Le système éducatif français loin de la mention ?

Le système scolaire français révèle de fortes disparités entre les écoliers issus de familles aisées et les autres. Quel mauvais élève !

Pour un bout de temps, cela en fait un bon que l’on parle de l’égalité des chances à l’école ! Et pourtant… déjà qu’il n’est pas facile de mettre le doigt sur la bonne orientation ; c’est encore bien pire lorsque le système scolaire français révèle de fortes disparités entre les élèves issus de familles aisées et les autres.

Or, le système éducatif français prétend assurer l’égalité des chances. En effet, quelle que soit leur origine, sociale ou autre, nos charmantes têtes blondes et brunes sont dans l’obligation de recevoir une éducation jusqu’à 16 ans.

Jusque là, tous égaux. Là où les choses se corsent, c’est quand on parle de processus d’orientation. Processus intervenant à trois niveaux :

  • en fin de troisième après le brevet,
  • en fin de seconde,
  • et enfin, après le bac, ce précieux sésame !

Un système inégalitaire

D’aucuns diront ce qu’ils voudront mais il faut avouer que l’école traite moins bien les enfants les moins favorisés ! D’ailleurs, une étude menée par l’Education nationale elle-même l’an dernier a démontré que les enfants issus des classes aisées étaient nettement avantagés. Ainsi, enfants de cadres et autres professions dites « intellectuelles » sont majoritaires dans la filière S qualifiée de « plus prestigieuse » tandis que les enfants d’ouvriers déambulent en majorité dans les filières professionnelles et technologiques. Du coup, ils sont beaucoup moins nombreux à atteindre le bac. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir tenter d’enrayer le processus. Programme personnalisé de réussite, équipes de réussite éducative et autres collèges ambition réussite mis en place depuis 2006, les gouvernants y croyaient dur comme fer ! Mention passable toutefois pour ces dispositifs qui ne semblent pas modifier la tendance. Patience et longueur de temps donc en attendant la suppression de la carte scolaire. Pour l’heure on peut maintenir le vieil adage « fils de prolo tu es, prolo tu seras » ! A bon entendeur…

Elèves naufragés cherchent bouée de sauvetage...

En auraient-ils marrent de l’école nos jeunes Français ? Peut-être bien que oui ! Car chaque année, les collégiens sont près de 100 000 à faire l’école buissonnière ! Et d’année en année, ils sont de plus en plus nombreux à sécher les cours. A cela, il faut ajouter près de 60 000 élèves qui abandonnent l’école annuellement en France selon une étude également menée par l’Education Nationale. Un phénomène qui intervient dès l’âge de 14 ans et qui touche plus particulièrement les jeunes scolarisés dans des établissements professionnels. On l’a dit précédemment, l’absentéisme dit « lourd » - cinq jours par mois – serait l’apanage de 100 000 collégiens. On peut donc parler ici de descolarisation véritable. Ces derniers ont en moyenne de 16 à 20 ans et ne se sentent donc plus « obligés » de suivre une éducation. Souvent, le phénomène fait également suite à un sentiment de dégoût de la part de l’élève (manque de soutien, difficultés d’apprentissage, ennui…)

De plus en plus nombreux à sécher les cours

Mais là encore, il est à préciser que la majorité de ces situations de désengagement touchent les élèves issus des classes populaires. Manque de soutien scolaire, manque de soutien familial, le cocktail semble aboutir bien trop souvent à une sortie prématurée du système scolaire. Ce qui veut dire que ces jeunes sans diplômes ni qualifications se retrouveront hors circuit traditionnel, seront marginalisés et reproduiront malheureusement souvent familialement le même schéma dans l’avenir, schéma que reproduira probablement leur descendance. CQFD, la boucle est bouclée. Ici point de pessimisme mais du réalisme. Alors, bonne note pour l’égalité des chances ?

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