Christine Depuidt, calli-graphiste

De la calligraphie à la gravure, l'artiste crée une musique silencieuse, au gré des pleins et des vides et de son dialogue avec le papier

Christine Depuidt se désigne très justement comme une « calli-graphiste », résumant ainsi parfaitement l’évolution de son travail, parti de la calligraphie latine pour aboutir à une expression graphique non figurative.

Magnifier les fondements de la calligraphie

Délaissant la plume et le pinceau pour les outils du graveur, l’artiste s’aventure sur des territoires où la frontière entre les divers modes d’expression se fait floue ; elle se dégage des contraintes et limites de l’écriture afin de parvenir à un pur langage plastique. A partir de détails de signes agrandis puis gravés, Christine Depuidt magnifie les lignes et les courbes, exalte les vides et les pleins qui sont les fondements de la calligraphie. Elle leur fait vivre de multiples métamorphoses, jusqu’à totale disparition de leur origine première. Par le souffle qui la sous-tend et par son économie de moyens, l’écriture abstraite élaborée par Christine Depuidt, bien que puisant ses origines dans l’écriture latine, parait emprunter également à la tradition extrême-orientale.

Une musique silencieuse

Proches de l’univers musical, les œuvres de Christine Depuidt créent une partition tantôt paisible, tantôt plus animée, ponctuée de silences riches de sens et de profondeur. Positif-négatif, paysage serein ou tourmenté, chaque petit format est à la fois une entité indépendante et un fragment d’un ensemble plus vaste, qu’on imagine pouvoir se poursuivre à l’infini, au gré de l’inspiration de l’artiste-compositeur, dont on sent toujours la présence "démiurgique".

Celle-ci affleure en effet en permanence, à travers la respiration vitale qui a précédé le geste, et dont les résonances demeurent sensibles dans les variations d’intensité des rapports entre noirs et blancs. Elle transparaît également dans la douceur ou l’énergie alternativement imprimées par la main à l’outil.

Un dialogue avec le papier

Le papier joue un rôle important dans les œuvres de Christine Depuidt ; il n’est pas simple support passif. L’artiste dialogue avec lui, afin de l’intégrer dans la constitution de la mélodie visuelle que suggèrent les « Distorsions ». Assujetti d’abord à l’instrument tenu par la main de la créatrice, il retrouve cependant ensuite une certaine liberté dans l’accrochage, où Christine Depuidt n'hésite pas parfois à le laisser flotter librement, juste retenu par un fil. Le papier apporte ainsi une légèreté et une dimension sensuelle supplémentaires à la subtile cartographie en noir et blanc issue de l’imaginaire poétique de Christine Depuidt.

Des expositions régulières dans le Nord de la France

Christine Depuidt vit dans le Nord de la France, où elle enseigne et expose régulièrement. Elle a déjà eu l’honneur de plusieurs expositions personnelles et participe régulièrement à des présentations de groupe. Elle a été invitée en 2011 par le Musée de Saint-Amand-les-Eaux pour participer au Mai de la Calligraphie et présenter ses travaux dans l’exposition « De terre et d’écrit », aux côtés de Mahjoub Ben Bella, Jean-Jacques Dubernard, Denise Lach, Brigitte Long, Lassaâd Métoui, Barbara Weibel et de la céramiste Isabelle Durand, avec laquelle elle a collaboré pour la création de pièces en terre issues de son propre langage plastique.

En savoir plus :

http://www.musenor.com/Les-Musees/Saint-Amand-les-Eaux-Musee-municipal#

http://www.lillelanuit.com/fiche_culture/Distorsions-35790.html

http://www.villeneuve-d-ascq.maville.com/actu/actudet_-a-la-Ferme-d-en-Haut-silence-sculpture-musique-_loc-1172951_actu.Htm

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