Jeunesse et homosexualité

Être jeune, ce n'est pas facile. Être jeune et homosexuel l'est encore moins... Et si l'on brisait les tabous sur ce sujet?

Pas toujours facile d’être un ado bien dans sa peau. Entre dépendance à l’égard des parents et désir de liberté et de pouvoir sur sa vie, l’adolescence se déroule rarement sans heurts ni déchirements. Les changements auxquels le jeune doit faire face sont nombreux. Un nouvel équilibre doit être instauré en construisant une identité propre, en se socialisant avec d’autres gens extérieurs au noyau familial et en développant son autonomie.

Non seulement le chemin à parcourir est déjà sinueux, mais il le devient davantage encore lorsque l’ado découvre qu’il a une attirance sexuelle pour les personnes de son propre sexe. Trois étapes difficiles s’ajoutent ainsi à la liste déjà longue des obstacles à franchir au cours de l’adolescence: découvrir, accepter et affirmer son homosexualité. Une tâche d’autant plus difficile que les parents sont rarement homosexuels. Le jeune ne dispose ainsi que très rarement de modèles sexuels identificatoires.

À cela s’ajoutent les perceptions sociales et négatives de l’homosexualité. Par peur du rejet, l’adolescent est incité à s’isoler et à se marginaliser. Il n’est pas rare qu’un jeune homosexuel tombe dans la dépression, l’alcoolisme ou encore toute forme de toxicomanie. A noter que le taux de suicide est bien plus élevé chez les homosexuels que chez les hétéros.

Dépression, isolement et même suicide

Mais certains parviennent à briser leur isolement en pratiquant ce que l’on appelle une sexualité anonyme (rencontres par Internet, chat téléphonique…). Sans se connaître réellement, les jeunes partagent ainsi une relation la plupart du temps sans lendemain qui n’est évidemment pas sans risques (cf. infections sexuellement transmissibles ou IST).

Par ailleurs, ces pratiques ne semblent pas très épanouissantes. Alors, peut-on être homo et heureux? Une étape s’impose en premier lieu. Il s’agirait avant tout de partager son «tendre drame» avec une ou plusieurs personnes de confiance. Ensuite, il semble nécessaire de transmettre des messages plus positifs et réels sur la réalité de l’homosexualité. Ceci pourrait ainsi amener la population, et les parents en particulier, à mener une réflexion personnelle afin de briser leurs propres tabous.

Malgré tout, un «coming out» n’est pas toujours une partie de plaisir, ni pour l’ado ni pour ses parents. Entre choc et crainte pour l’avenir, avouer son homosexualité peut changer à jamais une vie de famille. Reste que, après toutes ces étapes franchies, le jeune en sortira plus fort, plus grand. Il aura appris à se connaître, à être mieux avec lui-même, bref, il sera prêt à entrer dans la vie adulte.

Insistons également sur le fait que le jeune homosexuel trouvera certes de nombreux obstacles sur son chemin, mais aussi de nombreux soutiens. Quelle chance de reconnaître ses véritables amis!

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