Cantines et allergies: du nouveau dans les assiettes

Très difficiles à gérer au quotidien, les allergies alimentaires toucheraient près de 8% des petits Français.

Près de 3% de la population française souffre aujourd’hui d’allergies alimentaires. Pire encore, près de 8% des enfants de l’Hexagone en souffriraient au quotidien, et ce, depuis leur plus jeune âge. Et ces données sont en constante augmentation ces dernières années. Autant dire que, pour ces derniers et leurs parents, les cantines scolaires sont trop souvent encore des lieux quasi inaccessibles.

Ainsi, nombre de ces loupiots étaient obligés de manger à la maison ou chez une tierce personne, conséquence directe d'un refus d'accueil quasi général dans de très nombreuses structures. Pas toujours facile quand on connaît le peu de temps dont disposent aujourd'hui les écoliers du temps de midi – parfois moins d'une heure dédiée au repas.

Pourtant, depuis quelques années, des solutions existent, ainsi que des lois et des règles qui ne sont pourtant pas toujours appliquées. On insistera par exemple sur le fait que, depuis 1999, les établissements scolaires sont tenus d’accueillir les enfants allergiques. Une première étape. La pathologie est en effet aujourd’hui considérée comme une maladie de longue durée à part entière n’empêchant pas la scolarisation mais devant faire l’objet de ce que l’on appelle un projet d’accueil individualisé (PAI), au même titre que d'autres handicaps.

Des obligations rarement appliquées malgré la loi

Il s'agit ici d'un dispositif mis au point à la demande de la famille de l'enfant concerné qui fait intervenir le médecin scolaire et l’allergologue suivant le jeune malade. Il est depuis possible d’inclure l’allergie dans la longue liste des maladies chroniques, d’autoriser la prise de médicaments dans l’enceinte de l’école et surtout d’encourager les mairie et restaurants scolaires à accepter les paniers repas apportés par les parents. La cantine doit alors s’engager à conserver le plateau repas et réchauffer les plats.

Des obligations qui paraissent toutefois très contraignantes pour les personnels des structures concernées et qui restent ainsi rarement appliquées malgré la loi et le désarroi dans lequel sont souvent plongées les familles.

Mais, depuis 2004, une nouvelle circulaire permet aux projets d'accueil personnalisés d’être également appliqués dans tous les lieux périscolaires (cantines, cours de récréation, salles de sport, garderies et accueils de loisirs…). Il est ainsi plus facile d’aménager les menus et de pouvoir mieux informer le personnel scolaire sur la maladie et sur les traitements à apporter en cas d’urgence. Mais la solution à appliquer dans les écoles n’a encore pas été trouvée. Une affaire à suivre de près donc…

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