Le costume égyptien antique

Légères et de formes simples, les toilettes antiques égyptiennes savent néanmoins être élégantes et richement ornées.
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En raison du climat très chaud, le costume égyptien est léger. Dans les classes populaires, il se réduit souvent au strict minimum.

Le costume masculin

L’élément principal est un pagne (schenti), sorte d’écharpe enroulée autour des reins et parfois recouverte de jupes transparentes. Le pagne est en lin pour le pharaon, les prêtres et autres puissants personnages, en cuir ou en fibres tressées pour le peuple. La laine de mouton n’est jamais utilisée, car cet animal est jugé impur. Cependant, après la conquête grecque, les fibres animales se généralisent et le costume grec s'impose lentement.

Le pagne est retenu à la taille par une ceinture. Pour le pharaon et les hauts dignitaires, il se replie en un tablier triangulaire, obtenu en empesant et en gaufrant la partie flottante. Peut-être même avait-on recours à une armature intérieure, en métal ou en jonc.

Le décor du tablier, qui est probablement un insigne rituel, est toujours le même : des rayures partent de l’angle aigu et s’étendent vers le centre. Celui-ci est recouvert par la ceinture, ornée de l’uraeus et richement brodée. L’uraeus est un cobra divin, protégeant le pharaon contre ses ennemis. Sous le Nouvel Empire (XVIe-XIe siècles avant J.-C.), en plus du pagne, le pharaon se couvre d’une longue tunique frangée dans le bas (calasiris) et d’un manteau-cape fait, comme la tunique, de gaze de lin fin et transparent, parfois agrémenté de fils d’or. Durant le Ier millénaire av. J.-C, la tunique légère à manches est progressivement adoptée, avec un jupon plissé. Le cou est entouré d’un gorgerin (hosch), l’uraeus orne le front. La pardalite en peau de léopard est le costume sacerdotal du clergé.

Les tenues féminines

La tenue des femmes est proche de celle des hommes, et va de la simple tunique à la robe de lin fin. Les toilettes sont variées selon le rang, mais on favorise généralement une ligne épurée, sans surcharge décorative, même lorsque l’influence des modes des peuples conquis pousse les Egyptiennes à adopter des tenues plus sophistiquées. Ainsi, les vêtements féminins sont toujours blancs, si l’on excepte les décorations de ceintures ; les toilettes colorées qu’on voit sur les peintures égyptiennes sont des tenues du Proche-Orient, qui ont dû frapper les Egyptiens.

Les tenues féminines égyptiennes ont tendance à mouler le corps. La morphologie idéale présente une allure svelte, à la poitrine menue, la taille haute et aux longues jambes. Tandis que certains petits notables apprécient les rondeurs, la haute société est sensible à la minceur. A l’Ancien Empire (environ de 2700 à 2200 av. J.-C.) et au Moyen Empire (environ de 2033 à 1786 av. J.-C.), deux larges bretelles retiennent le plus souvent le fourreau de lin blanc qui commence sous la poitrine, présentant ainsi un décolleté en V, qui laisse même parfois les seins nus pour les servantes. Plus tard, les pleureuses adoptent aussi cette tenue ; mais un des gestes de deuil consistant à se verser de la poussière sur la tête, une teinte gris-bleu est donnée à leur vêtement. Les toilettes féminines deviennent plus recherchées au Nouvel Empire ; en lin plissé souvent très transparent, elles se composent d’une sorte de châle frangé, noué sous les seins et dont les pans se confondent avec ceux de la jupe qui s’élargit vers le sol. Le luxe atteint son apogée sous les règnes d’Aménophis III (environ 1390 à 1352 av. J.-C.) et Aménophis IV (-1355/-1337). Le drapé se fait mouillé, mettant plus encore le corps en valeur. Les robes sont alors souvent recouvertes d’un manteau de même style.

Un goût évident pour la parure

Les tenues sont sobres, mais on aime les ornements : les dames portent de grosses perles suspendues à un tour de cou, ou de larges gorgerins, ainsi que des bracelets et boucles d’oreilles, ou de précieux bandeaux de tête.

La noblesse favorise un teint nacré. Le maquillage est très important, et l’on souligne en particulier l’intensité du regard avec des fards verts ou noirs. Les ongles et les mains sont peints avec du henné. Seules les personnes de basse condition sont tatouées.

Les coiffures sont très soignées, jusqu’à devenir parfois de véritables compositions au Nouvel Empire. On joue amplement de jeux de mèches nattées ou ondulées, auxquelles on ajoute rubans, fleurs ou autres ornements. Les peintures montrent souvent des élégantes ayant sur le sommet de la tête un cône de graisse parfumée qui, en fondant, inonde la porteuse de parfums et moule les vêtements sur le corps ; il semblerait cependant que cette représentation soit symbolique, pour signifier que la personne s'est parfumée. Le petit peuple, plus modestement, se contente de calottes en feutre.

Les coiffures royales sont de plusieurs types : la mitre blanche (haut bonnet à pointe orné de l’uraeus), symbole de puissance sur la Haute Egypte ; la mitre rouge (ornée d’une crosse, le lituus), couronne de la Basse Egypte ; le pschent (réunion des deux mitres) ; le kopersh (coiffure de guerre, en métal ou en étoffe) ; l’atew (mitre blanche garnie de deux plumes d’autruche), emblème de la justice ; le klaft, coiffure ordinaire du pharaon (pièce d’étoffe empesée emboitant la tête, et dont les pans se rabattent sur les épaules). Les reines portent un bonnet en forme de vautour ou d’épervier, dont la tête se dresse sur le front.

Suivant les époques et le rang, des perruques de crin, fibre de palmier ou laine, encadrent le visage d’une masse courte ou au contraire longue et volumineuse. Leur noir profond contraste avec le blanc du lin et des visages. A cause de la chaleur, les hommes se rasent la tête (tout comme les jeunes princesses). Ils ne portent ni moustache, ni barbe, cette dernière étant signe de deuil. Mais le souverain, même s’il s’agit d’une femme, et quelques notables, peuvent porter une barbe postiche lors d’occasions particulières, les dieux étant barbus.

Les classes aisées se chaussent parfois de sandales à courtes lanières, dont l’usage se répand au Nouvel Empire.

En savoir plus :

http://uniformes.e-monsite.com/rubrique,le-costume-egyptien,768370.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_costume

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