Le kimono

Le terme de kimono, qui signifie simplement « chose portée », désigne une large variété de vêtements traditionnels japonais, réservé aux grandes occasions.
15

De style chinois jusqu’au VIIIe siècle, le kimono acquiert son caractère propre à l’époque Heian (794-1192) et la forme qu’on lui connaît actuellement se fixe à partir du XVIe siècle.

« Kimono », un mot générique recouvrant une variété de tenues traditionnelles

La syllabe « ki » vient du verbe « kiru » (porter), tandis que « mono » signifie « chose ». Contrairement à ce que l’on imagine en Occident, kimono est donc d’abord un terme générique avant de désigner plus précisément un type de vêtement, lui-même différenciable en multiples variantes, notamment selon la longueur des manches. Par exemple, le furisode à manches longues et couleurs vives est porté par les jeunes filles, les femmes mariées adoptant des tons plus discrets et des manches plus courtes.

Le obi, précieuse ceinture qui ferme et orne la tenue

Le kimono , conçu à partir d’une seule pièce de tissu (soie ou laine), se croise toujours côté gauche sur le droit, tandis qu'on procède à l'inverse pour les morts. Le kimono est l’élément principal qui recouvre une série de vêtements de dessous superposés. Une large et longue bande de tissu précieux, appelée obi , ceinture le kimono féminin. Tandis que la ceinture des tenues masculines est beaucoup plus fine et plus simple à fermer, nouer un obi féminin est difficile et demande une certaine pratique, que beaucoup de Japonaises ne maîtrisent plus. Savoir choisir son kimono selon la saison, l’occasion… et lui coordonner le bon obi est également tout un art en soi. Les Japonaises ne portent traditionnellement pas de bijoux, et la ceinture, dans toute sa splendeur, est l’ornement central de la tenue.

D’abord conçues pour protéger le bas du kimono et les pieds de la boue, les geta , socques de bois plus ou moins surélevées, sont encore portées avec le yukata , léger kimono de coton. Les geiko (que les Occidentaux nomment geisha ) portent également des geta , d’un type plus formel. Des socques plus plates, appelées zôri , sont portées avec le kimono et peuvent être de matières diverses. Des socquettes isolant le gros orteil, les tabi , accompagnent les socques.

Une tenue qui n’est plus guère portée de nos jours et doit suivre les évolutions de la mode

Difficile à mettre et extrêmement coûteux, le kimono n’est plus guère porté de nos jours que pour des occasions particulières ou dans des cadres liés à la tradition (restaurants, maisons et cérémonies de thé, boutiques…), même si certains Japonais prennent grand plaisir à revêtir cette tenue sophistiquée pour une sortie informelle. Il existe ainsi des associations qui proposent à leurs membres de se réunir ponctuellement, en s’habillant de manière traditionnelle à partir d’un thème défini à l’avance.

Léger kimono de coton, souvent endossé après le bain ou pour la nuit, le yukata , après avoir quasiment disparu, connaît depuis quelques années une nouvelle popularité auprès des jeunes gens, qui le portent lors des innombrables fêtes d’été. La variété des couleurs et motifs de ces yukata de sortie s’est grandement élargie avec les années, intégrant même des codes de la mode occidentale ou encore hawaïenne, parfois très éloignés de la sobriété des motifs traditionnels ! Ainsi, tandis que les créateurs européens ou américains s’inspirent régulièrement du vêtement traditionnel nippon, les jeunes générations japonaises, en retour, n’hésitent pas à adopter des éléments étrangers qui renouvellent le yukata de manière inattendue, et plus ou moins heureuse selon les cas.

Sur le même sujet