Noël et le solstice d'hiver : que reste-il des fêtes celtes ?

C'est en célébrant la nativité que l'Eglise a voulu écraser une vieille coutume païenne : le retour de la lumière, « Sol Invictus » le soleil invaincu.
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Chaque année, le 25 décembre, la grande messe célèbre la nativité et la crèche met en scène la naissance de Jésus. Mais comme l’explique Robert Fery, dans son ouvrage « Jours de fêtes, histoire des célébrations chrétiennes », il n’y a aucune autre source historique que les Evangiles sur sa venue au monde. Or, ces sources ne mentionnent ni le jour, ni même l’année de l’évènement, s’en tenant seulement à des indices comme l’étoile que les mages auraient suivi jusqu’à Bethléem. La naissance terrestre de Jésus «n’était d’ailleurs pas la préoccupation des premiers chrétiens, qui fêtaient plutôt la naissance au ciel de leur martyrs » affirme Fery. Ce qui amène à se demander… Pourquoi le 25 décembre ?

Noël, la nouvelle lumière

Selon Philippe Rouillard, auteur des « Fêtes chrétiennes en occident », un calendrier romain datant de 354 apprend qu’à Rome ce n’est que vers l’an 330 qu’on choisit cette date, dans le but de christianiser une vieille fête païenne: le « Sol Invictus », soleil invaincu, célébration du retour de la Lumière à partir de la nuit du solstice d’hiver. La date correspond donc d’avantage à la renaissance annuelle du Soleil si chère à la civilisation celte, plutôt qu’à la venue d’un Christ dont on ne sait dire en quelle saison il est né.

De plus, si nos étymologies latines tendent vers la nativité - « natalis », natale en italien, navidad en espagnol ; du côté germanique c’est « Neue Helle » la nouvelle lumière, qui semble s’accorder le mieux à notre Noël français.

Des symboles païens

Parmi les coutumes et symboles celtiques qui perdurent, le sapin est aujourd’hui l’objet d’un marché très actif à la période de Noël. Ce qui n’est pas sans rappeler le rite celte qui associe un arbre à chaque fête. Symbole de vie à l’image d’Yggdrasil, « arbre-monde » de la cosmogonie nordique, le sapin est ici choisi pour sa résistance à l’hiver en tant que conifère et marque le triomphe de la vie sur l’obscurité en attendant le retour du soleil.

La bûche de noël, est aujourd’hui présentée en un dessert en forme de bûche. Elle rappelle une vieille tradition celte qui consistait à mettre une buche dans le feu la nuit du solstice. Choisie pour sa taille et sa qualité, elle devait bruler pendant toute la veillée.

Une coutume ancestrale

Plus qu’une date et des symboles, l’esprit de Noël c’est le partage. La coutume veut que chaque année le soir de Noël, les familles distribuent des cadeaux à leurs proches. Ce partage peut être vu comme le symbolisme des présents apportés à Jésus par les rois-mages. Cependant, en France, les dates ne coïncident pas. La venue des rois mages - dont il est communément admis qu’elle a eu lieu entre un et deux ans après la naissance du Christ - est célébrée par l’Epiphanie le dimanche suivant le 1er janvier. Contrairement à l’Espagne, où la tradition chrétienne veut que les enfants reçoivent leurs cadeaux le jour de l’Epiphanie, en France, comme le voudrait la tradition antique c’est effectivement dans la période du solstice qu’ils sont distribués. Aussi, l’appellation « étrenne » est dérivée de Strena, déesse de la Rome antique dont le culte est à l’origine de cette coutume.

Plus que le véritable sens de la fête du solstice d’hiver, ce sont des symboles et des rites qui se sont accrochés à la célébration de Noël, puis comme indémodables - à l’image des saisons, ils ont perduré.

Plus d’informations :

« La mythologie celtique », Yann Brékilien

« Les druides », « Les fêtes celtes » , Christian-J. Guyonvarch et Françoise Le Roux

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