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VALÉRIE DOUNIAUX

Publié dans : Les articles Culture de Valérie Douniaux

Noirs d'Encre, Regards Croisés, Hartung et les peintres chinois

La nouvelle exposition de la Fondation Baur de Genève met face à face Hans Hartung et des représentants du New Ink Painting chinois

Organisée en collaboration avec le Cabinet d’arts graphiques du Musée d’art et d’histoire de Genève et des collectionneurs privés, cette nouvelle exposition de la Fondation Baur confronte des peintures d’artistes du mouvement chinois du New Ink Painting à des lithographies de l’artiste allemand naturalisé français Hans Hartung (1904-1989), qui fut l’un des maîtres de l’art abstrait expressionniste européen.

Le New Ink Painting, un courant chinois explorant de manière neuve les techniques traditionnelles

Les artistes chinois présentés dans l’exposition (Chu Ke, Fung Ming Chip, Hsiao Chin, Lee ChunYi, Lee Shi Chi, Li Huasheng, Li Huayi, Lü Shou Kwan, Liu Guo Sung, Shen Fan, Wucius Wong et Yan Yangping) sont tous de renommée internationale. Le New Ink Painting, courant dans lequel sont impliqués la plupart de ces artistes, envisage l’avenir de la peinture chinoise dans l’exploration de ses propres ressources et techniques, les peintres jouant des rapports particuliers entre papier et encre pour créer un langage personnel. Michael Sullivan, historien et grand connaisseur d’art chinois, définit d’ailleurs le New Ink Painting comme « l’expression de la résistance qu’un certain nombre d’artistes ressentent face à l’influence prépondérante de l’art occidental et à la nécessité de rétablir des valeurs chinoises». Initié par Lü Shou Kwan à Hong Kong entre 1950 et 1960, ce mouvement est aujourd’hui rallié par un large nombre d’artistes et préconise l’éloignement des références occidentales, la recherche d’un langage neuf mais restant fidèle aux valeurs traditionnelles, notamment aux outils fondamentaux de l’art classique chinois que sont le pinceau, l’encre et le papier. Le New Ink Painting se concentre sur l’introspection, à la différence de nombreuses autres tendances nées dans les années 1980 et s’érigeant en critique sociale et environnementale.

Hans Hartung, maître de l'art abstrait lyrique

Hans Hartung fut quant à lui un adepte d’un art abstrait non géométrique laissant s’exprimer l’intériorité de l’artiste, d’un art du geste spontané et de la tache. Le travail de Hartung fut assimilé à l’abstraction dite « lyrique » ou « expressionniste « (mais ce dernier terme désigne plutôt les artistes américains de cette tendance) ; il est souvent aussi qualifié de tachiste, et associé par extension à l’Informel, même si Hartung n’a pas forcément participé aux expositions de ce groupe formé dans les années 1950 à Paris autour du critique Michel Tapié.

L’estampe fut pour Hartung un support idéal, un medium vecteur d’expériences inattendues, et un outil pour la diffusion et le développement de ses expériences. A travers les travaux présentés dans l’exposition de la Fondation Baur, on peut donc découvrir les quêtes expressives de Hartung, recherches dont de nombreux éléments et résultats sont communs à ceux que l’on retrouve chez les créateurs chinois présentés en miroir.

Mettre les similitudes en lumière

Agencé en trois temps (espace, calme, mouvement), cet intéressant face-à-face ne cherche donc pas tant à mettre en lumière des influences qu’à faire découvrir des approches similaires chez les uns et les autres, autour des notion d’aléatoire, de geste et d’intériorité, les œuvres exprimant néanmoins chacune la personnalité propre de son créateur.

En savoir plus

Du 11 avril au 4 août 2013, du mardi au dimanche de 14h à 18h

Fondation Baur, Musée des Arts d’Extrême-Orient

8 rue Munier Romilly

1206 Genève, Suisse

Tél. : +41 22 704 32 82

http://www.fondationbaur.ch

À propos de l'auteur

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VALÉRIE DOUNIAUX

Docteur en Histoire de l’Art, spécialisée en art
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