Fêtes japonaises au rythme des saisons

Les saisons sont très marquées au Japon et chacune est l'occasion de nombreuses fêtes, souvent d'origine religieuse

Le Japon est un pays aux saisons très marquées. Hivers froids et secs, mais très ensoleillés, printemps et automnes doux, étés chauds et humides. Même si le climat varie grandement du nord sibérien au sud subtropical, des constantes se retrouvent plus ou moins dans tout le pays, marquées par de très nombreuses célébrations qui rythment le calendrier.

Le printemps, saison du renouveau

Après un nouvel an paisible et douillet, généralement passé en famille, et la première visite au sanctuaire, on attend avec impatience les premiers signes de renouveau de la nature. Les pruniers, à l’élégante et graphique simplicité, ouvrent la marche en février, apportant avec leurs nuées blanches la promesse du redoux. Ils seront suivis toute l’année d’autres floraisons, en particulier des sakura , les fleurs de cerisiers, célébrées de tous temps pour leur beauté éphémère et fragile, parfaite expression du concept bouddhique de l’impermanence des choses. La floraison des cerisiers, très attendue, est suivie avec le plus grand sérieux dans un bulletin télévisé quotidien et avec force envoyés spéciaux. Elle a généralement lieu début avril, période de rentrée scolaire (même si certaines universités songent désormais à s’aligner sur les autres pays) et de nouvelle année fiscale. Les o-hanami , promenades et joyeuses fêtes sous les arbres, sont donc aussi pour les nouveaux employés l’occasion de faire leur entrée dans leur entreprise.

La Golden Week du début mai est une autre date importante, une succession de jours fériés, dont la fête des enfants (plutôt des garçons en réalité, les filles ayant leur propre fête, hina matsuri , le 3 mars). Les Japonais profitent de ces jours de congés consécutifs pour partir en voyage ou pour rentrer dans leur furusato , leur « village » natal.

Mi-juin, l’air devient plus lourd, la saison des pluies s’annonce. Elle dure généralement jusque mi-juillet, mais sera encore suivie de fréquentes pluies et des redoutables typhons dont chacun reçoit un numéro évoquant son ordre d’arrivée dans la saison.

Les grandes fêtes d'été

C’est avec soulagement qu’on voit s’arrêter ce déluge incessant. Place alors aux grandes fêtes qui rythment les chaudes et moites soirées d’été. Les matsuri (fêtes, festivals) ont généralement des origines religieuses et il s’en déroule toute l’année, mais jamais autant qu’au cours de l’été. Le moment le plus important de la saison est o-bon , la fête des morts, durant laquelle nombre de Japonais retournent également dans leur famille pour rendre hommage aux disparus. Obon est officiellement fêtée du 13 au 15 août, mais certaines familles, surtout dans le sud du Kantô et dans le Tôhoku, la fêtent un mois avant. Un décalage survenu suite à l’adoption par les Japonais du calendrier grégorien, les régions s’étant adaptées différemment à ce changement.

Durant les nombreuses matsuri et les très spectaculaires hanabi (feux d’artifices) d’été, les Japonais oublient les tracas quotidiens pour revêtir yukata et tenues traditionnelles et participer avec entrain à ces célébrations rituelles populaires, devenues avant tout prétexte à l’échange entre voisins et amis. On porte à bout de bras les dieux protégés dans leurs lourds mikoshi , pour une ballade à travers la ville, les enfants jouent à la pêche au poisson rouge, et partout on danse les traditionnelles odori , on s’amuse, on mange, on boit… en toute convivialité et dans une atmosphère bon enfant.

La beauté flamboyante des feuilles d'automne

L’automne s’installe ensuite. La beauté éclatante des feuilles d’érable rougies, les kôyô ou momiji , de l’or des ginko , revêt les montagnes d’un tapis flamboyant qui attire les admirateurs, mais dans une ambiance plus calme que lors de la floraison des sakura . L’automne est aussi marquée par de grandes chakai , réunions de thé durant lesquelles les maîtres de chanoyu convient un plus large nombre d’invités qu’à l’accoutumée, pour des cérémonies sortant quelque peu des codes formels habituels et pouvant avoir lieu en extérieur, dans de célèbres jardins.

L'adaptation de fêtes occidentales

Dès la fin novembre, les chants de Noel sont partout, des sapins plus splendides et originaux les uns que les autres ornent rues et vitrines, les illuminations éclairent les villes. Les Japonais ont largement adopté cette fête étrangère à leur culture, devenue chez eux une sorte de Saint-Valentin, un moment propice aux fiançailles. Tandis que la Saint-Valentin elle-même est au Japon une journée durant laquelle les femmes se doivent d’offrir des chocolats, non seulement à leur ami, mais aussi aux hommes de leur entourage amical ou professionnel. Mais les femmes ont obtenu leur revanche avec le White Day , instauré un mois après la Saint-Valentin et lors duquel c’est au tour des hommes d’offrir des cadeaux !

Sur le même sujet