Aveugles et malvoyants : l'informatique adaptée

Les non-voyants aussi ont besoin de l'ordinateur ! Les bénévoles de l'association Valentin Haüy nous ouvrent leur salle informatique adaptée.
17

Œuvrant en faveur des non-voyants et malvoyants depuis 1889, l’Association Valentin Haüy (AVH) est toujours fière de présenter son club informatique. C’est pourquoi monsieur André Bayle, président de la cellule marseillaise de l’association, a tenu à nous montrer son fonctionnement.

Pour cette discipline, le braille n’a que peu d’utilité. Et dans cette salle, pas de matériel étrange ou biscornu ; tout simplement un ordinateur, son unité centrale, son écran, son clavier. Comme nous l’explique Patrick Sabater, coordinateur du club informatique AVH Marseille, ce sont de simples logiciels qui permettent leur accessibilité.

Un Zoom adapté

Zoomtext est généralement le plus utilisé par les malvoyants. Le logiciel de confort visuel porte bien son nom : il permet un agrandissement modulable de une à 36 fois l’écran et s’adapte ainsi à la vue de chacun selon l’importance de son handicap. Dans les cas de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) ZoomText s’avère très pratique pour accompagner l’évolution visuelle de l’usager. Seul hic : passé les « x8 » d’augmentation, comme un puzzle à déchiffrer en pièces détachées, la lecture de l’écran dans son ensemble s’avère être un véritable parcours du combattant. Alors intervient un second logiciel.

Jaws, la lecture de l’écran

Fait pour les non-voyants, Jaws pour Windows est un logiciel d’audio-description. Capable de décrire l’essentiel des éléments graphiques standards : boites de dialogue, icones du bureau, éléments de liste … Jaws transforme les données visuelles en donner textuelles et joue son rôle d’interface entre l’écran et l’utilisateur en lisant les informations par un synthétiseur vocal.

Décrivant ainsi toutes les actions engagées par l’utilisateur, le logiciel permet également l’usage d’un clavier traditionnel - c’est-à-dire non braille. Chaque touche actionnée étant sonorisée, il est possible au non-voyant de mémoriser la place de chaque lettre et ainsi pouvoir écrire sans lire le clavier. Ensuite, pour éviter les fautes de frappe, le logiciel permet une relecture sonore du document.

Jeter la souris aux ordures

Après la lecture de l’écran, une des premières difficultés que rencontre un non voyant face à l’ordinateur réside dans l’omniprésence de la souris. Un élément qui, lié à la lecture visuelle précise de l’écran d’ordinateur, reste totalement inutilisable. La solution ? Les raccourcis claviers ! Les « Ctrl + et compagnie » ? Le moyen qui est utilisé régulièrement par chacun d’entre nous pour aller plus vite, est simplement élargi et personnalisé à toutes les actions informatiques pour le non-voyant.

Le problème Internet

« Le problème des utilisateurs de Jaws continue M. Sabater, c’est que les animations (type fichier « .gif ») ne sont pas traduisibles en audio-description ». Malheureusement, ces mêmes animations envahissent chaque jour un peu plus l’espace web. La fameuse toile si pratique et si chère à tout ces gens qui n’ont que peu de mobilité, condamnés à rester enfermé chez eux faute de structures suffisantes et de personnel d’accompagnement. En bien pour ceux-là même, cette toile reste majoritairement inaccessible. La faute à ces animations merchandising, multiples fenêtres publicitaires intempestives non désirées, toujours plus dans le visuel - mais du coup illisibles, que doit subir le logiciel, et finalement le faire planter.

Un constat difficile à admettre pour les bénévoles au grand cœur d’AVH, mais qui n’entame en rien leur détermination : aider à mieux vivre dans le noir.

Sur le même sujet