Le costume sous le Directoire (1795-1799)

Un souffle de liberté souffle sur cette période qui voit apparaître les excentriques Incroyables et Merveilleuses.
138

Le Directoire désigne la période allant du 26 octobre 1795 au 9 novembre 1799, durant laquelle la Première République se fonde sur un ensemble de cinq Directeurs chargés du pouvoir exécutif et sur le rétablissement du suffrage censitaire. C’est une période de succès pour l’armée française.

Succédant au régime de la Terreur, le Directoire, malgré les troubles qui le secouent, apparaît comme une phase de libération pour la société française, un moment marqué par un esprit hédoniste et une volonté de se divertir.

On voit apparaître de nouveaux chantres de l’élégance. Les Incroyables et les Merveilleuses (ou même Incoyables et Meveilleuses, car ils jugent élégant de supprimer le r, qui rappelle par trop la Révolution et la Terreur), n’hésitent pas à pousser fort loin l’excentricité dans leur tenue.

Cette jeunesse royaliste, aisée et dépensière, fréquente les lieux à mode, les salons et les nombreux bals publics, dont les Bals des Victimes, où ne sont admises que les personnes ayant eu un proche guillotiné pendant la Terreur.

La mode masculine

Pour les Incroyables, le comble de l’élégance est de paraître infirme ou contrefait. Leur redingote plisse dans le dos pour simuler une bosse ; leur culotte est attachée par un bouton sur les genoux pour donner l’illusion qu'ils sont cagneux.

La redingote ( riding-coat ), adoptée par les Français fortunés dans les années 1780, inaugure une nouvelle tendance. Confortable, faite de drap sombre et dénuée d’ornements distinctifs, elle montre une volonté relative d’anonymat, d’égalitarisme.

La cravate est enroulée plusieurs fois autour du cou, atteignant la lèvre inférieure. Les cheveux des Incroyables, coiffés « en oreilles de chien » sont couverts d’un énorme chapeau conique ou d’un vaste bicorne. Enfin, les Incroyables portent de minces et très pointus escarpins et complètent leur tenue par un face à main ou de grosses lunettes, de nombreuses breloques et deux montres ; sans oublier un gourdin, qu’ils appellent leur « pouvoir exécutif ».

Cependant, on peut être à la mode sans tomber dans de telles extravagances. Les hommes portent alors un habit dégagé (sorte de redingote ouverte devant), un pantalon « à la hussarde » (culotte collante dont les extrémités sont recouvertes par des bottes à revers chamois). On peut aussi porter l’habit croisé à petit collet noir ou violet et longues manches sans parements. La cravate montre jusqu’au menton et la tête est coiffée d’un chapeau haut de forme.

La mode féminine

L’influence des modes anglaises a conduit à la suppression des tournures et des rigides corps piqués. L’anticomanie fait à son tour disparaître chemises et jupons, au profit de longues tuniques de gaze ou de linon, au décolleté généreux et largement ouvertes sur le flanc, dites « à la vestale », « à la Diane », « à la Flore » ...

Ces vêtements légers n’ont plus de poches ; celles-ci sont remplacées par une sacoche brodée et suspendue à la ceinture, la balantine ; ou par le réticule, sac à longs cordons. Les pieds ne sont chaussés que de minces escarpins sans talons, retenus par des rubans.

Les Merveilleuses entourent leur cou d’une haute cravate et leur visage est encadré par un immense chapeau avancé en visière. Les petites manches découvrent les bras et développent l’usage des gants longs. Un châle flotte sur les épaules.

En 1795 apparaît aussi le spencer, petit habit sans basques. Les femmes portent également la ceinture « à la victime », rouge, croisée dans le dos et ramenée ensuite autour de la taille ; ou encore les tabliers-fichus.

Pour les coiffures, on tente d’abord de supprimer les perruques au profit de la coiffure « à la Titus », autre élément de la tenue « à la victime », coiffure en boucles courtes qui donne un air masculin et rappelle la coupe des cheveux faite par le bourreau aux victimes du tribunal révolutionnaire.

Mais, dès 1795, les perruques reviennent en vogue. Il en existe pour toutes les heures du jour, généralement blondes, mais aussi noires ou de teintes plus inattendues comme le bleu ou le vert. La coiffure de la célèbre Merveilleuse Madame Récamier (1777-1849) se compose de boucles souples retombant sur un large bandeau.

Sur des arrangements plus simples, on pose des capotes de soie garnies d’un large ruban noir, des chapeaux de velours à brides de rubans et garnitures de plumes, des toques et des rubans surmontés d’aigrettes, des chapeaux de paille à nœuds et brides assortis au fichu ou enfin des cornets (bonnets de lingerie s’attachant sous le menton).

En savoir plus

http://fr.wikipedia.org/wiki/Incroyables_et_Merveilleuses

http://leblogdechonchon.over-blog.com/article-fincroyables-et-merveilleuses-71140126.html

http://www.carnavalet.paris.fr/sites/default/files/dossier_de_presse_au_temps_des_merveilleuses.pdf

Sur le même sujet