REGIMES à la mode: sont-ils dangereux ?

Oui, selon un rapport de l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire!
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Le syndrome du maillot de bain

Le retour des beaux jours approche et avec lui ce que les professionnels de la nutrition nomment « Le syndrome du maillot de bain », qui se traduit par une demande accrue de régimes amaigrissants soutenue par une kyrielle d’articles ou d’émissions de télévision. Pas un média qui ne propose son « régime » avec des titres plus alléchants les uns que les autres. Des promesses comme « Perdre 5 kilos avant l’été c’est possible ! » ou « Retrouvez votre ligne en 3 semaines ».

Régulièrement au cours de l’année des régimes aux promesses toutes très séduisantes font leur apparition à la une des magazines : Détox, Crétois, Californien, Chrononutrition, Soupe au chou etc...

Et s’il est vrai qu’à la sortie de l’hiver notre balance accuse parfois 1 à 3 kilos supplémentaires, est-ce une raison suffisante pour se mettre au régime? Adopter une stratégie plus douce comme une alimentation mieux équilibrée associée à une activité physique régulière, est, peut-être à la fois plus efficace, durable et bénéfique à la santé.

L’esthétisme est souvent le facteur déclenchant pour « Faire un régime », mais nous savons tous que l’obésité et le surpoids représentent aujourd’hui un réel problème de santé publique. En effet « être trop gros » augmente les risques d’apparition des maladies cardiovasculaires, du diabète de type 2, de problèmes respiratoires, rhumatologiques et métabolique entre autre. Si l’enquête ObEpi-Roche 2009 (disponible sur http://www.roche.fr/portal/roche-fr/cms2_obesite_obepi_roche_2009 ) étudiant la prévalence de l’obésité et du surpoids en France montre une augmentation continue de l’obésité depuis 12 ans, est-il, pour autant, judicieux de pratiquer des régimes amaigrissants à tort et à travers ?

C’est effectivement la question que l’on peut se poser en lisant le rapport de l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) publié en novembre 2010 sur l’évaluation des risques liés aux pratiques d’amaigrissement parmi les plus populaires en France.

Un constat inquiétant

Un an après l’arrêt du régime , plus de 80% des « régimeurs » reprennent le poids perdu, pire, la reprise de poids est plus importante que la perte et elle augmente avec le temps. C’est le fameux « Effet Yoyo ».

Mincir, l'assurance d'une bonne santé ?

L’étude approfondie des caractéristiques des 15 régimes parmi les plus populaires démontre que les apports en macronutriments différent de l’un à l’autre avec des déficits ou des excès en protéines, lipides ou glucides selon les méthodes entrainant des déséquilibres nutritionnels pouvant être délétères à notre santé.

Lorsque l’on souhaite perdre du poids, on cherche avant tout à faire fondre notre graisse, or en suivant ces régimes, l’amaigrissement est surtout obtenu par une fonte des muscles constituant notre masse maigre. C’est donc l’inverse de l’effet recherché. La graisse constituant notre masse grasse est difficilement mobilisable car elle est conçue pour servir de réserve énergétique en cas d’absolue nécessité. En cas de restriction, elle n’est pas utilisée en priorité et dans le cadre d’un régime notre organisme ira chercher son énergie d’abord dans nos muscles. Seule la pratique d’une activité physique régulière associée à une méthode de perte de poids peut éviter ce phénomène et permettre le maintien d’un poids stable à l’arrêt du régime.

En mincissant, certes nous cherchons à améliorer notre image et à coller aux valeurs d’esthétisme de notre société mais aussi à améliorer notre santé.

Le rapport de l’ANSES souligne que la pratique d’un régime inadapté peut :

  • Entrainer une déminéralisation osseuse avec une perte de 1 à 2% de la densité osseuse pour une perte de poids de 10%. En clair, nos os deviennent moins solides, augmentant par exemple les risques d’apparition d’une ostéoporose.
  • Provoquer l’apparition de calculs biliaires quand l’apport calorique est très faible ou des troubles digestifs comme des constipations dans les régimes hypoglucidiques.
  • Induire des troubles du rythme cardiaque avec risque de mort subite.
  • Favoriser l’apparition de troubles psychologiques comme la dépression et la perte de l’estime de soi, surtout après des échecs à répétition ainsi que des troubles du comportement alimentaire.

Maigrir, oui, mais pas n'importe commen !

Les recommandations de l’ANSES sont très claires : « La recherche de perte de poids sans indication médicale formelle comporte des risques, en particulier lorsqu’il est fait appel à des pratiques alimentaires déséquilibrées et peu diversifiée ».

En pratique, vouloir perdre 3 à 5 kg, pour répondre aux exigences de la mode alors que votre Indice de Masse Corporelle(IMC) est dans la norme peut conduire à la mise en place d’un surpoids voire d’une obésité et exposer à de graves problèmes de santé. Il est alors certainement plus judicieux d’envisager la pratique d’une activité physique permettant de remodeler la silhouette pour porter son Slim taille basse sans un petit bourrelet à la ceinture.

En cas de surpoids ou d’obésité avérés, un diagnostic complet pratiqué par un médecin nutritionniste ou une diététicienne nutritionnistes est indispensable pour poser l’indication d’une perte de poids ou non. Ces professionnels sauront déterminer avec précision l’histoire de la prise de poids et ses causes et sauront mettre en place les mesures pour une prise en charge diététique, psychologique et pratique assurant une perte prudente et adaptée du poids.

En pratique

Que vous souhaitiez juste améliorer le reflet que vous renvoie votre miroir ou que vous ayez réellement des kilos à perdre,ne vous mettez jamais seul "au régime" , prenez contact avec un professionnel de l’alimentation et de la nutrition. Au premier contact, vous serez certainement déçu par son discours car il ne vous promettra pas monts et merveilles. Contrairement aux slogans accrocheurs des régimes à la mode assurant une perte de poids facile et rapide, il vous dira que maigrir peut être difficile, douloureux et long mais que l’efficacité et la durabilité sont au bout de ce chemin.

Source: ANSES, Centre de Recherche et d'Information nutritionnelles (CERIN)

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