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VALÉRIE DOUNIAUX

Publié dans : Les articles Culture de Valérie Douniaux

Zao Wou Ki, la disparition d'un grand artiste

Ce 10 avril 2013 disparaissait Zao Wou Ki, un grand nom de la peinture

C'est avec une grande tristesse que les amoureux de l'art ont accueilli en ce 9 avril 2013 la nouvelle de la disparition de Zao Wou Ki, mort en Suisse à l'âge de quatre-vingt-treize ans.

Installé depuis 2011 sur les bords du lac Léman, l'artiste souffrait de la maladie d'Alzheimer. Mais avant que celle-ci ne l'en empêche, il avait travaillé chaque jour, inlassablement, à la production d'une oeuvre gigantesque, qui a fait de lui un des noms incontournables de l'art abstrait international.

Une formation traditionnelle jusqu'à la révélation de l'art occidental

Né à Pékin en 1920, Zao Wou-ki est issu d'une ancienne famille aristocratique de lettrés. Admis dès 1935 à l'Ecole des beaux-arts d'Hangzhou, il y étudie pendant plusieurs années avant d'y devenir assistant. Mais les cartes rapportées de Paris par l'un de ses oncles, et les magazines américains que le jeune homme consulte, lui permettent de découvrir l'art occidental, une révélation. Après une première exposition personnelle à Shanghaï en 1947, il part donc pour Paris, encouragé dans ce départ par la situation politique et sociale difficile que connait son pays natal.

L'arrivée en France et la création d'un langage personnel

Arrivé à Paris en avril 1948, en compagnie de sa première épouse Lalan, Zao Wou Ki trouve rapidement un atelier, fréquente les cours de l'Académie de la Grand-Chaumière, hante les musées et galeries, exposant ses propres travaux dès 1949.

Zao Wou Ki se lie rapidement aussi avec d'autres jeunes artistes, tels que Soulages, Sam Francis, Jean-Paul Riopelle... tous ces créateurs qui rejettent l'abstraction géométrique dite froide pour privilégier un art laissant s'exprimer l'intériorité de l'artiste, un art qui fait la part belle au geste, à la matière. Les formats des oeuvres de Zao Wou Ki prennent de l'ampleur au fil du temps, ses couleurs deviennent plus éclatantes. L'artiste va dès lors patiemment construire un langage personnel, dont le souffle nous rappelle les merveilles de l'univers, et dont la renommée va s'étendre dans le monde entier. L'intensité de la couleur ne fera cependant pas oublier au peintre l'art chinois, et Zao Wou Ki laissera également de superbes encres qui utilisent de manière personnelle les outils fondamentaux de la tradition.

Retour en Chine

Son succès s'étend d'ailleurs à la Chine, où les collectionneurs d'art contemporain deviennent toujours plus nombreux. En 1983, l'artiste est même invité à retourner dans son pays natal pour des expositions de son travail et pour enseigner. Il tache d'ouvrir ses étudiants à l'art occidental, qu'ils redécouvrent tout juste.

La boucle est bouclée et l'artiste est revenu aux sources. Tout comme dans son art il a su parfaitement faire fusionner le sens de l'espace et du vide, la puissance du geste et du souffle qui caractérisent l'art chinois, avec la couleur et la richesse matiériste de la peinture à l'huile occidentale, l'artiste, par son parcours, a créé des liens entre la Chine et la France, entre son pays natal, qu'il a pu retrouver après un long exil, et son pays d'adoption. Et, par-delà les modes, Zao Wou Ki restera de manière indéniable parmi les grands de l'histoire de l'art du vingtième-siècle.

À propos de l'auteur

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VALÉRIE DOUNIAUX

Docteur en Histoire de l’Art, spécialisée en art
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