Le costume sous la Restauration et la Monarchie de Juillet

Les silhouettes féminines et masculines semblent suivre la même évolution, tandis que l'influence romantique se ressent surtout dans des références au passé
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A la chute du Premier Empire en 1814 succède la Restauration, qui couvre les règnes de Louis XVIII (1755-1824) et Charles X (1757-1836) mais connaît une interruption entre le 20 mars et le 22 juin 1815, les « Cent Jours » pendant lesquels Napoléon reprend temporairement le pouvoir. En 1830, après les émeutes de « Trois Glorieuses », naît la Monarchie de Juillet, qui se prolonge jusqu’en 1848.

La France connaît avec la Restauration une relative paix, dans un contexte international pourtant troublé et alors que l’Europe, en pleine révolution industrielle, connaît de profonds bouleversements sociaux et économiques.

Tandis qu’il marque de son empreinte la création artistique et littéraire, le romantisme ne semble jouer qu’un rôle secondaire dans le domaine vestimentaire, remettant au goût du jour dans le costume féminin certains détails du passé : manches à gigot et à crevés, fraises … L’anticomanie perd par contre du terrain. La cour de Louis-Philippe (1773-1850), à tendance bourgeoise, ne prétend pas diriger les modes et simplifie le cérémonial et les uniformes pour lesquels la Restauration était restée fidèle aux modèles du Premier Empire.

Le costume féminin

  • Jusqu'en 1824

Pour sortir, on revêt des redingotes qui épousent les formes des robes, des capes en taffetas léger et ouatiné, des spencers ; ou bien on s’enveloppe de châles cachemire, tissés en Inde ou en France.

Les chapeaux sont des capotes à passe évasée, se resserrant sous le menton, des toques, ou de hautes coiffures empanachées à bord ondulant, qui recouvrent un chignon placé sur la pointe du crâne tandis que des boucles sont réparties en deux masses de chaque côté du front.

Les souliers de bal sont de légers escarpins sans talon, arrondis au bout, montés sur de fines semelles de cuir souple. Pour marcher, on les remplace par de petites bottines, lacées sur le côté intérieur de la cheville, en serge de laine ou en fine peau mordorée.

Les sacs à main, un peu délaissés sous l’Empire, réapparaissent vers 1823. On utilise aussi de grandes bourses perlées montées sur des fermoirs suspendus à une chaîne.

  • De 1825 à 1828

Les femmes se parent de turbans de cachemire ou de tissu imprimé, ornés d’un oiseau de paradis, ou portent de grands bérets et des chapeaux à large bord et haute calotte cylindrique, agrémentés de fleurs, plumes et rubans. Les coques de cheveux sont d’abord basses, en papillon puis, en 1827, elles se dressent sur le sommet de la tête en l’honneur de la girafe présentée à Paris. Les chapeaux sont portés légèrement en biais et en arrière, laissant retomber sur les épaules deux larges rubans fixés à l’arrière.

  • De 1828 à 1834

Le sac est volontiers remplacé par un mouchoir ou un éventail. Parapluies et ombrelles s’agrandissent pour mieux abriter les manches. Ouverts, ils prennent un profil en accolade, caractéristique de l’époque.

  • De 1835 à 1839

  • De 1840 à 1845

Les manteaux se raréfient au profit des châles portés pliés en deux, un angle rabattu sur les épaules, ainsi recouvertes de quatre épaisseurs. Pour la demi-saison, on préfère les mantelets bordés de volants, qui étriquent un peu la silhouette, ou les capes mi-longues. Les chaussures retrouvent un petit talon, mais encore très plat.

Le chignon est passé à l’arrière de la tête. La partie supérieure de la capote devient donc horizontale ; elle couvre les bandeaux de cheveux, plats et nattés, qui s’arrondissent sur les joues.

Le costume masculin

  • Jusqu'en 1825

L’habit dégagé est à la mode, comme la redingote, qui peut jouer le rôle d’habit ou de pardessus. Sous la taille un peu rehaussée, sa jupe prend la même silhouette conique que celle des robes de femmes. Les cols en velours sont crantés très bas sur la poitrine. Le pantalon à pont d’une couleur différente de celle de l’habit ou de la redingote, est tantôt large et court, flottant au-dessus des chaussures (bottes molles ou escarpins recouverts de guêtres), tantôt resserré à la cheville et tendu par un sous-pied. La principale coiffure est le haut-de-forme à bord large et calotte s’évasant vers le haut. Il est posé sur une chevelure frisée et remplacé le soir par le chapeau-claque, qui se plie en deux le long de son axe vertical afin d’être glissé dans une poche.

Certains hommes tachent de se libérer des conventions en adoptant un aspect légèrement négligé dans leur tenue. Les adeptes du dandysme, mouvement né à Londres au début du siècle et introduit à Paris en 1825, font du soin apporté à leur mise leur principale préoccupation.

  • De 1825 à 1833

  • De 1834 à 1845

En savoir plus

http://www.paris-pittoresque.com/costumes/4.htm

http://acoeuretacris.centerblog.net/6582663-paris-autrefois-les-costumes-les-salons

Madeleine Delpierre, Le costume, de la Restauration à la Belle Epoque , la Grammaire des Styles, Flammarion.

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