La mode des années 1950

Les maisons de couture parisiennes donnent encore le ton des tendances internationales, mais une mode jeune fait son apparition.

Après la dramatique décennie précédente, les années 1950 voient revenir la paix et la prospérité.

C’est la naissance de la société de consommation, la technologie prend son envol. Dans le textile apparaissent les matières synthétiques : l'acrylique, qui imite la laine, en 1947, puis le polyester, rebaptisé Tergal en France, en 1950.

Pour le travail, l'homme continue de porter le costume. La veste à des épaules larges, les pantalons sont à bords étroits. La chemise blanche et la cravate étroite sont remplacées le week-end par un col roulé.

La haute couture donne toujours le ton

Les tendances naissent toujours dans le domaine de la haute couture parisienne. Pierre Balmain (1914-1982), qui a ouvert sa maison en 1945, impose une image charmante et féminine, mais également active et légèrement désinvolte. Homme d’affaires ambitieux, il ouvre plusieurs boutiques dans le monde, lance une ligne de prêt-à-porter et crée des parfums, dont le célèbre « Jolie Madame ».

Malgré tout, la mode se renouvelle peu depuis le New Look de 1947. Christian Dior (1905-1957) continue d’ailleurs de fixer les canons de l’élégance. Ressentant le besoin de changements de plus en plus fréquents, il présente plus de collections, mais rend en cela sa notoriété plus fragile. En 1954, il lance la ligne « H », avec une robe plus droite, une ceinture plus lâche et une taille plus basse, rappelant les années 1920. En 1955, il remet les robes-sac à l’honneur, mais c’est un échec. En 1957, la ligne « Y » montre une jupe serrée et rallongée, une taille resserrée et des épaules étoffées, tandis qu’un grand v dégage le cou. La même année, le couturier crée la première robe-chemise. Saint-Laurent succède à Dior en 1958 et lance la ligne « trapèze », structurée mais à la taille absente. La carrure est très étroite, la jupe ample arrive à mi-mollet. Les tenues sont taillées dans des draps épais et sombres et s’accompagnent d’un chapeau plus ample que la carrure.

Une fois Dior disparu, c’est à Cristobal Balenciaga (1895-1972) que revient le rôle d’arbitre des tendances. Ce grand perfectionniste conçoit une mode novatrice, aux lignes toujours plus épurées. Il marque profondément Hubert de Givenchy (1927), qui ouvre sa maison en 1952. Audrey Hepburn (1929-1993) devient l'égérie de Givenchy et une véritable icône de mode.

Gabrielle Chanel (1883-1971) lance en 1954 son fameux tailleur, dont le succès mondial est immédiat. En lainage léger, écossais, bleu marin ou blanc, le tailleur est gansé et fermé bord à bord par des boutons dorés. La jupe s’arrête sous le genou, le corsage est du même tissu que la doublure de la veste. La tenue s'accompagne de chaînes dorées, d'escarpins à bouts foncés et d'un petit sac matelassé.

La naissance d’une mode jeune

Malgré la prédominance persistante des maisons de couture, une mode plus jeune fait son apparition, incarnée par une nouvelle génération de stars de cinéma.

Brigitte Bardot (1934), révélée en 1956 par Et Dieu créa la femme , porte pour son mariage en 1959 une simple vichy robe de Jacques Esterel (1917-1974), une tenue qui sera largement copiée dans le monde. Lana Turner (1921-1995), avec ses chandails très moulants portés sur des balconnets renforcés, favorise la vogue de la maille. Marilyn Monroe (1926-1962) devient le modèle de nombreuses femmes. Les anciennes stars de cinéma portaient souvent des tenues coûteuses, difficiles à copier. Après-guerre, notamment sous l’influence du néo-réalisme italien, les actrices commencent à ressembler à des femmes réelles. En outre, le cinéma se développe alors considérablement, et les médias jouent un rôle de plus en plus important.

La nouvelle culture jeune n’explosera véritablement que durant les années 1960. Mais l’une de ses premières manifestations apparaît dès 1954-1955 à Londres avec les Teddy-boys , héritiers des zazous. Ces jeunes gens issus des banlieues parodient leurs pères, avec des costumes deux pièces voyants, au pantalon en « tuyau de poêle », ou des smoking fantaisie, des chemises à jabot, des nœuds en guise de cravate, des chaussures à grosses semelles de gomme. Leurs cheveux longs sont ramenés en banane et en pattes gominées. C'est la première fois que les jeunes s’habillent de manière différente de leurs aînés. Cependant, la majorité des jeunes hommes porte toujours le costume-cravate. Les jeunes filles adoptent des sweaters à col rond et jupes amples pour danser le rock & roll . Dans la journée, elles portent des chandails, des pantalons « tuyau de poêle » et des escarpins plats.

Les premiers Beatniks font également leur apparition, avant de devenir un phénomène de masse largement galvaudé. Ce sont à l’origine de jeunes intellectuels révoltés, nomades, refusant l’ American way of life et la société de consommation. Ils portent des vêtements confortables et bon marché : blouson, chemise et jean.

La naissance du prêt-à-porter

Le confectionneur Albert Lempereur, Président de la Fédération de l'industrie des vêtements féminins, et l'industriel Weill ont en 1949 l’idée d’abandonner le terme de confection pour celui plus porteur de « prêt-à-porter », adapté du « ready-to-wear » américain. Lempereur devient vite une figure marquante de cette nouvelle industrie, notamment en proposant de petites robes toutes simples.

En 1959, Pierre Cardin (1922) innove en lançant le premier label de prêt-à-porter haute couture, avec des modèles inspirés de la couture mais réalisés en usine et vendus dans les grands magasins.

Les accessoires

Les accessoires continuent de jouer un rôle important et mettent les grandes marques à la portée d’une plus large clientèle. Le chapeau, désormais réservé aux grandes occasions, est généralement petit, agrémenté de fleurs, plumes ou d’une voilette. Mais les grandes capelines ne disparaissent pas totalement. Des gants montants colorés, souvent en chevreau, complètent les tenues élégantes. Les chaussures contrastent avec l’ampleur des robes New Look et les talons sont si fins qu’on les surnomme « aiguilles ». Les plus célèbres chaussures sont celles de Roger Vivier (1907-1998).

En savoir plus

http://colette-weinstein.suite101.fr/cristobal-balenciaga-collectionneur-de-modes-a33666

http://www.elssy.com/4%20Mode%20annees%2050.html

http://alisonkerr.wordpress.com/2010/04/01/style-file-audrey-hepburn-in-the-1950s/

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