambants neufs.

Bascule des forces

Quelques heures seulement après l’attaque sur l’Egypte, les avions israéliens re-décollent vers la Jordanie, dont ils pulvérisent la faible aviation avant de se diriger contre la Syrie qui n’a pas encore été informée des attaques contre ses alliés. Après des attaques aussi violentes et aussi inattendues que contre l’Egypte, l’aviation syrienne voit deux tiers de son aviation de combat réduite en fumée. Durant les cinq jours de guerre restant, les Israéliens s’emparent du Sinaï, de Jérusalem-est, de la Cisjordanie et du plateau du Golan sur la frontière syrienne. Les rares vols des avions arabes se soldent par des pertes certaines contre une aviation israélienne qui reste maître absolu du ciel sur tout le Proche-Orient et qui peut également intervenir dans la bataille terrestre. Le 11 juin 1967, les armées arabes sont en ruines et Israël s’est doté de zones de sécurité face à chacun de ses ennemis directs. La maîtrise du plateau du Golan élimine durablement une menace syrienne constante sur le nord du pays.

Israël maître du ciel

La guerre des six jours se solde par une écrasante défaite de la Syrie, de la Jordanie et de l’Egypte qui n’ont jamais été en mesure de prendre l’initiative ou de renverser la situation générale. Cette guerre montre, de façon éclatante, l’importance stratégique de la maîtrise du ciel puisque, sans aviation les alliés arabes n’ont pu que subir la volonté militaire israélienne. La maîtrise du renseignement, associée à la parfaite maîtrise des capacités de l’arme aérienne et à une grande créativité tactique, permet aux Israéliens de remporter une victoire qui fera cas d’école pour les penseurs de la puissance aérienne au niveau international.

Il faut noter que l’aviation israélienne, en 1967, est composée très majoritairement d’avions français de type Mirage III, Mystère IV, Vautour, Super Mystère B2 et Ouragan. Les Israéliens disposent également de Fouga Magister et de Noratlas de conception française.

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