Summer Wars : le second long-métrage d'animation de Mamoru Hosoda

Mamoru Hosoda né en 1967 a réalisé en 2009 Summer Wars produit par le studio Madhouse . Un divertissement sorti en dvd chez l'éditeur Kaze animation.

Comédie familiale par excellence Summer Wars, se présente comme une comédie romantique et fraîche centrée autour des nouvelles technologies et du questionnement sur la cellule familiale au XXI e siècle. Comme dans l'essentiel des série animées japonaise, le héros est plutôt gauche, introverti et amoureux d'une fille en secret ( sportive, jolie et bien dans sa peau). Summer Wars ne faillit pas à la tradition du genre et de cette confrontation de deux mondes, entraînera entraide et progression vers une vie d'adulte.

Rien ne pousse à croire que Kenji lycéen timide deviendra un héros capable de sauver la veuve et l'orphelin. Car c'est pas gagné au départ. Celui-ci ne pense qu'à l'informatique et au concours national de mathématique dont il vient de manquer la sélection. Comme job d'été il s'occupe de la maintenance du site communautaire OZ . il entretient des relations distantes avec ses proches, sa famille, ses amis.

Oz c'est quoi au juste, un facebook ultra perfectionné qui centralise en ligne aussi bien la vie économique, qu' affective . Chaque utilisateur y est relié soit par le biais du téléphone portable, ou via un ordinateur connecté en réseau. Oz figure un monde interdépendant où chacun se distingue par un avatar kawaî ou grotesque.

Or un jour notre héros se voit inviter par Natsuki une gamine énergique et dont il est follement épris, à assister à une cérémonie familiale dans dans un vieux manoir sorti tout droit d'un film de Kuruzawa. La bas la nature est encore hostile et mystérieuse. Cette dernière présentant Kenji comme un étudiant descendant d'une lignée de samouraï revenu des USA.

Summer Wars : Hommage aux films de genres

Cet aspect du film rend ouvertement hommage à Ozu un réalisateur japonais qui aimait filmer la vie quotidienne et démontre une véritable références aux réalisateurs japonais d'avant guerre Ozu et Kuruzawa.Ce Japon ancestral confronté à celui plus actuel largement influencé par George Lucas et la saga Star Wars.

Mamoru Hosoda déjà auteur du film la Traversée du temps, sorti en 2006, aborde avec justesse, la problématique des mondes virtuels et les réseaux sociaux. Un mega facebook, où tout se déciderait sur la toile. ( régulation des trafics, échanges commerciaux, vie administrative et même la vie relationnelle grâce à l'inscription d'un compte sur un site virtuel).

Ce monde virtuel Oz est aussi une allusion à un roman de Franck L. Baum qui inspira en 1939 le film de Victor Fleming avec l'actrice Judy Garland et figure comme un mythe fondateur de la cuture américaine. Le film souligne l'impact de la culture américaine sur le Japon d'aujourd'hui. Et peut être considéré comme un hommage au réalisateur cité plus haut Ozu. Le film jouant sur la dualité des civilisations et les conséquences sur la famille japonaise d'aujourd'hui.

Summer Wars : un auteur nommé Hosoda

Adepte d'un style contemplatif, la patte de Mamoru Hosoda se reconnaît aisément, comme dans la traversée du temps, il privilégie les cadrage audacieux, travelling, il transcende la limite entre film live et animation pure. Les personnages sont en perpétuels évolution et graphiquement sont très bien conçus. Qualité graphique que l'on retrouve jusque dans le soin portées aux séquences d'intérieur.Le manoir Jinnouchi bénéficie d'une attention particulière, imitant parfois le style des peintures occidentales. Epoustouflant.

Le film sorti dans 13 salles resta 40 semaines au top du box office japonais. Phénomène de société, il incita de nombreux urbains à revenir rendre visite à leur aïeux . Mamoru Hosoda se distingue par une carrière d'animateur à la Toei animation. Longtemps approché par les studio Ghibli, il fut considéré comme un potentiel successeur de Miyazaki, un différend artistique l'opposa au maître, depuis il vole de ses propres ailes imposant son propre style. Plus qu'un cinéaste il se considère comme un auteur, dans la lignée d'un Kon Satoshi qui vient de nous quitter en août dernier.

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