Markus Zusak - The Book Thief

La deuxième guerre mondiale expliquée par une fillette de douze ans, et par son principal spectateur, La Mort.

Markus Zusak offre un livre sur la deuxième guerre mondiale – page tragique de l’histoire fréquemment traitée en littérature – tout en arrivant à lui donner un souffle nouveau, une fraîcheur et une légèreté de ton peu commune lorsque le sujet est abordé.

Une voix : celle de La Mort

Le narrateur du roman est La Mort ; le livre est son exposé sur les événements et sur la vie d’une petite fille de douze ans, Liesel Meminger. Le discours de La Mort se veut explicatif, non pas justificatif : plutôt comme une confession. La Mort ne choisit pas elle-même quelles âmes prendre : elle ne fait que son travail. Et son emploi devient de plus en plus occupé, sa charge de travail de plus en plus lourde lorsque les camps de concentration sont mis en place et en fonction. Mais La Mort ne se veut pas un personnage aussi sombre que le lecteur imagine : La Mort a un cœur! Empathique et triste, elle n’est pas cruelle; elle transporte les esprits comme des voyageurs, et les enfants… comme des enfants. « I carried them in my fingers like suitcases. Or I’d throw them over my shoulder. It was only the children I carried in my arms. » (p.359)

L’histoire racontée par La Mort est celle de Liesel Meminger qui, comme beaucoup d’enfants à cette époque, est envoyée dans une famille adoptive, les Hubermann, sur Himmel – rue du paradis. Liesel, qui vient tout juste d’assister à la mort de son frère sur le chemin menant à la maison Hubermann, est une enfant silencieuse, timide et fermée. Rosa et Hans Hubermann, malgré les temps difficiles et le danger surplombant à tout moment leur maison, leur pays, créeront un endroit rempli d’empathie et de musique pour Liesel.

Le premier livre, la première histoire

C’est suite à l’enterrement de son frère que Liesel trouvera son premier livre, The Gravedigger’s Handbook . Hans Hubermann lui enseignera l’alphabet et lui apprendra à lire. Dès que la porte des mots s’ouvre à Liesel, la petite ne regardera jamais derrière elle; son courage, sa fierté et son amour de la vie et de l’espèce humaine seront supportés par la force des histoires qu’elle lit. Le destin de Liesel Meminger sera transformé par les livres, et elle les utilisera ensuite pour changer le destin de ceux qui l’entourent.

The Book Thief n’est pas seulement l’histoire de Liesel et de ses livres, mais aussi celle de l’étranger habitant le sous-sol de la famille Hubermann, Max Vandenburg. Une amitié plus forte que la guerre, plus forte que la mort, se développe chez les Hubermann et c’est entre autres les livres de Liesel, ses lectures, qui panseront les plaies, sécheront les larmes et suspendront le désastre de la guerre pour un moment.

Accordéon et champagne en temps de guerre

Zusak aime jouer avec les mots, et son livre est une compilation d’anecdotes, de blagues et de tours joués dans un climat de guerre. Une histoire terrible aussi où ses personnages arrivent tout de même à rire, à aimer, à donner. L’auteur crée une magie en pleine guerre et certains chapitres sont mémorables : le bonhomme de neige roulé dans le sous-sol de la famille par Hans, Rosa, Max et Liesel, Liesel offrant un nuage à Max, et un chapitre où champagne et accordéon créent un délicieux moment de luxure. Mais l’auteur ne fait pas fi de la tragédie surplombant la vie de ses personnages. Il y présente aussi la cruauté, la violence, le malheur, la maladie et, bien sûr, la mort. The Book Thief est un roman qui fait rire tout comme il fait pleurer. Une histoire de courage,

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