Reflets du Japon

Des jardins et temples traditionnels à l'architecture contemporaine, les jeux de reflets ont toujours tenu une place importante dans la culture japonaise

Des jardins classiques jusqu’aux délirantes réalisations architecturales contemporaines, le Japon n’a cessé de jouer de l’art des reflets, nous plongeant dans un monde où avers et envers se confondent, où les frontières s’effacent pour nous troubler et nous entraîner par-delà le miroir.

Reflets spirituels

L’image du Pavillon d’Or de Kyôto et de son double inversé dans le lac qui l’entoure, ou celle du Pavillon du Phénix d’Uji se reflétant dans un plan d’eau sont parmi les plus célèbres clichés de la culture artistique japonaise, des photographies reproduites des milliers de fois dans les livres, des icônes qui ont inspiré de nombreux artistes. Ces deux architectures bouddhiques soudées à leur reflet ne sont pas juste d’anodins jeux visuels imaginés par un paysagiste ambitieux. Il s’agit aussi, et surtout, de représentations symboliques de l’autre monde, notamment du Paradis de l’Ouest du Bouddha Amida, auquel est dédié le Pavillon du Phénix.

Jeux visuels urbains

Procédé à la fois esthétique et spirituel, les jeux de reflets n’ont pas laissé indifférents les architectes japonais contemporains, qui en largement fait usage dans leurs créations urbaines, toutes plus audacieuses les unes que les autres. Dans des villes à la surface restreinte en raison de la configuration géographique particulière du pays, dans des métropoles où semble régner un joyeux chaos à travers lequel chacun s’exprime librement, les jeux de miroirs relient les bâtiments à leur environnement, créent des échos d’un édifice à l’autre, tout en démultipliant l’espace. La ville devient une gigantesque toile, sur laquelle se découpent des images tronquées, inversées, reprises à l’infini.

La fracture d’habitude si nette entre nature et civilisation est annihilée, réalité et illusion s’enchevêtrent. Les cerisiers en fleurs impriment leurs doux nuages rosés sur les façades, pénètrent de leur beauté éphémère les immobiles murs de la ville, derrière lesquels continue toute une vie cachée aux regards extérieurs.

Une célébration des saisons

Au printemps, et à l’automne aussi, les Japonais jouent avec délectation de subtils et splendides jeux d’illuminations nocturnes dans les temples particulièrement célèbres pour leurs cerisiers ou de leurs érables. La vision de l’étang illuminé du Kôdaiji de Kyôto est particulièrement frappante et ne manque jamais d’arracher des cris de stupeur et d’admiration aux visiteurs. Le petit étang habituellement si paisible semble alors acquérir une nouvelle dimension, celle d’un monde aquatique souterrain fascinant et vaguement inquiétant, dans lequel les arbres poussent à l’envers, et dont on à l’impression de ne jamais pouvoir toucher le fond.

Pour en savoir plus sur les lieux cités

http://fr.wikipedia.org/wiki/Kinkaku-ji

http://suite101.fr/article/le-byodo-in-a-uji-le-pavillon-du-phenix-a29755

http://www.kodaiji.com

Voir aussi :

http://suite101.fr/article/fetes-japonaises-au-rythme-des-saisons-a34894

Sur le même sujet